La guerre en Libye est officiellement terminée. En fuite depuis la mi-août, l’ancien dirigeant du pays, Mouammar Kadhafi, est mort jeudi 20 octobre dans des circonstances floues. Le convoi avec lequel il quittait son dernier bastion, Syrte, a été touché par un raid de l’Otan. L’Alliance atlantique a ensuite affirmé qu’elle ignorait que l’ex-« Guide » s’y trouvait. Ce dernier a d’abord été capturé, blessé mais vivant, comme l’atteste deux vidéos postées sur Internet. Il apparaît malmené par les hommes qui l’entourent (Voir les vidéos, attention certaines images peuvent choquer)

Mais la mort de Mouammar Kadhafi, âgé de 69 ans, est annoncée quelques heures plus tard, et des images de son corps circulent sur la Toile. (Voir la vidéo, attention certaines images peuvent choquer)


Al-Jazeera diffuse les images présumées du corps… par Le-Truand-

Le malaise s’installe immédiatement : le dictateur déchu est-il réellement décédé des suites de ses blessures, après avoir reçu une balle dans la tête, comme l’affirment le Conseil national de la transition (CNT) ? A-t-il été lynché par les combattants surexcités qui l’entouraient au moment de sa capture ? Le Haut commissariat aux droits de l’homme de l’ONU a demandé dès vendredi une enquête sur les circonstances exactes de sa mort. Plusieurs voix se sont élevées pour regretter que Mouammar Kadhafi n’aura pas pu être jugé pour ses crimes, tandis que d’autres ont mis en avant la fin définitive de la dictature.

Car parallèlement à la mort de Mouammar Kadhafi, ses deux derniers bastions sont tombés cette semaine. D’abord la ville de Bani Walid, annoncée comme « totalement libéré » par le CNT lundi. Puis la ville de Syrte, où se trouvait donc le dictateur déchu, qui est tombée jeudi 20 octobre après plusieurs semaines d’intenses combats de rue. Des scènes de liesse ont été observées dans le pays, notamment à Tripoli, la capitale. Après 42 ans de dictature, de nombreux défis attendent désormais le nouveau régime libyen, à commencer par la conciliation des (très) différentes composantes de la rébellion.

La mort de Mouammar Kadhafi a redonné de la vigueur au mouvement de contestation en Syrie. Mais la répression est, malheureusement, elle aussi toujours aussi vive. La journée de lundi 17 octobre a été particulièrement meurtrière. Au moins 44 personnes ont été tuées, dont 27 dans une opération d’envergure du régime de Bachar al-Assad à Homs, au centre du pays. Au moins 11 soldats de l’armée sont morts dans un attentat commis « par des déserteurs », a affirmé l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Vendredi, au moins 14 nouveaux manifestants ont été tués. Le secrétaire générale de l’ONU, Ban Ki-Moon, a demandé au régime syrien de « cesser les tueries ».

Au Yémen, de nouvelles morts ont également été à déplorer cette semaine. Les combats entre les forces du président Ali Abdallah Saleh et les militaires et tribus qui contestent le régime ont fait au moins huit morts à Sanaa, la capitale, dans la nuit du dimanche 16 au lundi 17 octobre. Mardi, les forces pro-Saleh de nouveau ouvert le feu sur des manifestants, tuant au moins sept d’entre eux.

De l’autre côté du Golfe persique, en Somalie, l’otage française enlevée au Kenya et détenue depuis le 1er octobre est morte, a annoncé le gouvernement français mercredi 19 octobre. Tétraplégique, Marie Dedieu, ancienne actrice et féministe militante âgée de 66 ans, souffrait d’un cancer et d’insuffisance cardiaque et son état de santé état l’objet de vives inquiétudes. Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a dénoncé un « acte de barbarie ». Le ministre de la Défense, Gérard Longuet, a affiché jeudi son « mépris » envers les ravisseurs, qui chercheraient désormais à revendre la dépouille de Marie Dedieu.

Ce décès intervient alors que le Kenya a lancé la semaine dernière une offensive en Somalie. Elle vise à combattre les islamistes shebabs, coupables selon les autorités kenyanes de nombreux enlèvements sur leur sol. La France a apporté jeudi 20 octobre son soutien à l’offensive du Kenya.

La Turquie a elle aussi lancé une vaste offensive contre des rebelles. Des combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont tué au moins 26 soldats turcs dans huit attaques simultanées, mardi 18 octobre dans le sud-est du pays, à sa frontière avec l’Irak. Les combats ont duré plusieurs heures et l’armée turque a aussitôt lancé une opération d’envergure, pourchassant les rebelles kurdes jusque dans le nord de l’Irak et en tuant au moins 15 d’entre eux. Cette attaque est la deuxième plus meurtrière commise par le PKK, qui exige la sécession de la partie kurde de la Turquie depuis vingt-sept ans.

