Le premier tour de la primaire socialiste s’est déroulé dimanche 9 octobre et a vu les favoris des sondages, François Hollande (39,2%) et Martine Aubry (30,4%), se qualifier pour le second tour (voir les résultats complets).

Ce qu’il faut retenir de ce scrutin inédit :

  • Une forte participation : alors que le Parti socialiste s’était fixé un objectif d’un million de votants, 2,6 millions de personnes se sont déplacées. Un résultat d’autant plus satisfaisant pour le PS que peu de perturbations ont été signalées. Autre conséquence positive pour le PS : plus de 3,5 millions d’euros ont été récoltés lors de ce premier tour, soit suffisamment pour couvrir les frais engagés. L’exercice a été salué jusqu’au sein de l’UMP, sans pour autant faire l’unanimité.

  • Arnaud Montebourg en arbitre : en recueillant 17,2% des voix, la forte troisième place du président du conseil général de Saône-et-Loire est l’une des surprises du premier tour. Il apparaît en position d’arbitre du second tour et a rédigé dès lundi une lettre à François Hollande et Martine Aubry, sans toutefois apporter son soutien à l’un ou à l’autre. La maire de Lille lui a répondu sur le même mode mercredi.

  • Les larmes de Ségolène Royal : l’autre grande surprise du premier tour est la quatrième place de la présidente de la région Poitou-Charentes, qui n’a récolté que 6,9% des voix, talonnée par Manuel Valls (5,6%), Jean-Michel Baylet arrivant loin derrière (0,6%). Touchée par cette « déception », Ségolène Royal n’a pu retenir ses larmes dimanche soir. (Voir la vidéo)

Dès la fin du premier tour, les électeurs de chaque candidat ont fait l’objet de convoitise. Sans surprise, Manuel Valls, dès dimanche soir, et Jean-Michel Baylet, lundi matin, ont appelé à voter pour François Hollande. Plus étonnant, Ségolène Royal a elle aussi décidé de soutenir son ex-mari, laissant un grand nombre de ses partisans dans le désarroi. Vendredi, c’est au tour d’Arnaud Montebourg d’annoncer qu’il votera pour François Hollande “à titre personnel”, sans donner de consigne de vote à ses partisans.

François Hollande et Martine Aubry se sont opposés lors d’un débat télévisé, mercredi 12 octobre. Ce moment a davantage été l’occasion d’affirmer leurs différences de style plutôt que celles de fond, les deux candidats ayant des positions similaires sur la plupart des sujets. Mais dès le lendemain, Martine Aubry durcit en offensive en affirmant notamment que « le système s’est choisit son candidat » (François Hollande, en l’occurrence). Les soutiens du député corrézien ont aussitôt dénoncé là « le vocabulaire de Le Pen », tandis que François Hollande y a vu « un dérapage » de la maire de Lille.

Dominique Strauss-Kahn pensait s’engager dans la primaire, avant d’être impliqué dans deux affaires sexuelles. Après la fin des poursuites pénales aux Etats-Unis il y a deux mois, le parquet de Paris a décidé, jeudi 13 octobre, de classer sans suite la plainte pour « tentative de viol » de Tristane Banon contre l’ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI). La justice a estimé ne pas disposer d’assez d’éléments pour engager des poursuites. La jeune femme a annoncé qu’elle déposerait une nouvelle plainte avec constitution de partie civile. Par l’intermédiaire de ses avocats, « DSK » a, lui, donné sa version des faits, en avouant avoir tenté de l’embrasser, sans aller plus loin, lors de leur rencontre en février 2003.

Les enseignants n’ont pas été à la fête cette semaine. Une professeure de mathématiques s’est immolée par le feu dans la cour de son lycée, jeudi 13 octobre à Béziers (Hérault). Gravement brûlée, elle est décédée le lendemain. La femme de 44 ans, qui sortait d’une dépression l’année dernière, était en conflit avec des élèves. Cet acte a soulevé une vague d’émotion dans le monde enseignant ; les syndicats ont demandé un « débat sur les réalités » de ce métier.

A Bourges, dans le Cher, c’est un enseignant de 33 ans qui s’est présenté à la préfecture, armé d’un sabre, vendredi 14 octobre, semble-t-il pour faire renouveler son port d’arme. Après avoir blessé une employée qui lui opposait un refus, il a mortellement blessé une policière intervenue sur les lieux et qui est décédée quelques heures plus tard. Le forcené a immédiatement été arrêté.

