Elisabeth II s’adresse à ses sujets, des signes encourageants en France face au Covid-19 : résumé de la semaine

La reine Elizabeth II s’est adressée à la télévision et sur des affiches publicitaires, comme ici à Piccadilly Circus, dans le centre de Londres, jeudi 9 avril, pour dire à son peuple : « Des jours meilleurs reviendront. Nous nous retrouverons. » Photo : Isabel INFANTES / AFP

Monde

La reine Elizabeth II a pris la parole pour la quatrième fois de son règne​. Dimanche 5 avril, la reine Elizabeth II a pris la parole dans une allocution télévisée. Face au coronavirus, la reine s’est adressée aux Britanniques et aux nations du Commonwealth pour appeler au courage, à l’unité et au respect des mesures de confinement. « J’espère que dans les années à venir, tout le monde pourra être fier de la manière dont nous avons relevé le défi » a-t-elle soulignée. Dans son discours, la reine a tenu à remercier avant tout le personnel soignant qui fait face au Covid-19 qui sévit dans le pays. Elle a également remercié tous les métiers qui continuent à faire tourner le pays. Dans ce discours rarissime, la souveraine a appelé à l’union de la nation et a terminé par une note d’espoir « Des jours meilleurs reviendront. Nous nous retrouverons. »

Boris Johnson quitte les soins intensifs. Le Premier ministre britannique, qui avait révélé le 27 mars avoir contracté le coronavirus, est sorti de l’unité de soins intensifs le 9 avril, trois jours après y avoir été admis. Il reste hospitalisé mais son état est rassurant selon les proches de Boris Johnson. Le ministre des Affaires étrangères, Dominic Raab, assure l’intérim à la tête du gouvernement. Partisan au début de l’épidémie, de la stratégie de l’immunité collective, Boris Johnson a depuis changé de cap et a adopté des mesures de confinement pour le Royaume-Uni. Le territoire britannique dénombre au moins 8 000 morts et 65 000 personnes contaminées.

Donald Trump a menacé de suspendre la contribution américaine à l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mardi 7 avril, le président américain a critiqué la gestion de la pandémie par l’organisation mondiale et une attitude, à ses yeux, trop favorable à la Chine. « Nous allons suspendre le versement des sommes destinées à l’OMS » a-t-il déclaré dans son point presse depuis la Maison Blanche. Pour soutenir ses propos, le matin même, le président a tweeté « l’OMS s’est vraiment plantée ». Quelques minutes plus tard dans son discours, Donald Trump s’est ravisé en affirmant qu’il souhaitait seulement « étudier cette possibilité ». l’OMS a répondu aux attaques, en demandant de ne pas politiser la crise sanitaire. Aux États-Unis, le nombre de morts ne fait qu’augmenter, mercredi soir 8 avril, le bilan s’élevait à au moins 14 695 morts.

L’Italie enregistre une baisse des cas de COVID-19. En Italie, la situation reste catastrophique, plus de 140 000 personnes ont été touchées depuis le début de l’épidémie. Jeudi 9 avril, le pays recensait 610 morts de plus pour un total de 18 000 décès liés au COVID-19. Les quelques motifs d’espoir pour les Transalpins résident dans la stagnation du nombre de morts et la diminution continue du nombre de malades en soins intensifs depuis lundi 6 avril. Le gouvernement a également pris de nouvelles mesures : à partir du dimanche 12 avril, les masques seront obligatoires pour sortir de chez soi (écharpes et foulards à défaut) en Toscane et en Lombardie.

L’Iran renonce au confinement. Le président iranien Hassan Rohani a décidé de lever le confinement mis en place pour lutter contre le COVID-19. Le danger d’accélération de la propagation est réel, cependant la crainte d’un effondrement économique menace le pays. « Avant, la lutte se faisait en restant chez soi. Aujourd’hui, elle se fait en reprenant les activités économiques. Nous n’avons pas d’autre voie en face de nous », a déclaré le président mercredi 8 avril. A partir du 11 avril, deux-tiers des activités économiques dites à faible risque, auront repris, tandis que Téhéran, la capitale, restera en confinement une semaine de plus. Le bilan officiel au 9 avril affichait 3 993 morts pour 64 586 cas confirmés.

