Le président socialiste du conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini, a été mis en examen, jeudi à Marseille, pour « prise illégale d’intérêts », « trafic d’influence », « association de malfaiteurs » et « complicité d’obstacle à la manifestation de la vérité » dans le cadre de fraudes présumées aux marchés publics. Jean-Noël Guérini a aussitôt annoncé se mettre « en congé » du Parti socialiste mais rester président du conseil général malgré les appels à la démission par la plupart des cadres du PS. Le Front national et l’UMP ont critiqué l’attitude de la direction du PS vis-à-vis de Jean-Noël Guérini.

Pourtant, l’UMP est elle-même empêtrée dans plusieurs affaires. L’une d’elle concerne l’affaire Bettencourt, dans le cadre de laquelle un journaliste du Monde a été espionné afin de connaître ses sources. Et les autorités ne s’en cachent pas. Après le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, la semaine dernière, c’est Frédéric Péchenard, le directeur de la police nationale, qui a confirmé vendredi avoir ordonné une enquête sur les factures téléphoniques détaillées du journaliste Gérard Davet. Il a justifié cette initiative par la volonté d’identifier le haut fonctionnaire qui « divulguait des informations confidentielles dans une affaire judiciaire en cours ». En cas d’audition par la justice, l’exécutif compterait invoquer « l’intérêt national », car les fuites à répétition dans la presse fragiliseraient l’institution judiciaire…

Une autre affaire pèse sur la majorité présidentielle : les emplois fictifs de la mairie de Paris, dont le procès s’est ouvert lundi 5 septembre à Paris. Dix personnes comparaissent, dont Jacques Chirac, qui a été maire de la capitale entre 1977 et 1995. L’ancien chef de l’Etat a bénéficié d’une immunité judiciaire tout au long de ses deux mandats de président de la République (1995-2007). Physiquement diminué (il serait atteint d’anosognosie, une affection neurologique), ce dernier a été autorisé à ne pas assister aux audiences. Le tribunal a commencé dès le lendemain à examiner les 21 emplois litigieux.

Et quand ce ne sont pas des affaires qui plombent l’ambiance à l’UMP, ce sont des propos « limites ». « Notre Coréen national, Jean-Vincent Placé, va avoir chaud aux plumes ! » C’est ainsi que Alain Marleix, secrétaire national de l’UMP en charge des élections, a décrit le numéro 2 d’Europe Ecologie-les Verts, d’origine coréenne (lire son portrait par Megalopolis Mag), en fin de semaine dernière à Marseille, lors de l’université d’été du parti majoritaire. Jean-Vincent Placé a aussitôt dénoncé un « scandale absolu » et a annoncé qu’il portait plainte pour « injure raciale ». Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, a « regretté » les « propos maladroits » d’Alain Marleix. Ce dernier s’est dit « allergique au racisme », tandis que des députés de l’UMP ont accusé Jean-Vincent Placé de « récupération politique ».

Autre danger qui guette l’UMP : la division. L’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Pierre Charon, a déposé mardi une liste dissidente de l’UMP à Paris pour les élections sénatoriales, qui se dérouleront le 25 septembre. Fâché de ne pas figurer sur la liste officielle menée par Chantal Jouanno (ministre des Sports), il divise ainsi un peu plus son camp, qui est menacé de perdre la majorité au Sénat pour la première fois depuis le début de la Ve République. Pierre Charon a été suspendu de l’UMP dès mercredi.

Les affaires ne sont pas cantonnées à la politique, elles touchent aussi malheureusement la santé… Le laboratoire Servier, qui fabrique notamment le Mediator (accusé d’avoir tué au moins 500 personnes en trente-cinq ans), est de nouveau en difficulté après plusieurs révélations cette semaine. Les quotidiens Libération et Le Figaro ont raconté mardi comment le laboratoire a falsifié les rapports sur les dangers du Mediator avant même sa commercialisation au début des années 1970, afin d’obtenir l’autorisation de mise sur le marché (AMM). Les laboratoires Servier ont été convoqués par les juges d’instruction en charge de l’enquête sur le Mediator, avant une possible mise en examen pour tromperie. La firme n’est va peut-être devoir faire face à un second scandale après la révélation par Libération, mercredi, d’autres falsifications de documents relatifs au Protelos, un autre médicament. Servier a « fermement » démenti ces accusations.

Servier espère peut-être la même issue que celle de l’affaire des retombées du nuage radioactif de Tchernobyl, en 1986, dans laquelle la Cour d’appel de Paris a prononcé mercredi un non-lieu. Le seul prévenu était le professeur Pierre Pellerin, 88 ans, qui était poursuivi pour « tromperie aggravée », soupçonné d’avoir dissimulé au public l’ampleur de la contamination radioactive à l’époque. La justice a estimé qu’il n’y avait pas de preuves suffisantes liant le passage du nuage radioactif aux nombreux cas de maladie de la thyroïde, notamment en Corse (lire et écouter le dossier de France Inter). Les associations de victimes, qui avaient lancé la procédure par une plainte en 2001, ont dénoncé un « déni de démocratie » et « l’impunité » du nucléaire en France.

On reproche souvent aussi au pétrole, ressource stratégique, de bénéficier de faveur des autorités. Le gouvernement a d’ailleurs salué la découverte d’un premier gisement d’or noir au large de la Guyane, annoncée vendredi par les compagnies Shell et Total. Ces dernières espèrent des gisements comparables à ceux qu’on trouve de l’autre côté de l’Atlantique, dans le golfe du Guinée. Les écologistes ont, eux, exprimé leurs inquiétudes face au risque d’une marée noire dans le fragile écosystème de la Guyane.

