La France prépare son déconfinement, le reste de l’Europe aussi : résumé de la semaine

Le Premier ministre français Edouard Philippe présente, jeudi 7 mai, le plan de déconfinement après 52 jours de confinement. Photo : Christophe ARCHAMBAULT / POOL / AFP.

France

Vendredi 8 mai 2020, le nombre de cas confirmés en France s’élevait à 137 779, et le nombre de décès cumulés à 25 987. La carte du déconfinement pour le 11 mai a été présentée jeudi 7 mai par le Premier ministre Edouard Philippe. Elle sépare désormais les départements en deux catégories : rouge et vert. Tous les départements des quatre régions du quart nord-est de la France (Hauts-de-France, Grand-Est, Bourgogne-Franche-Comté et Ile-de-France) sont classés en rouge, ainsi que le département de Mayotte, où le déconfinement est « retardé » en raison de l’augmentation du nombre de cas positifs au coronavirus. Les départements en vert, qui connaissent une faible circulation de l’épidémie, moins de 60% de lits de réanimation occupés et une capacité suffisante de tests de dépistage du Covid-19 par prélèvement nasal, ont quelques avantages, comme l’ouverture des parcs et jardins, et la réouverture progressive des collèges avec une limite de 15 élèves par classe et le port des masques obligatoires.

Le déconfinement engagé. « Au vu des résultats sanitaires enregistrés ces derniers jours, la levée progressive du confinement peut être engagée ce lundi 11 mai », a annoncé le Premier ministre Edouard Philippe, lors de son allocution télévisée, jeudi 7 mai. Ce plan de déconfinement, approuvé par l’Assemblée nationale mardi 28 avril, a été rejeté par le Sénat lundi 4 mai, à 89 voix contre 81 et 174 abstentions. Bruno Retailleau, sénateur LR a dénoncé « un pari à quitte ou double » sur le nombre de masques disponibles à partir du lundi 11 mai. Ce vote, symbolique, comme celui à l’Assemblée nationale, était davantage un « signal envoyé au gouvernement en leur disant : changez votre méthode, votre façon de faire » a jugé la sénatrice PS, Laurence Rossignol.

« Désinfox coronavirus » : le gouvernement retire de son site la section anti-fake news sur la pandémie. Mardi 5 mai, le ministre de la Culture Franck Riester a annoncé le retrait de la rubrique mise en place par le gouvernement, qui recensait des articles de fact-checking sur le Covid-19. Un tweet de la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, avait mis en avant l’initiative du Service d’information du gouvernement (SIG).

De nombreuses rédactions ont réagi à cette initiative, déclarant que ce n’est pas le rôle du gouvernement de choisir quels sont des articles fiables ou non. Parmi les articles recensés, beaucoup étaient issus de l’AFP, Le Monde, Libération« C’est comme si, pour le gouvernement, seuls cinq médias parisiens faisaient correctement leur travail », a fustigé Emmanuel Poupard, premier secrétaire général du Syndicat national des journalistes (SNJ).

Nicolas Hulot propose des pistes pour un « nouveau monde », 200 artistes et scientifiques appellent à un changement des habitudes de consommation. Mercredi 6 mai, deux tribunes en faveur d’un « monde d’après » engagé pour l’écologie ont été publiées sur le site du journal Le Monde. La première, signée par Nicolas Hulot, ancien ministre de la Transition écologique et solidaire, est une tribune (réservée aux abonnés) recensant cent propositions pour « réparer la planète », « relocaliser des pans entiers de l’économie », « entendre la jeunesse », « de la dignité pour tous ». En parallèle, la Fondation Nicolas Hulot a lancé son site Le Temps est Venu pour inviter les internautes à partager les cent propositions. La deuxième tribune, signée par 200 artistes et scientifiques, initiée par l’actrice Juliette Binoche et l’astrophysicien Aurélien Barrau, est un appel à une réforme « en profondeur [de] nos modes de vie, de consommation et nos économies ». Selon eux, la crise sanitaire a permis à la population de « faire face aux questions essentielles » et a mis en avant les problèmes systémiques de nos modes de vie.