Ce n’est pas au sabre, mais aux coups de feu et aux chars qu’une manifestation de chrétiens coptes sur la place Tahrir du Caire, en Egypte, a été réprimée dans le sang par l’armée dans la nuit du dimanche 9 au lundi 10 octobre. Les manifestants dénonçaient le manque de réaction des autorités après l’incendie d’une église près d’Assouan, dans le sud du pays, quand les militaires auraient ouvert le feu et foncé sur la foule avec leurs blindés.

De son côté, l’armée affirme que les manifestants ont ouvert les hostilités. Au moins 24 personnes ont été tuées et 329 autres blessées. Face à la protestation internationale, le gouvernement -dirigé par l’armée depuis la chute de Hosni Moubarak- a annoncé l’ouverture d’une enquête. Cet épisode sanglant souligne le risque d’explosion des tensions communautaires pendant la période de transition politique que connaît actuellement l’Egypte.

En parallèle de ces affrontements, l’Egypte a été félicitée pour sa médiation après l’annonce de la signature d’un accord, mardi 11 octobre, entre Israël et le Hamas pour la libération de Gilad Shalit, le militaire franco-israélien enlevé près de Gaza en juin 2006. Sa capture avait entraîné une meurtrière intervention israélienne dans la bande de Gaza, faisant plusieurs centaines de morts et plus de 800 blessés. En échange de sa libération, prévue la semaine prochaine, un millier de prisonniers palestiniens vont être relâchés par Israël.

Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a donc salué la médiation de l’Egypte mais aussi de l’Allemagne. Du côté palestinien, l’accord permet au Hamas de reprendre la main après la récente demande, populaire, de Mahmoud Abbas, le président (Fatah) de l’Autorité palestinienne, de faire reconnaître la Palestine par l’ONU.

Voisine d’Israël, la Syrie a d’autres préoccupations en ce moments. Quelques jours après avoir posé son veto à une résolution condamnant la répression dans ce pays, la Chine a estimé que le régime de Bachar al-Assad devait agir plus rapidement pour honorer ses promesses de réformes. Sur place, les partisans du président ont manifesté par milliers à Damas, mercredi 12 octobre. La répression de la contestation du régime, elle, continue : au moins 19 personnes auraient été tuées dans des bombardements et des affrontements jeudi, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Dimanche, l’organisation avait compté 14 morts dans des violences à travers le pays.

L’Iran est allié de la Syrie et a aussi du souci à se faire. Deux Iraniens ont récemment été arrêtés aux Etats-Unis et inculpés de tentative d’assassinat contre l’ambassadeur de l’Arabie Saoudite à Washington, ont annoncé mardi 11 octobre les autorités américaines. Selon ces dernières, ils seraient liés aux forces spéciales des Gardiens de la révolution iranienne, ce qui a conduit les Etats-Unis à accuser l’Iran d’avoir fomenté cette tentative d’assassinat, bien que le scénario décrit semble rocambolesque. L’Arabie Saoudite a affirmé qu’elle était prête à une « riposte appropriée » en cas d’attaque à son encontre. De son côté, l’Iran a nié être mêlé à ce projet et dénonce un coup monté des Etats-Unis.

Pour ne rien arranger dans les relations entre l’Iran et les Etats-Unis, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) se prépare, selon Le Figaro, à dénoncer, preuves à l’appui, que Téhéran prépare bien une bombe nucléaire. L’annonce pourrait intervenir le 17 novembre.

La junte militaire au pouvoir en Birmanie a, elle, au contraire donné des signes d’ouverture forts cette semaine. Tout d’abord avec la libération prochaine de quelque 6 300 prisonniers. Mais contrairement à ce qu’espérait l’opposition, de nombreux prisonniers politiques -dont le statut n’est pas reconnu dans le pays– restent enfermés dans les geôles birmanes.

Les Birmans ont ensuite obtenu le droit de se syndiquer et de faire grève, avec l’entrée en vigueur d’une loi vendredi 14 octobre. L’opposition et l’ONU ont salué cette « avancée majeure ».

Le prix Nobel d’économie a été remis, lundi 10 octobre, à deux Américains, Christopher Sims et Thomas Sargent, pour leur « recherche empirique sur la cause et l’effet en macro-économie ». A l’occasion de la remise du prix, ils ont affirmé que la crise de la dette, qui touche la zone euro, est « facile » à résoudre si le fédéralisme budgétaire était mis en place au niveau européen.

Le fédéralisme budgétaire européen n’est pas pour tout de suite, une preuve supplémentaire en a été apportée cette semaine. Alors que la crise de la dette agite l’Europe depuis de longs mois, le Parlement de Slovaquie a rejeté, mardi 11 octobre, le renforcement du Fonds de secours financier de la zone euro (FESF), qui doit être élargi à 440 milliards d’euros. Ultime pays à voter, la Slovaquie a provoqué la stupeur en Europe. Mais deux jours après, le Parlement a de nouveau voté et a cette fois accepté le plan. Au prix fort pour le gouvernement d’Iveta Radicova : la Première ministre a dû sacrifier sa coalition, un des quatre partis la constituant étant résolument opposé au renforcement au FESF.