L’Espagne ne devrait -normalement- plus connaître ce type d’attaques. L’organisation séparatiste basque ETA a annoncé jeudi 20 octobre dans un communiqué « l’arrêt définitif » de sa lutte armée contre l’Etat espagnol. Après 43 ans d’un combat qui aura causé la mort de plus de 800 personnes, l’organisation va désormais revendiquer son droit à l’autodétermination uniquement sur le plan politique. L’Espagne a reçu cette annonce dans un mélange de soulagement et de perplexité.

Ce mélange est peut-être dû à la crise que traverse l’Espagne à cause de sa dette très élevée. L’agence de notation Moody’s a une nouvelle fois dégradé la note de l’Etat espagnol, de deux crans (Aa2 à A1, lire l’étude de Moody’s, en anglais). Moody’s a justifié cette décision par la vulnérabilité de l’Espagne « aux tensions sur les marchés ». Madrid s’est dit « surpris » de cette dégradation.

C’est notamment contre le pouvoir des agences de notation, et plus globalement contre le système financier que des dizaines de milliers d’« Indignés » ont manifesté dans le monde entier, samedi 15 octobre, répondant à un appel planétaire. Au moins 951 villes, dans 82 pays, accueillaient des rassemblements. A Madrid, la place de la Puerta del Sol, d’où est parti le mouvement des « Indignés », a de nouveau été occupée par plusieurs dizaines de milliers de personnes. Ils étaient peut-être aussi nombreux à défiler dans les rues de Rome, où quelques violences ont éclaté en marge de la manifestation. Ils n’étaient en revanche qu’à peine un millier à Paris (voir le diaporama de Rue89).

Les manifestations sont devenues quotidiennes en Grèce, où la population proteste contre les plans d’austérité à répétition. Un nouveau plan a été adopté par le Parlement jeudi 20 octobre. Mais la semaine a surtout été marquée par les grèves générales et les manifestations qui ont secoué le pays. De violents affrontementsentre manifestants et casseurs ont émaillés certains cortèges, notamment à Athènes où un syndicaliste est mort.

La France ne vit heureusement pas la même situation que la Grèce… Pour l’instant ? L’agence de notation Moody’s a annoncé lundi 17 octobre mettre la France sous surveillance pendant trois mois avant un possible abaissement de sa note, la plus élevée possible depuis 1979 (AAA, lire l’étude de Moody’s, en anglais). C’est un véritable avertissement pour le pays, qui paye là sa forte dette (86% du produit intérieur brut, PIB) et un budget 2012 encore trop déficitaire, selon l’agence. Si cette dernière venait à abaisser la note française, l’Etat pourrait devoir emprunter sur les marchés à des taux plus élevés-et ainsi creuser sa dette.

Afin de réaliser des économies supplémentaires, l’Assemblée nationale a adopté mercredi 19 octobre une taxe exceptionnelle sur les hauts revenus. Entre 25 000 et 27 000 foyers, aux revenus supérieurs à 250 000 euros (pour les célibataires) ou 500 000 euros (pour les couples), sont concernés par cette mesure, qui devrait rapporter 420 millions d’euros. L’Assemblée a également adopté une taxe sur les sodas (d’environ 2 centimes par canette), qui devrait rapporter 280 millions d’euros. D’autres mesures d’économies, dans de multiples domaines, ont elles aussi été adoptées vendredi. Ce n’est peut-être pas fini : le ministère des Finances plancherait déjàsur un nouveau plan d’austérité.

Ce contexte pourrait donner un élan populaire en faveur de l’opposition lors des prochaines échéances électorales. Après la primaire du Parti socialiste, c’est donc François Hollande qui sera le candidat du PS à l’élection présidentielle de 2012. Le député de Corrèze a été largement élu au second tour du scrutin, dimanche 16 octobre, remportant 56,57% des voix contre 43,43% pour son adversaire Martine Aubry (voir les résultats complets). La participation a été légèrement supérieure à celle du premier tour, avec 2,8 million de votants. Autre bonne nouvelle pour le PS : 1 euro étant demandé lors du vote, le parti est rentré dans ses frais et devrait même recevoir plus d’un million d’euros pour la campagne présidentielle.

Dès dimanche soir, lorsqu’elle a reconnu sa défaite, Martine Aubry a annoncé qu’elle reprenait son poste de première secrétaire, provisoirement laissé à Harlem Désir le temps de la campagne pour la primaire. Dans les jours suivants, les équipes de François Hollande et de Martine Aubry ont trouvé un accord sur l’articulation entre l’entourage du candidat et la direction du Parti socialiste. L’organigramme de la campagne devrait être finalisé dans les quinze jours à venir.

