L’atmosphère commence à devenir franchement pesante autour de Nicolas Sarkozy. Déjà plongé malgré lui dans la tourmente des affaires, la semaine dernière, avec le déballage de Robert Bourgi sur la Françafrique et la mise en examen de Ziad Takieddine, le président de la République l’a été un peu plus cette semaine avec deux mises en examen gênantes dans l’enquête sur l’attentat de Karachi. D’abord celle de Thierry Gaubert, ancien conseiller du chef de l’Etat, mercredi 21 septembre, pour « recel d’abus de biens sociaux ». Puis, le lendemain, celle de Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet d’Edouard Balladur et témoin du mariage entre Nicolas Sarkozy et Carla Bruni, pour « complicité d’abus de biens sociaux ». Leurs deux ex-femmes auraient témoigné contre eux devant le juge d’instruction Renaud Van Ruymbeke.

Les deux hommes sont soupçonnés d’avoir participé à un financement occulte de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur, en 1995, en profitant de contrats d’armement avec le Pakistan et l’Arabie Saoudite. Le non-versement de commissions pourraient être à l’origine de l’attentat de Karachi, le 8 mai 2002 (14 morts, dont 11 Français).

En relief de ces deux mises en examen, on trouve Nicolas Sarkozy, ministre du Budget entre 1993 et 1995 et porte-parole du candidat Balladur en 1995. Dans un communiqué publié jeudi, l’Elysée a dénoncé « calomnie et manipulation politicienne » dans les liens faits entre ces mises en examen et le chef de l’Etat. Un communiqué censé dédouaner Nicolas Sarkozy mais pas totalement exact

Pour ne rien arranger, Brice Hortefeux (un autre proche du chef du président de la République) a lui aussi été mêlé à l’affaire, quand Le Monde a révélé qu’il a averti Thierry Gaubert du témoignage de son ex-femme contre lui, ce qui pourrait montrer que l’ancien ministre de l’Intérieur a eu connaissance du dossier d’instruction. Brice Hortefeux a démenti ces accusations, affirmant que ces informations avaient été publiées dans la presse ; en partie vrai, mais l’identité du témoin n’avait jamais été précisée…

Un autre président de la République est, lui, en plein dans la tourmente judiciaire… mais bénéficie d’un traitement plutôt favorable. Déjà autorisé à ne pas être présent lors des audiences de son procès des emplois fictifs de la mairie de Paris, Jacques Chirac voit même le parquet, représentant le ministère de la Justice, prendre sa défense. Les procureurs de la République Michel Maes et Chantal de Leiris ont requis la relaxe de l’ancien président de la République et des neuf autre prévenus, mardi 20 septembre devant le tribunal de Paris. Les deux procureurs ont récité une véritable plaidoirie de la défense, provoquant la gêne même des avocats des prévenus. Face aux accusations de réquisitoire « téléguidé » par le pouvoir, Jean-Claude Marin, procureur général auprès de la Cour de cassation, a affirmé que les procureurs ont usé de leur « liberté de parole ».

Lui a été stoppé net dans sa course à la présidentialisation. Pour la première fois depuis l’abandon des poursuites pénales pour viol aux Etats-Unis, Dominique Strauss-Kahn s’est exprimé pendant une vingtaine de minutes, dimanche 18 septembre sur TF1, devant plus de 13 millions de téléspectateurs. L’ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI) a reconnu « une faute morale » mais a nié un quelconque « acte de brutalité », affirmant que l’histoire racontée par Nafissatou Diallo « est un mensonge » en s’appuyant sur le rapport du procureur Cyrus Vance Jr (lire le décryptage du Monde.fr). Il a également qualifié « d’imaginaire » et de « calomnieuse » l’accusation d’agression sexuelle de Tristane Banon. (Voir la vidéo)

S’il a reconnu qu’il voulait être candidat à la présidentielle en 2012, « DSK » a écarté toute immixtion dans la primaire socialisté. Il a en revanche exprimé son souhait « d’être utile » à l’avenir.

« DSK » a eu un mot pour le système judiciaire américain, qu’il trouve trop dur. L’actualité lui a donné raison cette semaine. Le prisonnier américain Troy Davis a été exécuté, mercredi 21 septembre dans le pénitencier de Jackson, dans l’Etat de Géorgie. Agé de 42 ans, cet Afro-américain avait été condamné à mort en 1991 pour le meurtre d’un policier blanc mais son exécution avait été repoussé à trois reprises en raison de doutes à répétition sur sa culpabilité (rétractation de sept témoins sur neuf, arme du crime jamais retrouvée, absence d’empreintes digitales ou génétiques…). Dans les jours précédant son exécution, Troy Davis, qui a clamé son innocence jusqu’au bout, avait bénéficié du soutien de nombreux manifestants et de personnalités, comme le pape Benoît XVI ou l’ancien président Jimmy Carter. Sa mort a relancé le débat sur la peine de mort aux Etats-Unis, toujours en vigueur malgré une diminution significative d’exécutions ces dernières années.