Déjà proche de la faillite après la crise des subprimes en 2008, la banque franco-belge Dexia est de nouveau mise à mal avec la crise de la dette. Le conseil d’administration a autorisé la semaine dernière un démantèlement de la banque, qui a été confirmé lundi 10 octobre par les Etats belge, luxembourgeois et français. Le portefeuille de crédits va être cédé à la Caisse des dépôts et consignations (CDC) française et la Banque postale héritera des activités de prêts. Enfin, une « bad bank » (une structure conçue pour récupérer les actifs toxiques afin qu’ils soient progressivement liquidés) va être créée. Au total, 90 milliards d’euros de financement sont nécessaires, apportées par la Belgique (60%), la France (36,5%, soit 33 milliards d’euros) et le Luxembourg (3%).

Ce n’est pas contre le contrôle de sa dette mais contre une marée noire dans la baie de Plenty, au nord, que la Nouvelle-Zélande vit fébrilement une véritable course contre-la-montre. Le Rena, un porte-conteneurs battant pavillon libérien, est échoué sur un récif depuis le 5 octobre. Sa coque a commencé à se fissurer et quelque 1 700 tonnes de pétrole pourraient s’échapper en cas de rupture, de plus en plus probable après la découverte de nombreuses fractures.

Du pétrole a déjà commencé à s’échapper et à recouvrir les plages de la région, connue pour sa flore et sa faune. Afin d’éviter la plus grande marée noire de l’histoire du pays, les autorités tentent de vider à temps les cuves du navire. Le capitaine philippin du Rena, lui, a d’ores et déjà été mis en examen pour avoir « manœuvré dangereusement un navire » et « pris des risques non nécessaires ».

Cette catastrophe a malheureusement éclipsé en Nouvelle-Zélande l’événement planétaire qui s’y déroule : la Coupe du monde de rugby. Malgré tout, le XV de France s’est qualifiée samedi 8 octobre pour les demi-finales de la compétition. Une semaine après avoir été humiliés par Tonga en poules, les Bleus sont venus à bout de l’Angleterre à Auckland (19-12, voir le résumé en vidéo). Le 15 octobre, la France disputera sa cinquième demi-finale de Coupe du monde consécutive face au Pays de Galles, vainqueur de l’Irlande (22-10).

L’équipe de France de football, elle, a décroché, mardi 11 octobre, son billet pour l’Euro qui se déroulera en juin 2012 en Pologne et en Ukraine. Les Bleus ont arraché le point qui leur manquait face à la Bosnie (1-1, voir le résumé en vidéo) après avoir facilement gagné contre l’Albanie, vendredi 7 octobre (3-0, voir le résumé en vidéo). Il aura donc fallut attendre le dernier match d’une campagne éliminatoire compliquée pour que la France se qualifie.

 


EN BREF

En France…

 


Dans le monde…

  • En Libye, les pro-Kadhafi, encerclés dans leur bastion de Syrte, ont contre-attaqué cette semaine, obligeant les forces du Conseil national de transition (CNT) à reculer. Alors que l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi est toujours introuvable, l’arrestation d’un de ses fils, Mouatassim (36 ans), a été annoncée avant mise en doute par des témoignages de prisonniers.

  • Deux véhicules piégés ont explosé, mercredi 12 octobre, devant des postes de police de Bagdad, en Irak. Au moins 23 personnes ont été tuées et plusieurs dizaines d’autres blessées.

  • En Ukraine, l’ex-Première ministre Ioulia Timochenko a été condamnée à sept ans de prison et 140 millions d’euros d’amende, mardi 11 octobre. L’opposante au président Viktor Ianoukovitch a été reconnue coupable « d’abus de pouvoir » pour avoir ordonné, lorsqu’elle était au pouvoir, à la compagnie ukrainienne Naftogaz de signer un contrat avec la russe Gazprom, pour mettre fin à la « bataille du gaz » qui faisait rage en 2009. Cette condamnation a été vivement critiquée à l’étranger, beaucoup voyant là une décision politique. Deux jours après sa condamnation, Ioulia Timochenko a été mise en cause dans une nouvelle affaire, remontant à une quinzaine d’années, quand elle dirigeait une compagnie d’énergie.

  • Un avion s’est écrasé, jeudi 13 octobre, en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Quatre des trente-deux passagers auraient survécu au crash, dont les causes sont encore inconnues.

 


Dans les sports…

 

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