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Alexandre

La crise de la dette a pris une ampleur supplémentaire cette semaine. Les Bourses du monde entier ont continué leur dégringolade entamée en fin de semaine dernière avant de se reprendre nettement vendredi. Peu avant, mercredi 10 août avait été une journée noire, notamment pour les banques françaises (Société générale en tête, suivi de BNP et du Crédit agricole), dont le cours des actions avait spectaculairement dévissé. Elles ont payé leur grande implication dans les dettes grecque, italienne et espagnole, qui n’inspirent pas confiance aux investisseurs. En outre, la Société générale a été victime d’une rumeur de faillite, lancée par le Daily Mail, un tabloïd britannique. L’Autorité des marchés financiers (AMF) a ouvert une enquête, tandis que le Daily Mail a présenté ses excuses. Une autre rumeur médiatique, plus persistante, a affirmé que le tabloïd avait pris sa source… dans une fiction du Monde. Une affirmation démentie par le Daily Mail comme par le quotidien français.

L’abaissement de la note des Etats-Unis (de « AAA » à « AA+ ») par l’agence Standard & Poor’s, vendredi dernier, en raison des mauvaises perspectives de la dette publique américaine (malgré le plan adopté par le Congrès quelques jours avant), a renforcé cette spirale négative. C’est la première fois que les Etats-Unis perdent la note la plus élevée. Concrètement, cela signifie que le pays va probablement devoir emprunter à des taux d’intérêts plus élevés -et, par là, aggraver sa dette publique. Cela peut aussi déstabiliser l’économie mondiale, le dollar étant la monnaie référente du système financier. Les autres agences de notation, elles, ont estimé « prématurée » l’abaissement de la note américaine mais ont prévenu qu’elles pourraient le faire avant 2013. Seuls treize pays dans le monde -dont la France- ont (pour l’instant) conservé leur note « AAA ». La situation a relancé le débat sur le pouvoir dont bénéficient, de facto, les agences de notation, dont les notes peuvent entraîner des conséquences considérables.

Les conséquences de la mort d’un père de famille dans le quartier de Tottenham, au nord de Londres, ont elles aussi été considérables : elle a résulté en de violentes émeutes dans plusieurs villes du Royaume-Uni cette semaine. Samedi, une manifestation en mémoire d’un père de famille, Mark Duggan, tué par la police quelques jours avant, a dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre, blessant une trentaine de personnes. Les émeutes ont continué les jours suivants, et se sont même étendues à Birmingham, Liverpool, Bristol puis à Manchester avant se calmer à partir de mercredi.

Les violences ont fait cinq morts : deux à Londres (dont un homme de 26 ans tué par balles, lundi soir) et trois à Birmingham, écrasés par une voiture mardi soir. Au moins 1 600 personnes ont été arrêtées et 16 000 policiers ont été appelés en renfort. Le souvenir d’un policier lynché à Tottenham en 1985 est dans tous les esprits. Si les violences pouvaient à l’origine être expliquées par un ras-le-bol contre l’attitude de la police et, plus généralement, par un contexte économique difficile, de nombreux pilleurs ont grossi les rangs des émeutiers. David Cameron, qui a spécialement interrompu ses vacances, a annoncé que l’armée pourrait être mobilisée sur de futures émeutes. Il a pointé les « insuffisances » face aux violences de la police, qui lui a répliqué en pointant les baisses d’effectifs.

En Nouvelle-Calédonie, territoire d’outre-mer français, ce n’est pas une manifestation mais un conflit commercial entre la compagnie aérienne Aircal et ses usagers qui a mortellement dégénéré, samedi dernier. Alors que l’aéroport de l’île de Maré est bloqué depuis le 22 juillet par des voyageurs qui protestent contre le prix des billets d’avions -menaçant la compagnie d’un dépôt de bilan-, les habitants de l’île sont venus déloger les usagers. Les affrontements sur fond de bataille de clans, très violents, ont entraîné la mort de quatre personnes et la blessure d’au moins treize autres. Marie-Luce Penchard, ministre de l’Outre-mer, a annoncé la mise en place d’une médiation via les autorités religieuses de l’île.