Une fois le candidat socialiste connu, l’UMP a commencé sa riposte contre François Hollande : « candidat mou », « mal élu » ou encore « prisonnier du programme PS ». La majorité présidentielle s’est également agacée du traitement médiatique de la primaire PS.

Sur ce dernier point, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a donné raison à l’UMP : il a convoqué lundi 17 octobre trois chaînes de télévision (BFM TV, LCI et I-Télé) pour un rappel à l’ordre de la loi, à cause d’un temps de parole largement en faveur de l’opposition. Celle-ci, qui dispose normalement d’au moins 50% du temps de parole du président de la République et de la majorité, a vu son temps d’interventions télévisées atteindre les 150% de celui accordé à la majorité pendant la primaire socialiste. Il a également privé les autres formations de l’opposition (Front de Gauche, Europe Ecologie-Les Verts, etc.) de temps de parole pendant la campagne.

Dominique Strauss-Kahn a dû abandonner ses ambitions présidentielles pour faire face aux accusations de viol à New York et de tentative de viol à Paris. Dans cette dernière affaire, classée « sans suite » la semaine dernière en raison de la prescription des faits, son accusatrice, l’écrivaine Tristane Banon, a décidé de ne pas se constituer partie civile et d’arrêter les poursuites.

Mais Dominique Strauss-Kahn voit déjà arriver une troisième affaire. Le magazine Closer a affirmé vendredi 14 octobre que l’ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI) serait mêlé à une vaste affaire de proxénétisme autour de l’hôtel Carlton de Lille, qui touche depuis une semaine plusieurs personnalités nordistes. Le propriétaire, le manager et le chargé des relations publiques de l’hôtel ont été mis en examen pour « proxénétisme aggravé en bande organisée », « association de malfaiteurs » et « blanchiment ». Ils sont suspectés d’avoir proposé les services de prostituées au sein de leur hôtel. C’est ensuite un avocat lillois, un chef d’entreprise et plusieurs policiers qui ont été mis en cause, dont le commissaire divisionnaire de Lille, Jean-Christophe Lagarde, placé en gardé à vue jeudi 20 octobre avant une possible mise en examen.

Dimanche 16 octobre, le Journal du dimanche affirme que le réseau de proxénétisme lillois aurait organisé des rendez-vous aux Etats-Unis avec Dominique Strauss-Kahn. Deux jours plus tard, c’est Le Figaro qui révèle que des témoins citeraient « DSK » dans la procédure. Face à ces accusations, l’ancien directeur général du FMI a demandé à être entendu rapidement comme témoin pour qu’il «  »soit mis un terme aux insinuations et extrapolations hasardeuses et encore une fois malveillantes ».

Le chef de la Direction central renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, a été mis en examen lundi 17 octobre par la juge Sylvia Zimmermann. Il est accusé d' »atteinte au secret des correspondances par personne dépositaire de l’autorité publique », « collecte de données à caractère personnel par un moyen frauduleux déloyal ou illicite », et de « recel de violation du secret professionnel » dans l’affaire d’espionnage d’un journaliste du Monde, Gérard Davet, après les révélations de ce dernier sur l’affaire Bettencourt. Il aurait ordonné de se procurer les factures téléphoniques détailles (« fadettes ») du journaliste, allant à l’encontre de la loi sur le secret des sources.

Bernard Squarcini, proche de Nicolas Sarkozy, a invoqué un « problème de sécurité de l’État et des institutions » pour justifier ces « vérifications techniques ». L’interprétation de la loi sur les écoutes est au coeur du dossier. Le chef du renseignement intérieur a exclu de démissionner malgré les demandes pressantes de l’opposition. De son côté, le gouvernement a expliqué attendre la fin des poursuites judiciaires avant de prendre une décision. Le directeur général de la police national (DGPN), Frédéric Péchenard, lui aussi proche de l’Elysée, doit être entendu prochainement dans le cadre de la même affaire.

Pendant ce temps-là, la saga familiale des Bettencourt continue. Nouvel épisode lundi : la juge Stéphanie Kass-Danno a placé la milliardaire Liliane Bettencourt, héritière du groupe L’Oréal, sous la tutelle de son petit-fils aîné, Jean-Victor Meyers (lire l’explicateur du Nouvel Observateur). Ses biens et son patrimoine, eux, ont été placés sous la tutelle de sa fille, Françoise Bettencourt-Meyers, avec qui elle est en conflit depuis plusieurs années. Selon un rapport d’expertise médicale révélé lundi par Le Monde, Liliane Bettencourt souffrirait d’une « démence mixte », d’une « maladie d’Alzheimer à un stade modérément sévère » (sic) et, à l’instar de Jacques Chirac, d' »anosognosie ».

