France

A une semaine du premier tour de l’élection présidentielle, la plupart des candidats ont tâché de marquer de grand coup, le week-end dernier, occasionnant une grande bataille des chiffres. Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) a revendiqué 120 000 personnes sur la plage du Prado de Marseille tandis que le lendemain, François Hollande (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP) ont chacun assuré avoir réuni 100 000 personnes à Paris, respectivement sur l’esplanade du château de Vincennes et sur la place de la Concorde. Tous ces chiffres sont invérifiables, la préfecture de police ayant décidé de ne pas effectuer de comptage lors des rassemblements électoraux.

Alors que les derniers sondages donnent François Hollande en tête au second tour après un premier tour au coude-à-coude avec Nicolas Sarkozy, le candidat socialiste a enregistré plusieurs ralliements lundi et mardi :

  • d’abord celui de Martin Hirsch, ancien président d’Emmaüs et ancien Haut commissaire aux solidarités actives (2007-2010) dans le gouvernement de François Fillon, où il a notamment été à l’origine du revenu de solidarité active (RSA). Une décision qui a déclenché l’ire des députés UMP.

  • mardi, c’est celui de Fadela Amara, ancienne secrétaire d’Etat chargée de la politique de la ville (2007-2010) dans le gouvernement de François Fillon qui a provoqué de très vives critiques à l’UMP.

  • celui de Corinne Lepage, présidente de Cap21, eurodéputée, ancienne ministre de l’environnement (1995-1997) dans le gouvernement d’Alain Juppé et ancienne candidate à l’élection présidentielle (2002). Elle avait soutenu François Bayrou en 2007.

  • celui d’Azouz Begag, ancien ministre de l’égalité des chances (2005-2007) dans le gouvernement de Dominique de Villepin, qui avait lui aussi soutenu François Bayrou en 2007.

  • celui d’une trentaine d’économistes dans une tribune publiée dans Le Monde.

  • enfin, 100 sportifs ont eux aussi appelé à voter pour François Hollande dimanche.

A ces ralliements en cascade s’est ajoutée une déclaration de Chantal Jouanno, ancienne secrétaire d’Etat à l’Ecologie puis ministre des Sports, aujourd’hui sénatrice UMP de Paris, qui a évoqué “des raisons personnelles d’être contre Nicolas Sarkozy”  et “des vraies oppositions de fond” avec le président-candidat, pour qui elle appelle toutefois à voter. Conséquence : l'UMP lui aurait "déconseillé" de ne pas se rendre à meeting de Nicolas Sarkozy. Ambiance…

Quelques jours avant le scrutin, la commission nationale de contrôle de la campagne électorale s'est inquiétée des "fuites" – punies par la loi – des premiers résultats, peu avant 19 heures, alors que de nombreux bureaux de vote ne ferment qu'à 20 heures. Les instituts de sondage se sont engagés vendredi 20 avril à ne pas réaliser de sondages "sorties des urnes" et à ne pas fournir d'estimations aux médias étrangers (notamment belges et suisses) qui avaient annoncé leur intention de les publier dès 18 heures.

Monde

Le procès pour “actes de terrorisme” d’Anders Breivik, l’extrémiste auteur de l’assassinat de 77 personnes le 22 juillet 2011 en Norvège, a débuté lundi 16 avril à Oslo. Il s’est fait immédiatement remarquer en faisant le salut de l’extrême droite et en versant quelques larmes “parce que [son] pays est en train de mourir”…

Anders Breivik a aussitôt reconnu les faits “mais pas [sa] culpabilité”, invoquant “la légitime défense” et ajoutant qu’il le “ferait de nouveau” car il s’agissait de “défendre les Norvégiens de souche”. Il a également affirmé avoir rencontré d’autres militants nationalistes à Londres et au Liberia, mais sans donner plus de détails.

C’est à la Norvège, qui lui a permis d’obtenir le Prix Nobel de la Paix en 1991, que l’opposante birmanie Aung San Suu Kyi réservera son premier voyage à l’étranger depuis vingt-quatre ans. Après les réformes dans le pays et son élection au Parlement début avril, les Etats-Unis ont levé certaines sanctions contre la Birmanie, mardi 17 avril. L’Union européenne a elle aussi annoncé l’allègement de ses sanctions contre le régime birman.

Les sanctions contre la Syrie, elle, au contraire se renforcent. Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté à l’unanimité, samedi 14 avril, une résolution autorisant l’envoi d’observateurs dans le pays pour surveiller le fragile cessez-le-feu en vigueur depuis quelques jours avant. Les premiers observateurs sont arrivés en Syrie dès le lendemain… et ont pu constater que les violences perdurent encore. Les villes de Homs, Idlib et Deraa sont notamment toujours sous les bombes du régime syrien, qui a tout fait pour ralentir la mission de l’ONU.