La médiation ne semble, en revanche, pas la voie choisie par les autorités en Syrie, où plus de 50 civils ont été tués par l’armée, dimanche dernier. C’est notamment à Deir ez Zor, dans l’est du pays, que les violences ont été les plus meurtrières. Dans le même temps, le régime de Bachar al-Assad semblait pourtant prêt à faire des concessions en annonçant le multipartisme et des élections « libres et transparentes » avant la fin de l’année. Las : la répression a continué pendant la semaine, une trentaine de civils ayant été tués mardi à Hama (centre) et Binnich (nord). La Syrie est de plus en plus isolée diplomatiquement après que les pays arabes ont enfin réagi, la Ligue arabe exigeant de Bachar al-Assad qu’il « arrête la machine de mort et l’effusion de sang ». L’Arabie saoudite a rappelé son ambassadeur, suivie par Bahreïn et le Koweït. Mercredi, le président syrien a reconnu « des erreurs » devant une délégation du Conseil de sécurité de l’ONU mais, en parallèle, le président de la Ligue syrienne des droits de l’homme a été arrêté et l’armée a investi deux nouvelles villes. Onze civils sont morts ce jour-là, puis au moins dix autres le lendemain lors de manifestations massives.

En Libye, sale semaine pour la rébellion. Son organe représentatif, le Conseil national de transition (CNT) est en proie aux dissensions depuis la mort mystérieuse du chef militaire des insurgés, le général Abdel Fatah Younès, le 28 juillet à Benghazi alors qu’il se rendait à une convocation du conseil. Moustapha Abdeljalil, le président du CNT, a suspendu lundi le bureau exécutif, l’équivalent d’un gouvernement. Le Premier ministre, Mahmoud Jibril, a été chargé de former une nouvelle équipe. Pour ne rien arranger, le régime de Mouammar Kadhafi a diffusé cette semaine une vidéo de Khamis Kadhafi, le fils du dirigeant libyen, que la rébellion affirmait avoir tué la semaine dernière…

Sale semaine également pour l’Otan en Afghanistan, où trente-huit soldats, dont 30 membres des forces spéciales américaines, sont morts samedi dernier dans le crash de leur hélicoptère. Ils sont tombés dans un piège tendu par les talibans. Le lendemain, deux légionnaires français ont été tués dans la vallée de Tagab. Ils pourraient être tombés sous les balles de tirs « amis ». Jeudi, c’est un autre soldat français qui a été tué et quatre autres blessés par l’explosion d’une bombe au passage de leur véhicule. Ces trois nouveaux décès portent à 73 morts le bilan de l’engagement français en Afghanistan depuis 2001.

 


 

EN BREF

 

 

En France…

  • Un médecin de l’hôpital de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) a été mis en examen, vendredi, pour « empoisonnement sur personnes particulièrement vulnérables ». Il est soupçonné « d’euthanasie active » sur quatre personnes âgées en fin de vie au cours des cinq derniers mois. Le médecin a affirmé ne pas regretter son geste, préférant « prendre le problème [de l’euthanasie] à bras le corps ».

  • L’ancienne résistante australienne Nancy Wake s’est éteinte dimanche dernier à Londres à l’âge de 98 ans. Surnommée « la souris blanche » par les nazis auxquels elle échappait constamment, Nancy Wake a contribué à faire sortir de France plus de 1 000 soldats alliés, résistants et juifs pendant la Seconde guerre mondiale. Elle a reçu pour cela une dizaine de médailles.

 


 

Dans le monde…

  • Nafissatou Diallo, qui accuse Dominique Strauss-Kahn de l’avoir violée le 14 mai à New York, a déposé plainte auprès de la justice civile du quartier du Bronx de la ville, ouvrant ainsi un « nouveau front » en parallèle des poursuites pénales. Dans le document (disponible en PDF), la femme de chambre et ses avocats détaillent « l’agression violente et sadique » par l’ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI), qui aurait « infligé volontairement une détresse émotionnelle à Mme Diallo ». Ils demandent des dommages et intérêts, nouvelle preuve, selon les avocats de « DSK », que les motivations de Nafissatou Diallo « ne sont autres que de se faire de l’argent ».

 


 

Dans les sports…

  • L’équipe de France de football a été accrochée par le Chili, mercredi, lors d’un match amical à Montpellier (1-1, voir le résumé du match en vidéo). Les Bleus se sont dits satisfaits de leur prestation avant la reprise des éliminatoires de l’Euro 2012, en septembre. La France est actuellement en tête du groupe D.

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