Exceptionnellement, l'EPJT a décidé de faire un premier rattrapage de l'actualité trois jours après les attentats de Paris. Une synthèse écrite par les étudiants d'Année spéciale en journalisme.

Plusieurs attentats ont frappé Paris et Saint-Denis, vendredi 13 novembre. Ils ont fait au moins 129 victimes et 349 blessés, dont plusieurs dizaines avec un pronostic vital engagé. En l'espace de trois heures, sept lieux ont été les cibles des terroristes. Ces attentats les plus meurtriers depuis 1945 dans l'hexagone ont débuté à 21h20 aux abords du Stade de France, en marge du match France-Allemagne. Trois kamikazes ont déclenché leurs ceintures explosives, tuant une personne. Des fusillades ont quasi-simultanément eu lieu dans les 10e et 11e arrondissements, rue Charonne, rue Bichat, boulevard Voltaire et rue de la Fontaine. L’attaque la plus longue et la plus meurtrière a eu lieu à la salle de concert du Bataclan. Une prise d’otages y a entrainé la mort d'au moins 89 personnes. Sept terroristes se sont faits exploser dans les différents lieux de carnage. Dès minuit, François Hollande accusait l’organisation Daesh. Ce n’est que le lendemain matin que l’organisation islamiste a revendiqué ces actes. La France a bombardé Raqqa, fief de l’Etat Islamique en Syrie, dans la nuit de dimanche à lundi. 


Attentats à Paris : le témoignage des héros du 13 novembre

Alors que des tirs retentissaient encore dans la capitale, des manifestations de solidarité se sont mises en place. Passants, riverains et restaurateurs, témoins de ces fusillades, ont apporté leur aide en mettant à l’abri les nombreuses victimes au sein de leur établissement ou foyer.  Une entraide d’accueil qui s’est développée sur Twitter via le hashtag #Portesouvertes. Le hashtag #recherchesparis a également été mis en place afin de retrouver les nombreuses personnes disparues. Certains chauffeurs de taxi ont effectué des navettes entre les différents lieux d’attentats et les cinq hôpitaux mobilisés. Ils ont également offert leur service aux personnes désirant rentrer chez elles suite à la fermeture des transports en commun. Au lendemain de ce drame, de nombreux citoyens, se sentant impuissants, sont allés donner leur sang dans les 19 établissements ouverts dans la région parisienne. Tout le week-end, des rassemblements et gestes solidaires ont eu lieu en France. Cet élan de solidarité  a dépassé les frontières. De Vancouver à Tokyo, en passant par Berlin, les plus grandes villes du monde se sont illuminées au couleur du drapeau français. 

Vendredi 13 novembre à Paris à 23h53, avant même la fin des opérations policières, la première déclaration officielle est venue de l’Elysée. François Hollande a décrété l’état d’urgence sur l’ensemble du territoire et un deuil national de trois jours. Au 20h de TF1 le lendemain, le Premier ministre Manuel Valls a réaffirmé sa détermination. « Nous gagnerons cette guerre », a-t-il martelé. Le président de la République a reçu tous les partis politiques et les présidents des deux Assemblées, dimanche 15 novembre, à l’Elysée. Du côté des Républicains, le terme de « guerre » est aussi bien revenu chez Nicolas Sarkozy que chez François Fillon. Dimanche 15, le président du parti a proposé au 20h de TF1 « la résidence surveillée avec un bracelet électronique » pour les personnes sous le coup d’une fiche S. Alain Juppé a appelé à « écraser Daech » quand Laurent Wauquiez a demandé des centres d’internement pour les islamistes fichés. Marine Le Pen après avoir été reçue à l'Élysée, n'a pas hésité à mêler ces tragiques événements à la crise migratoire, craignant « une infiltration terroriste ». Le Front de Gauche et les Verts ont eux invité au calme et au recueillement. Les principaux partis ont suspendu leur campagne des régionales.


Sarkozy, Juppé, Marine Le Pen, des dissensions sur l'unité nationale apparaissent chez les politiques

Dans les heures qui ont suivis les attaques dans Paris, les principaux dirigeants étrangers ont affiché leur soutien avec fermeté. Barack Obama a été l’un des premiers à réagir. Il a exprimé son soutien à la France en rappelant les valeurs de la République en français. Tout comme le Premier ministre britannique David Cameron qui a déclaré : "Nous sommes solidaires avec vous, nous sommes tous ensemble". Il a ensuite convoqué une réunion de crise pour renforcer la sécurité de son pays. De son côté, Mariano Rajoy, Premier ministre espagnol, a exprimé sa solidarité avec la France en rappelant que son pays a déjà été touché par des attaques similaires. Le président russe Vladimir Poutine a condamné les attentats qu’il a qualifiés "d’odieux" et "d'inhumains". Le président iranien Hassan Rohani a dénoncé des "crimes contre l’humanité". Le président syrien Bachar el-Assad a réagi différemment du consensus mondial. Il a mis en cause les politiques occidentales qui selon lui ont "contribué à l’expansion du terrorisme".

Dimanche 15 novembre, dans l’après-midi, la justice belge a délivré un mandat d’arrêt international concernant Salah Abdeslam, un Français de 26 ans né à Bruxelles. Ce dernier aurait loué une Polo noire immatriculée en Belgique, qui aurait servi à transporter les terroristes auteurs de l’attaque du Bataclan. Le petit frère de Sallah, Mohammed, a été arrêté samedi après-midi par la police belge afin d’être auditionné. Parmi les djihadistes identifiés, quelques noms ont été publiés :
– Le corps d’un des frères Abdeslam, Ibrahim, a été identifié près du Comptoir Voltaire. Vendredi 13 novembre à 21h40, il avait déclenché là sa ceinture d’explosifs.
– Samy Amimour, Français de 28 ans, faisait partie des trois assaillants du Bataclan. Trois membres de sa famille ont été placés en garde à vue.
– Omar Ismaïl Mostefaï, Français de 29 ans, a aussi été identifié grâce à son doigt. Il s’est fait exploser au sein du Bataclan. Son père et son frère ont été placés en garde à vue suite à une perquisition à leur domicile, à Romilly-sur-Seine, dans l'Aube. Selon plusieurs sources, Abdelhamid Abaaoud, chef de la cellule terroriste belge, serait le cerveau de l’opération.


Le parcours des assaillants de Paris

Les médias nationaux et internationaux ont traité les attentats parisiens du 13 novembre avec les contraintes propres à leur support. Sur internet et les smartphones, les alertes infos sont arrivées dès les premiers échanges de balles. Les chaînes d’infos ont embrayé avec des éditions spéciales et les bandeaux “fusillade à Paris” ont défilé sur les écrans, rapidement étayés par les informations transmises en temps réel par leurs correspondants sur place. Sur Twitter, le hashtag "paris attacks" a atteint rapidement la première place des tendances sur le réseau social. La presse française a aussi réagi en deux temps. Samedi 14, les unes bouclées dans l’urgence ont mis en avant la violence des attentats avec des mots comme "Carnage", "Guerre" ou "Horreur". Les photos des terrasses saccagées par les balles les illustraient. Le temps du recueillement est venu dans les Unes du dimanche : "Deuil", "Chagrin", "Larmes" avec en photo des bougies, des fleurs et des prières. Samedi 14 novembre, la presse internationale a dénoncé un "acte de guerre, un épouvantable massacre". Certain ont même parlé de nouveau d’un "11 septembre à la française". Les quotidiens allemands se sont indignés de la violence envers leur mode de vie. Au Moyen-Orient, les médias ont annoncé des jours sombres pour la communauté musulmane mondiale.

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