Cette découverte a dû renforcer Total dans sa stratégie des années à venir. Le groupe a annoncé vendredi le lancement de 600 stations-services à bas prix en France, sous la marque « Total Access ». Le pétrolier veut ainsi concurrencer les hypermarchés, qui lui ont ravi de nombreuses parts de marchés ces dernières décennies. La marque Elf disparaîtra au profit de Total Access.

L’Etat espère peut-être que ces dernières nouvelles contribueront à réduire son énorme endettement. Pour le réduire, l’Assemblée nationale a adopté mercredi (à 163 voix contre 97) les premières mesures du plan de rigueur, présenté fin août par le gouvernement. Les députés ont également approuvé le plan d’aide à la Grèce, constitué d’une garantie de l’Etat pour des prêts de 159 milliards d’euros.

La Cour constitutionnelle allemande a elle aussi validé mercredi le plan d’aide à la Grèce en pleine crise de l’euro. Les juges ont rejeté la plainte de plusieurs économistes et d’un député allemand, qui accusaient le plan d’être anticonstitutionnel parce qu’il violerait la souveraineté budgétaire de l’Etat fédéral. Toute nouvelle mesure d’aide devra toutefois être validée par la commission des finances du Parlement allemand, ce qui risque de ralentir un peu plus les décisions de la zone euro pour sauver d’urgence un pays en difficulté.

La décision de la Cour constitutionnelle a dû mettre du baume au coeur de la chancelière, Angela Merkel. Quelques jours après le décès de son père, son parti chrétien-démocrate (CDU) a essuyé un nouveau revers électoral dimanche dernier dans son fief, le Land du Mecklembourg-Poméranie antérieure. C’est la quatrième défaite du CDU dans les cinq élections locales qui se sont déroulées cette année.

En Libye, Mouammar Kadhafi n’a pas encore reconnu sa défaite. Plusieurs centaines de véhicules officiels ont passé la frontière avec le Niger, transportant probablement d’anciens hauts responsables du régime déchu. On ignore cependant si l’ex-« Guide » était dans l’un d’eux. Dans un message vocal diffusé jeudi, il a démenti avoir fui et a affirmé se trouver en Libye. Sa fuite aurait largement de quoi être financée, puisque la Banque centrale libyenne a annoncé que 20% des réserves d’or du pays (soit environ 1 milliard de dollars) auraient été vendus par Mouammar Kadhafi dans les jours qui ont précédé sa chute. Deux villes sont encore aux mains des kadhafistes : Syrte et Bani Walid, qui ont jusqu’à samedi pour se rendre pacifiquement avant un assaut militaire.

En Syrie, la contestation commence à perdre son aspect pacifique et menace de tomber dans la guerre civile. Au moins onze membres des forces de sécurité auraient été tués, mercredi à Naeima (sud), par un engin explosif, selon l’agence de presse officielle du régime. La répression, elle, se poursuit, avec la mort d’au moins vingt personnes cette semaine. La France a officiellement accusé le régime syrien de se « livrer à des crimes contre l’humanité ».

Une bombe a également explosé, mercredi, devant la Haute cour de New Delhi, en Inde, tuant au moins 12 personnes et en blessant près de 80 autres. L’attentat a été revendiqué par… deux groupes : des islamistes basés au Pakistan et d’autres se présentant comme les « Moudjahidines indiens ». Trois personnes ont été arrêtées jeudi par la police dans la région du Cachemire, à majorité musulmane.

Le Pakistan voisin a lui aussi connu une attaque terroriste cette semaine. Au moins 27 personnes ont été tuées mercredi dans un double attentat suicide à Quetta, au sud-ouest du pays. Il a été revendiqué par les talibans, semble-t-il en représailles de l’arrestation d’un dirigeant d’Al-Qaida lundi dans le pays.

Au Japon, ce ne sont pas des attentats qui se répètent, mais des catastrophes naturelles. Après le séisme et le tsunami du 11 mars, qui ont fait plus de 20 000 morts, le typhon Talas a balayé le pays le week-end dernier, faisant au moins 100 morts et disparus dans les inondations et les glissements de terrain. C’est le typhon le plus meurtrier depuis 2004 dans l’Archipel. (Voir la vidéo, en anglais)

Du côté des sports, l’équipe de France de basketball s’est qualifiée pour les quarts de finale de l’Euro, qui se déroule actuellement en Lituanie. Les Bleus ont d’abord fait le plein de points, lors du premier tour, en battant vendredi 2 septembre les Allemands (79-65) de manière convaincante, avec un Tony Parker époustouflant. Ils ont en revanche peiné le lendemain face à l’Italie (91-84) avant de venir à bout de la Serbie lundi soir (97-96 après prolongation), terminant ainsi invaincu à la fin du premier tour. Une invincibilité prolongée mercredi grâce à la victoire acquise dans la douleur contre la Turquie (68-64) puis celle contre la Lituanie, pourtant chez elle, vendredi (73-67).

 


 

EN BREF

 

 

En France…

 


 

Dans le monde…

 


 

Dans les sports…

  • La France est repartie des championnats du monde d’athlétisme de Daegu (Corée du Sud) avec quatre médailles. Samedi dernier, Christophe Lemaitre a pulvérisé le record français du 200 mètres en 19 »80 (contre 20″ »16 depuis 1987), terminant troisième derrière l’intouchable Jamaïcain Usain Bolt (qui a effacé sa déconvenue de la semaine dernière) et l’Américain Walter Dix. Le lendemain, c’est dans l’épreuve du 100 mètres par équipes que la France a décroché l’argent derrière… la Jamaïque (qui, à cette occasion, a battu le record du monde en 37 »04). (Voir la vidéo)

 

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