L’état d’urgence décrété dans sept villes japonaises. Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a décrété l’état d’urgence dans les sept villes et départements les plus touchées par la pandémie (Tokyo et Osaka en premier lieu). Cette mesure s’opère surtout par une aide économique astronomique puisque le gouvernement apporterait au total 916 milliards d’euros (soit 20 % du PIB). Cette enveloppe sera dans un premier temps distribuée aux ménages et aux PME rencontrant des difficultés. Le reste aura pour but de permettre une reprise de l’activité économique globale. Le gouvernement nippon va de plus permettre aux PME des emprunts à taux zéro pour maintenir l’emploi.

Cessez-le-feu au Yémen. La coalition menée par l’Arabie saoudite a décrété un cessez-le-feu unilatéral au Yémen dès vendredi 10 avril et pour les deux prochaines semaines afin de limiter la propagation du coronavirus dans le pays. Une décision rejetée par les rebelles houthis, leurs opposants dans le conflit, qui la qualifie de « manœuvre politique et médiatique ». Un désaccord qui intervient alors que le Yémen a annoncé son premier cas de coronavirus. Cette initiative d’arrêt temporaire du conflit a fait suite à l’appel le 23 mars du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à un « cessez-le-feu immédiat, partout dans le monde » pour préserver du Covid-19 les civils des pays en conflit.

Wuhan s’ouvre à la Chine. Wuhan, la ville chinoise épicentre de l’épidémie, a connu une étape majeure vers la fin du confinement dans la nuit du 7 au 8 avril, avec le retrait des barrières qui fermaient les axes routiers. Enfermés chez eux depuis le 17 février, des centaines de Wuhanais se sont pressés dans les gares pour quitter la province du Hubei. Mais la vigilance reste maximale. Chacun des 11 millions d’habitants dispose d’un QR code (code barre) qu’ils doit faire scanner. Dans le cas où un citoyen aurait été en contact avec une personne qui a contracté le Covid-19, il doit se confiner de nouveau durant 14 jours. La mairie a dénombré 2 500 morts dues au virus et annoncé ne pas avoir recensé de nouveau cas depuis le 6 avril.

France

Au moins 12 210 personnes sont mortes du Covid-19. Le dernier bilan, jeudi 9 avril, estimait à 8044 le nombre de personnes mortes du Covid-19 en structure hospitalière et à 4166 le nombre de décès dans les Ehpad. Entre mercredi et jeudi, 412 personnes sont décédées en milieu hospitalier. Selon ce même bilan, 30 767 personnes étaient hospitalisées pour une infection au coronavirus, dont 7 066 cas graves en réanimation. Pour la première fois ce jeudi, le solde des entrées et des sorties des malades du Covid-19 hospitalisés en réanimation était en baisse en France. Depuis le début de l’épidémie, plus de 23 000 personnes sont sorties de l’hôpital. Le confinement va se poursuivre après mardi 15 avril, a déjà prévenu l’Elysée. Emmanuel Macron apportera plus de précision sur cette question lors d’une allocution télévisée prévue lundi soir 13 avril.

La piste du ver marin abandonnée dans l’attente d’une nouvelle évaluation. L’essai clinique qui prévoyait d’administrer à des patients atteints du virus une solution issue du sang du ver Arenicola marina, aura tourné cours. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a décidé de « suspendre en urgence » le feu vert qu’elle avait donné à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) le 29 mars. Et pour cause, l’ANSM a pris connaissance d’une étude « non clinique chez le porc » datant de 2011, qui s’est traduite par « une létalité de 100% » chez les animaux ayant reçu cette substance. Dix patients en état très grave attendaient de recevoir le sang du ver marin pour permettre d’améliorer l’oxygénation de leurs organes.

Sur le port du masque, le gouvernement siffle la fin des arrêtés. Plusieurs maires, dont celui de Sceaux (Hauts-de-Seine) ou de Val d’Isère (Savoie), ont pris des arrêtés, depuis samedi 4 avril, rendant obligatoire le port du masque pour tout le monde, certains prévoyant une verbalisation des contrevenants. Jeudi 9 avril, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a déclaré devant la commission d’information parlementaire sur l’épidémie de covid-19 qui l’auditionnait qu’il avait « demandé aux préfets de prendre langue avec ces maires pour qu’ils retirent leurs arrêtés pendant toute la période du confinement ». Le ministre a rappelé que selon les consignes données par le gouvernement, le port du masque était obligatoire pour le personnel soignant, ainsi que pour les personnes contaminées. Selon un sondage Odoxa diffusé jeudi, trois Français sur quatre (76%) pensent que le gouvernement leur « a caché la vérité » pour les dissuader de porter des masques de protection contre le coronavirus en raison de la pénurie.