En Libye, les forces du Conseil national de transition (CNT) ont progressé dans le sud du pays, en prenant le contrôle de Waddam et Sebha, deux villes dans le désert. Les deux principaux bastions, Syrte et Bani Walid, résistent encore malgré de violents combats. L’ancien dirigeant du pays, Mouammar Kadhafi, est toujours en fuite et profiterait d’un véhicule furtif et blindé que lui aurait fourni… la France, en 2008, selon le site Mediapart. Les ex-rebelles sont toutefois confiants de leur prochaine victoire et, en attendant, gagnent sur le terrain de la diplomatie. L’Union africaine a ainsi officiellement reconnu le CNT comme instance dirigeante de la Libye, tandis que le nouveau drapeau libyen a été hissé à l’ONU.

Les Palestiniens espèrent eux aussi voir bientôt leur drapeau flotter devant les Nations unies. Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a déposé vendredi 23 septembre une requête pour que la Palestine soit officiellement reconnue comme un Etat par l’ONU. Pas du goût du gouvernement israélien, qui a dénoncé une « initiative unilatérale », ni de son principal allié, les Etats-Unis. Dès mercredi, Barack Obama avait annoncé à la tribune des Nations unies qu’il s’opposerait à la requête des Palestiniens -autrement dit, que les Américains poseraient leur veto-, alors qu’un an auparavant, il appelait au même endroit à la création d’un Etat palestinien. Une solution intermédiaire pourrait être choisie : Nicolas Sarkozy a proposé que la Palestine obtienne un statut d’Etat observateur, à l’image de ce que bénéficie déjà le Vatican. Israël a aussitôt rejeté cette proposition, tandis que Barack Obama n’a pas voulu se prononcer sur le sujet.

Au Yémen, le régime a violemment réprimé des manifestations en début de semaine, provoquant des affrontements entre forces de sécurité et opposants au président Ali Abdallah Saleh. Plus de 50 personnes ont été tuées en trois jours, le plus lourd bilan depuis le début de la contestation, en mars. Le retour, vendredi, d’Ali Abdallah Saleh, jusque-là en convalescence en Arabie Saoudite après un attentat en juin, n’a pas arrangé les choses, puisque les combats se sont poursuivis, avec de nouveaux morts à déplorer.

La crise de la dette se poursuit elle aussi, notamment en Europe. L’agence de notation Standard & Poor’s a dégradé, dans la nuit de lundi à mardi, la note de l’Italie, de « A+ » à « A ». Elle estime que les faibles perspectives de croissance vont compliquer la réduction de l’énorme dette (120% du PIB annuel), et ce malgré les deux plans d’austérité d’un total de 101 milliards d’euros, votés par le Parlement cet été. Le Président du conseil italien, Silvio Berlusconi, a fustigé une décision « politique et médiatique ».

Ce n’est pas un pays mais une théorie ultra-célèbre qui pourrait bientôt être dégradée. Et si la théorie de la relativité, énoncée par le physicien Albert Einstein au début du XXe siècle et célèbre par son « E=mc² », était fausse ? C’est la question qui se pose depuis la publication des résultats d’une expérience internationale, vendredi 23 septembre. Albert Einstein avait démontré que la vitesse de la lumière ne pouvait être dépassée, qu’elle constituait une limite. Or une équipe du laboratoire européen Cern, vient de montrer que des particules (les neutrinos) pouvaient être plus rapides que la lumière. La théorie de la relativité énoncée par Einstein s’en trouve ainsi bouleversée.

Trop rapides, aussi, les Espagnols pour les Français. Les Ibères ont été les bourreaux de la France dans deux compétitions sportives, le week-end dernier. En basketball, les Bleus n’ont rien pu faire face à une implacable « Roja », lors de la finale de l’Euro, en Lituanie (96-85, voir le résumé en vidéo). Les Français se sont satisfaits de cette deuxième place, contre une équipe qui a conquis son troisième titre en cinq ans (Mondial en 2006, Euro en 2009 et 2011).

En tennis, c’est Rafael Nadal qui, (presque) à lui seul, a balayé les joueurs français, permettant à l’Espagne de se qualifier pour la finale de la Coupe Davis (4-1). Le numéro 2 mondial a facilement battu Richard Gasquet, vendredi 16 septembre (6/3, 6/0, 6/1), puis Jo-Wilfried Tsonga deux jours après (6/0, 6/2, 6/4). Les Français n’ont pu que remporter le double, samedi. En finale de la compétition, l’Espagne affrontera l’Argentine, début décembre.

 


 

EN BREF

 

 

En France…

 


 

Dans le monde…

 


 

Dans les sports…

 

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