Pendant plusieurs jours, l’Egypte a revécu les moments noirs de sa révolution. De violents affrontements ont opposé des manifestants à l’armée dans le pays, notamment sur la fameuse place Tahrir du Caire. Les soldats ont tiré à balles réelles, tuant au moins 35 personnes et blessant au moins 2 000 autres. (Voir la vidéo, attention certaines images peuvent choquer)

L’armée égyptienne a présenté ses excuses jeudi aux manifestants. Ces derniers réclament le passage aux civils du pouvoir, détenu depuis la chute de Hosni Moubarak, en février, par les militaires. Des élections législatives doivent débuter le 28 novembre. Les critiques se concentrent sur le maréchal Tantaoui, le chef de l’armée, dont les manifestants réclament encore le départ malgré l’annonce d’une élection présidentielle avant juin 2012. Vendredi, Kamal al-Ganzouri a été nommé Premier ministre d’un “gouvernement de salut national” par l’armée, mais les manifestations ont continué : Al-Ganzouri a notamment été Premier ministre sous le régime du dictateur Hosni Moubarak entre 1996 et 1999…

Au Yémen, le tout aussi contesté président, Ali Abdallah Saleh, a signé un accord prévoyant son départ dans les trois prochains mois, mercredi 23 novembre à Ryad, en Arabie Saoudite. Le plan, préparé par le Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui rassemble plusieurs monarchies arabes, prévoit le transfert du pouvoir au vice-président yéménite, Abd Rabbo Mansour Hadi, et l’immunité d’Ali Abdallah Saleh.

La signature de cet accord n’a pas satisfait les manifestants, qui redoutent aussi bien une nouvelle promesse sans effet qu’un simple changement de tête dans un régime identique. La répression de la contestation a elle aussi continué, avec la mort d’au moins cinq manifestants jeudi.

Avec la répression, les enlèvements sont eux aussi malheureusement courants au Yémen. Une Franco-marocaine du Comité International de la Croix Rouge a été enlevée mardi 22 novembre avec son interprète et son chauffeur à Lahj, dans le sud du pays. Elle a finalement été libérée dès vendredi, suite à l’obtention par les ravisseurs de l’assurance de la libération de quatre militants sudistes, qui exigent l’autonomie voire l’indépendance du sud du pays.

Eux n’ont en revanche toujours pas été libérés : deux Français ont été enlevés à Hombori, dans le nord du Mali, dans la nuit du mercredi 23 au jeudi 24 novembre. L’enlèvement n’a pas été revendique mais il porte la marque de l’organisation Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), qui détient toujours depuis un an quatre employés d’Areva. Les deux Français, présentés comme “géologues”, auraient un passé trouble et seraient connus des services de renseignement, a révélé Europe 1 vendredi. Ce même jour, trois autres personnes ont été enlevées et une autre tuée à Tombouctou, également dans le nord du Mali.

En Libye, le fils de Mouammar Kadhafi, Seïf al-Islam, a été arrêté près de la frontière avec le Niger, samedi 19 novembre. Il aurait été trahi par son guide qui devait le faire passer de l’autre côté de la frontière. Le successeur présumé de l’ancien dictateur faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par la Cour pénale internationale (CPI) en juin. L’ancien chef des services de renseignements, Abdallah al-Senoussi, également recherché, a lui aussi été arrêté, dimanche.

Ces arrestations ont entraîné un bras de fer entre les nouvelles autorités libyennes, qui souhaitent juger elles-mêmes les deux hommes, et la CPI, qui craint un procès “de vengeance” à Tripoli. Le procureur de la CPI, Luis Moreno Ocampo, a évoqué un compromis mardi, laissant entendre que Seïf al-Islam et Abdallah al-Senoussi pourraient être jugés par la CPI en Libye et non à La Haye (Pays-Bas), comme c’est le cas habituellement.

En Europe, un nouveau gouvernement est tombé en victime de la crise. Après la Grèce et l’Italie ces dernières semaines, c’est en Espagne que le pouvoir a changé de mains après les élections législatives du dimanche 20 novembre. Le Premier ministre socialiste, José Luis Zapatero, a passé le flambeau à Mariano Rajoy, dont le Parti populaire (PP, droite) a remporté le scrutin avec la majorité absolue (186 sièges sur 350 au Parlement). Le Parti socialiste (PSOE) a quant à lui réalisé son pire score depuis sa première accession au pouvoir, en 1982 (110 sièges, soit 59 de moins qu’avant l’élection).