Violences sur les enfants : +20% d’appels sur la ligne « Allô enfance en danger ». Depuis le début du confinement, les signalements sur le 119 ne cessent de se multiplier. Les appels considérés comme urgents ont même augmenté de 60%, selon des données issues d’une comparaison entre les trois premières semaines du confinement (du 18 mars au 6 avril) et une période équivalente en février (du 12 février au 2 mars). Depuis début avril, la ligne est doublée d’un service de signalement par écrit des violences, sur internet. Avec 36% d’appels en plus émanant de camarades d’enfants maltraités et 30% en plus émanant de voisins, « cela signifie que tous les messages qu’on essaye de relayer sur la nécessité d’être attentif aux cris qu’on entend de l’autre côté du mur (…) commencent probablement à porter ses fruits », a affirmé, jeudi 9 avril, le secrétaire d’État à la Protection de l’enfance, Adrien Taquet.

Le personnel soignant intimidé par une partie de la population. Samedi 4 avril, le Premier ministre Édouard Philippe a dénoncé ces « mots scandaleux » laissés à certains soignants en première ligne face au coronavirus. Par crainte de la contamination, certains soignants ont été invités à aller vivre ailleurs par leurs voisins. Dans des lettres anonymes, il leur est reproché de mettre en danger le voisinage. Dans l’Hérault, deux pompiers ont même reçu des lettres anonymes d’insultes. Depuis le début de l’épidémie en France, les soignants sont victimes d’intimidation et de cambriolages de matériel, notamment des cas de voitures forcées pour y voler des masques. La multiplication de ces actes a suscité l’indignation sur les réseaux sociaux.

Une récession historique. Dans une note publiée mardi 7 avril, la Banque de France a annoncé estimer une chute de 6 % du PIB sur le premier trimestre de l’année 2020. L’Hexagone entre ainsi en récession, accusant six mois consécutifs de croissance négative (-0,1 % de croissance au quatrième trimestre 2019). En cause : l’arrêt de tout un pan de l’économie, freiné par la crise sanitaire du Covid-19. Il s’agit du décrochage économique le plus important en France depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le Premier ministre, Édouard Philippe, a évoqué un impact « brutal » et un « choc économique que chacun imagine ». Les deux ministres de Bercy, Gérald Darmanin et Bruno Le Maire, ont revu le plan d’urgence économique à la hausse devant le besoin croissant des entreprises. Il devrait ainsi s’élever à 100 milliards d’euros. Un montant bien supérieur aux 45 milliards d’euros prévus initialement.

Le chômage partiel gagne du terrain. La ministre du Travail, Muriel Pénicaud a annoncé, mardi 7 avril, que 5,8 millions de salariés étaient concernés par le chômage partiel dans le privé, soit un salarié sur quatre. Les entreprises en ayant fait la demande sont, elles, recensées au nombre de 544 000. Le coût de ce dispositif pris en charge par l’État et l’Unédic (l’organisme en charge de l’assurance chômage) devrait avoisiner les 20 milliards d’euros. La ministre a appelé à la prudence quant à ce chiffre « très évaluatif » qui dépend notamment de la durée du confinement provoqué par la crise sanitaire du Covid-19.

 

TELEX

Alors qu’aux États-Unis Bernie Sanders se retire de la course à la Maison Blanche, le président irakien Barham Saleh nomme Moustafa al-Kazimi, le chef du renseignement, au poste de Premier ministre. Entre 350 et 500 migrants mineurs non accompagnés qui se trouvent dans des camps insalubres sur des îles grecques seront accueillis en Allemagne. Coup de tonnerre en RDC suite à l’arrestation et la détention de Vital Kamerhé, soutien de l’ancien président Joseph Kibila, dans le cadre d’une vaste enquête anti-corruption. Suite à l’attaque du 23 mars, à Boma, Idriss Déby Itno, président tchadien a lancé une nouvelle offensive militaire contre Boko Haram, annonçant vouloir en finir avec le groupe jihadiste. Juste à côté, un militaire français a été retrouvé mort dimanche dans sa chambre du camp M’Poko à Bangui, en République centrafricaine.

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