La veille de cette décision, Liliane Bettencourt avait menacé de partir « à l’étranger » en cas de placement de tutelle. Les avocats de la milliardaire ont aussitôt fait appel du jugement. L’un d’eux, Me Pascal Wilhem, est accusé par la justice de « conflit d’intérêts ». Il aurait lui-même réalisé un investissement de 143 millions d’euros en qualité de « protecteur » de Liliane Bettencourt (pour une rémunération mensuelle de 200 000 euros), dans une société qui est un de ses clients. Lors de son audition en juin 2011, Me Wilhem a nié toute irrégularité.

Pas d’irrégularité, mais presque un miracle pour le XV de France, qui s’est qualifié, samedi 15 octobre, pour la finale de la Coupe du monde de rugby en battant péniblement le Pays de Galles (9-8, voir le résumé en vidéo), avec de surcroît une polémique sur l’expulsion du capitaine gallois. Les Bleus joueront leur troisième finale mondiale, sur un remake de celle (perdue) de 1987 en… Nouvelle-Zélande. Leur tâche sera très compliquée face aux impressionnants Alls Blacks néo-zélandais, qui ont battu l’Australie dimanche (20-6, voir le résumé en vidéo). Les Australiens ont terminé troisièmes de la compétitionaprès leur victoire, vendredi, contre le Pays de Galles (21-18).  

 


EN BREF   En France…

  • Un homme de 45 ans a pris en otages, pendant plusieurs heures, la directrice et son adjoint d’une agence de Pôle Emploi, lundi 17 octobre à Paris. Cet informaticien au chômage a aussitôt… contacté Rue89, avec qui il est constamment resté en ligne et qui a pu enregistrer les conversations, afin d’exprimer ses revendications : faire connaître sa « galère », le fait que « les CDI sont introuvables », « les CDD de plus en plus rares, de moins en moins qualifiés et rémunérés » et que l’âge devient « un handicap certain dans [sa] recherche d’emploi ». Après médiatisation de son geste, il s’est finalement rendu et son arme s’est avérée factice. L’épisode a entraîné un débat -non résolu- sur le rôle qu’a joué Rue89, et plus généralement sur celui des médias dans ce genre de cas.

 


Dans le monde…

  • Les troupes françaises ont commencé à se retirer d’Afghanistan, mercredi 19 octobre. Un premier groupe de 200 soldats ont quitté le pays ; le retrait devrait être total d’ici à 2014. Les secteurs tenus par la France seront progressivement « transférés à l’armée afghane », a annoncé le ministre de la Défense, Gérard Longuet.

  • Une vidéo postée sur Youtube a ému la Chine et le monde entier. On y voit une fillette chinoise de 2 ans se faire renverser par un camion -qui prend la fuite- puis une dizaine de passants poursuivre leur chemin, indifférents. Yue Yue est finalement décédée, vendredi 21 octobre, à l’hôpital de Canton, où elle avait été admise. Cette indifférence affichée a agit comme un électrochoc en Chine, où toute la société s’interroge sur ses (multiples) causes. (Voir la vidéo, attention, certaines images peuvent choquer)

  • La justice italienne a annoncé mardi 18 octobre cesser les poursuites contre le président du Conseil, Silvio Berlusconi, soupçonné de « fraude fiscale » et d' »abus de confiance » dans le dossier de Mediatrade, une filiale de son empire médiatique Mediaset. La juge a estimé que les preuves contre le « Cavaliere » étaient insuffisante, au contraire des onze autres inculpés. Silvio Berlusconi est toutefois encore sous le coup de deux autres affaires de corruption et de fraude fiscale, ainsi que d’une affaire de moeurs.

 


Dans les sports…

  • L’organisation du Tour de France a présenté mardi 18 octobre le parcours de la Grande Boucle 2012. Un parcours qui était déjà globalement connu puisqu’il avait été publié… par erreur, la semaine dernière pendant plusieurs heures, sur le site du Tour. Le cru 2012 devrait convenir à tous les coureurs, qu’il s’agisse des grimpeurs (25 cols) ou des rouleurs (neuf étapes de plaine et 96 kilomètres de contre-la-montre).

  • Déjà sacré champion du monde de Formule 1 avant la fin du championnat, le pilote Sebastian Vettel a remporté le Grand Prix de Corée du Sud dimanche 16 octobre. Avec cette victoire, l’Allemand permet à son écurie, Red Bull, de remporter le championnat du monde des constructeurs. Le motoriste français de l’écurie, Renault, gagne quant à lui son dixième titre mondial.

 

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