Partisan affiché de sévères mesures d’austérité, Mariano Rajoy a parmi ses énormes défis la réduction du taux de chômage (21,5% de la population active, 45% chez les moins de 25 ans) tout en réduisant parallèlement le lourd déficit public de l’Etat (9,3% du produit intérieur brut quand les règles européennes imposent normalement de ne pas dépasser 3%).

En France, c’est un terrible faits divers qui a occupé le devant de la scène en début de semaine. Agnès Marin, une collégienne de 13 ans disparue depuis le 16 novembre, a été retrouvée morte vendredi 18 novembre à Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire. Mathieu, un de ses camarades d’internat âgé de 17 ans, a rapidement été arrêté et aurait avoué samedi avoir violé et tué la jeune fille avant de brûler son corps. Placé sous contrôle judiciaire, il était en attente de jugement dans une affaire d’agression sexuelle sur une mineure dans le Gard, en 2010. Il avait été remis en liberté car jugé “pas dangereux” et “réinsérable” par le procureur de la République de Nîmes.

Ce fait divers a créé un vif débat quand le directeur du collège-lycée Cévenol, dit établissement “de la deuxième chance”, a confié dimanche n’avoir pas été informé de quoi Mathieu, dont il connaissait des ennuis avec la justice, était accusé. Le père d’Agnès a en revanche affirmé que la direction “était au courant” du passé de Mathieu. Le ministre de l’intérieur, Claude Guéant, et le ministre de l’éducation nationale, Luc Chatel, ont vu dans cette situation un “dysfonctionnement”. Dès lundi, le gouvernement a notamment annoncé vouloir placer dans des centres éducatif fermés (CEF) tout mineur accusé un “crime grave” en attente de son jugement.

L’affaire a donné lieu à de multiples excès, plusieurs ministres ne respectant pas la présomption d’innocence en affirmant s’occuper de la “récidive des mineurs” (or Mathieu n’est pas encore un “récidiviste” puisqu’il n’a pas encore été jugé pour les deux affaires) et illustrant la règle en vigueur depuis plusieurs années “un fait divers = une loi” (6 lois sur la récidive en sept ans), pour une situation parfois rarissime (en 2010 en France, deux cas d’un mineurs tuant un autre mineur).

Critiquée pour son silence la semaine dernière après l’accord entre Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et le Parti socialiste, Eva Joly l’a été cette semaine… pour ses prises de parole. La candidate écologiste à l’élection présidentielle a affiché son mécontentement à propos de l’accord de gouvernement et de circonscriptions entre les deux partis -qui gardent toutefois leurs candidats à la présidentielle. A propos du nucléaire et du paragraphe de l’accord retiré par le PS après intervention d’Areva, Eva Joly a jugé “archaïque” le PS, fait “du bois des marionnettes”.

En ne voulant pas se prononcer sur un éventuel appel à voter pour François Hollande s’il arrivait au second tour face à Nicolas Sarkozy, Eva Joly a définitivement déclenché mercredi la colère des socialistes et l’embarras dans son camp. Peu après, son porte-parole, l’eurodéputé Yannick Jadot, démissionne de ses fonctions, invoquant un “désaccord avec la nouvelle ligne politique” Peu après, la candidate écologiste revient alors sur ses propos et affirme qu’elle appelerait à voter pour François Hollande en cas de second tour avec Nicolas Sarkozy… Malgré ces péripéties, Eva Joly a réaffirmé sa volonté d’aller “jusqu’au bout”.

La cacophonie entre le PS et EELV ne semble pas terminée et concerne maintenant le siège permanent de la France au Conseil de sécurité de l’ONU. Un paragraphe de l’accord entre les deux partis prévoit d’introduire un “siège européen” et de “supprimer le droit de veto” dans cet organisme. Une proposition vivement critiquée, notamment par le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, qui y a vu “l’abaissement de la France”. Au PS, Pierre Moscovici, directeur de campagne, a affirmé vendredi qu’il n’est “pas question de remettre en cause le statut permanent de la France ni son droit de veto”, tandis qu’Eva Joly a qualifié ce droit de veto de “privilège dépassé, réservé à quelques pays”.