L’ONU a également renforcé ses sanctions contre la Corée du Nord, lundi 16 avril, trois jours après le lancement (manqué) d’une fusée par Pyongyang. Mardi, le régime nord-coréen a fait savoir qu’il n’acceptera pas la prochaine venue d’inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour vérifier son programme d’enrichissement d’uranium. La Corée du Nord préparerait une nouvelle fusée, plus puissante que la précédente.

Après le coup d’Etat du 12 avril en Guinée-Bissau, c’est l’Union africaine (UA) qui a suspendu le pays, mardi 17 avril, et envisage des sanctions. La junte militaire désormais au pouvoir en Guinée-Bissau a en effet dissout les institutions et fermé les frontières du pays dimanche 15 avril. Un “Conseil national de transition” (CNT) a été formé le même jour avec certains partis politiques pour négocier une sortie de crise. L'ancien Premier ministre, Carlos Gomes Junior, le président intérimaire, Raimundo Pereira, et plusieurs ministres du gouvernement déchu sont toujours détenus par les putschistes.

Les sanctions contre le Mali, elles, ont été de courte durée après l’investiture du président intérimaire, Dioncounda Traoré, la semaine dernière. Les putschistes ont réalisé un nouveau geste d’apaisement en libérant jeudi 19 avril l’ancien président, Amadou Toumani Touré, qui est parti se réfugier au Sénégal. Plusieurs autres responsables civils et militaires ont également été libérés.

Pas de sanctions mais bien une guerre en formation entre le Soudan et son jeune voisin, le Soudan du Sud. Après des combats frontaliers début avril dans une région riche en pétrole, le Parlement du Nord a adopté une résolution, lundi 16 avril, déclarant le gouvernement du Sud comme un “ennemi”. Vendredi, le Soudan a annoncé avoir repris la zone frontalière de Heglig après de violents combats.

 

Les talibans ont lancé plusieurs attaques, dimanche 15 avril en Afghanistan, notamment contre le Parlement dans la capitale, Kaboul. Au moins 51 personnes, dont 36 assaillants, ont été tués après dix-sept heures de combats. Le président afghan, Hamid Karzaï, a pointé “l’échec du renseignement”, notamment de l’Otan pour ne pas avoir anticipé ces attaques.

Les talibans ont en revanche dénoncé jeudi 19 avril “des actes cruels inhumains” après la publication le même jour, dans le quotidien Los Angeles Times, de photos de soldats américains posant avec des corps et des membres d’insurgés afghans morts. La Maison Blanche a présenté ses “excuses” et a promis une enquête.

Barack Obama avait déjà connu, le week-end, un difficile sixième sommet des Amériques, le week-end dernier en Colombie. D’abord parce que plusieurs agents des services secrets, en charge de la protection du président américain, ont été impliqués dans un scandale de prostitution peu avant son arrivée. Ensuite parce que le sommet a mis en lumière les divisions entre les pays sud-américains et les Etats-Unis, notamment sur la question de Cuba et du trafic de drogue.

Bonne nouvelle, au moins, pour les Etats-Unis : ils conservent la présidence de la Banque mondiale. L’Américain Jim Yong Kim a été désigné lundi 16 avril pour succéder à Robert Zoellick, dont le mandat s’achève le 30 juin, à la tête de l’institution, perpétuant ainsi la tradition d’une présidence américaine depuis la création de la Banque mondiale en 1944.

Les Etats-Unis ne sont pas seuls à faire face à un scandale impliquant son armée. Les images d’un soldat israélien frappant un militant pro-palestinien danois, samedi 14 avril, ont suscité une vague d’indignation en Israël et dans plusieurs pays. Un groupe de manifestants bloquaient une route quand l’armée israélienne est intervenue. Le lieutenant-colonel auteur du geste a été suspendu et une enquête a été ouverte.

Toujours en Israël, quelque 1 200 prisonniers palestiniens ont entamé une grève de la faim illimitée, mardi 17 avril, pour protester contre leurs conditions de détention et contre le régime de détention administrative, qui permet de les détenir sans procès et sans limitation de durée.

EN BREF

En France…

Dans le monde…

  • Un avion de ligne s’est écrasé vendredi 20 avril au Pakistan, lors de son atterrissage à Islamabad, avec 126 personnes à bord. Les mauvaises conditions météorologiques seraient à l’origine de l’accident.

Dans les sports…

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