L’ancienne “première dame de France”, Danielle Mitterrand, est décédée mardi 22 novembre à l’âge de 87 ans. Elle avait été placée dans un coma artificiel dimanche après un malaise ; elle venait d’échapper à un attentat en Irak. Femme de François Mitterrand, président de la République entre 1981 et 1995, elle était connue pour ses engagements humanistes, qu’elle a aussi revendiqués à l’Elysée. Elle était notamment à l’origine de la fondation France libertés, qui a fêté ses 25 ans en octobre et qui promeut l’accès à l’eau et l’éducation pour tous, ou encore l’écologie et la démocratie. Atypique, Danielle Mitterrand n’avait pas hésité, par exemple, dire à Lionel Jospin, le soir de sa défaite au premier tour de l’élection présidentielle le 21 avril 2002, que c’était “un beau jour”… (Voir la vidéo)


Danielle Mitterrand (3)- Ruquier par maghrebb

L’ancien joueur de tennis français Yannick Noah a lancé un pavé dans la mare sportive, samedi 19 novembre, en appelant à l’autorisation du dopage, dans une tribune publiée sur LeMonde.fr. Il cible également les sportifs espagnols, en réussite dans de nombreuses disciplines depuis quelques années, qui auraient droit, eux, à la “potion magique”. Les propos de Yannick Noah ont été unanimement critiqués, des sportifs espagnols (le joueur de tennis Rafael Nadal, l’entraîneur du club de football de Barcelone, Josep Guardiola…) au ministre français des Sports, David Douillet, en passant par la Fédération française de tennis (FFT). La polémique a toutefois remis en lumière la suspicion qui entoure régulièrement les performances de sportifs espagnols. Vendredi, Yannick Noah est revenu sur sa position dans un entretien au Monde, s’affirmant “contre toute forme de dopage”.

Pendant ce temps-là, le Masters de tennis se déroule à Londres depuis dimanche 20 novembre, réunissant les huit meilleurs joueurs mondiaux. Une semaine après sa défaite en finale du tournoi de Paris Bercy, le Français Jo-Wilfried Tsonga s’est une nouvelle fois incliné contre le Suisse Roger Federer, dimanche (6/2, 2/6, 6/4). Il a ensuite battu l’Américain Mardy Fish, mardi (7/6, 6/1), avant de se qualifier en demi-finale en venant à bout du numéro 2 mondial, l’Espagnol Rafael Nadal (7/6, 4/6, 6/3, voir le résumé en vidéo). Jo-Wilfried Tsonga est le troisième joueur français à se qualifier en demi-finale d’un Masters.


EN BREF

En France…

  • Le Premier ministre, François Fillon, a annoncé mardi 22 novembre que le gouvernement n’ajoutera finalement pas de quatrième jour de carence (le temps pendant lequel l’employé ne touche pas encore les indemnités de la sécurité sociale) aux salariés du privé en cas d’arrêts maladie. Les députés de l’UMP s’étaient élevés contre cette mesure évoquée pour réaliser 200 millions d’euros d’économies. Le premier jour de carence des salariés de la fonction publique, lui, va bien être créé.


Dans le monde…

  • En Belgique, Elio di Rupo, le principal négociateur pour doter le pays d’un nouveau gouvernement, a présenté sa démission au roi, lundi 21 novembre. La dette publique serait le principal point d’achoppement entre les six partis politiques. Après avoir rencontré les représentants de chaque parti, le roi a demandé à Elio di Rupo de poursuivre sa mission. Une lourde tâche, car la Belgique est sans gouvernement depuis avril 2010.

  • Au moins 19 personnes ont été tuées jeudi 24 novembre dans un triple attentat à Bassora, dans le sud de l’Irak. Trois bombes ont explosé à quelques minutes d’intervalle près d’un marché de la ville.

  • Les corps d’au moins 50 personnes ont été découverts au Mexique, dans l’Etat de Jalisco (centre), mercredi 23 et jeudi 24 novembre. Une partie des cadavres avaient été brûlés. Ce massacre pourrait avoir été commis par un cartel de drogue, en réponse à un précédent meurtre de masse dans la région en septembre.


Dans les sports…

  • Accusée en septembre d’avoir manqué aux règlement antidopage, la cycliste française Jeannie Longo a été blanchie de tout soupçon, mardi 22 novembre, par la Fédération française de cyclisme (FFC). Elle avait été suspendue provisoirement avant cette décision. Jeannie Longo pourrait toutefois être de nouveau inquiétée quand son mari, Patrice Ciprelli, devra s’expliquer sur des soupçons d’achat d’EPO.

  • Le bilan des clubs français de rugby a été légèrement meilleur lors de la deuxième journée de la Coupe d’Europe (H-Cup), le week-end dernier. Clermont, pour le 100e anniversaire du club, a donné une véritable leçon aux Italiens de l’Aironi (54-3), tandis que Toulouse l’a largement emporté chez les Irlandais du Connacht (36-10) et que Biarritz a vaincu les Anglais du Saracens (15-10). Toujours pas de victoire en revanche pour le Racing Metro, battu de justesse à Edimbourg après avoir mené de 20 points à quinze minutes de la fin (47-48), pour Castres, défait par les Irlandais du Munster (24-27), et pour Montpellier, battu chez les Anglais de Bath (13-16).

 

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