Le sénat adopte une version modifiée de la prolongation de l’état d’urgence sanitaire. Le texte, adopté en première lecture mardi 5 mai au Sénat, a subit de lourdes modifications pour intégrer les nouveaux enjeux du déconfinement. Les sénateurs ont par exemple adopté l’article 6 concernant la création d’un « système d’information » pour identifier les personnes touchées par le Covid-19 et leurs contacts. Ils ont demandé en échange des « garantis » de la part du gouvernement, comme la possibilité de refuser cette identification, ou la limitation de la dérogation du secret médical à la durée de l’état d’urgence. De plus, le Sénat a refusé que le gouvernement légifère sur ces questions par ordonnance et a créé une instance de contrôle. Le ministre de la Santé et des Solidarités, Olivier Véran, a rappelé que ce « système d’information » de l’article 6 n’avait pas de rapport avec l’application StopCovid. Enfin, les sénateurs ont raccourci le temps de prolongation de l’état d’urgence sanitaire du 24 juillet, date initialement demandée par le gouvernement, au 10 juillet.

Emmanuel Macron dévoile son plan d’aide pour la culture. En visioconférence avec de nombreux artistes dont Catherine Ringer, Sandrine Kiberlain ou encore Sébastien Daucé, le président de la République a détaillé, mercredi 6 mai, les principales mesures pour aider le mmonde de la culture, notamment : la prolongation des droits des intermittents jusqu’en août 2021, la réouverture, dès le 11 mai, des bibliothèques, des librairies et de certains musées ou encore un fonds d’indemnisation pour les séries et les films. Ce plan répondait à une mobilisation croissante, ces derniers jours, de personnalités du monde du spectacle pour demander « une année blanche » suite à la crise du coronavirus. D’abord sous forme de pétitions des collectifs « Année noire » et « Culture en danger » puis dans une tribune publiée dans Le Monde jeudi 30 avril. De nombreuses personnalités du secteur dont Catherine Deneuve, Jean Dujardin, Léa Seydoux ou encore Omar Sy, interpellaient alors Emmanuel Macron en lui demandant de prolonger les droits des intermittents du spectacle.

Monde

Le déconfinement progresse peu à peu en Europe durant le début du mois de mai​. L’Autriche avait été l’un des premiers pays à enclencher le déconfinement, dès le 14 avril. « Nous avons parfaitement réussi cette première phase d’ouverture », a estimé Rudolf Anschober, ministre autrichien de la Santé, mardi 5 mai. La réouverture des cafés et restaurants est prévue le 15 mai en Autruiche et celle des écoles trois jours plus tard. Lundi 4 mai, plusieurs pays européens ont également commencé à prendre des mesures afin d’alléger le confinement. La population italienne est désormais autorisée à sortir, notamment pour travailler, avec des règles différenciées selon les régions. En Espagne, également un des pays les plus touchés, la vie a repris prudemment. Les petits commerces ont commencé à réouvrir. Une quinzaine de pays tel que la Belgique, le Portugal, la Serbie, la Pologne, la Grèce, etc. ont entamé le déconfinement avant que la France ne s’y mette à son tour.

L’Afrique du Sud paie le plus lourd tribut de la pandémie du Covid-19 sur le continent africain. Selon un bilan du 5 mai, le virus a contaminé 7 220 personnes et tué 138 personnes en Afrique du Sud. Malgré l’avancée de l’épidémie, le gouvernement a autorisé dès le 1er mai plus d’un million et demi de travailleurs à reprendre leur travail, dans les secteurs du bâtiment, de la maintenance et du textile. A en croire les autorités, depuis cinq semaines, la pandémie de coronavirus a été ralentie grâce aux mesures barrières mises en place dans tout le pays. Selon le président Cyril Ramaphosa, plusieurs quartiers et banlieues ont été soumis à un dépistage de masse afin de riposter au virus.

Coronavirus : l’OMS préconise des tests rigoureux sur la pharmacopée traditionnelle en Afrique. Pour l’organisation mondiale de la santé, il est important que les produits contre le Covid-19 fabriqués à partir de la pharmacopée africaine subissent des analyses avant leurs essais cliniques à grandes échelles. L’annonce a été faite lundi 4 mai par le bureau régional de l’institution onusienne de la santé : « Les Africains méritent d’utiliser des médicaments testés selon les normes qui s’appliquent aux médicaments fabriqués pour les populations du reste du monde. » Fabriqué à Madagascar à base d’une plante, l’artemisia, le Covid-Organics a un « effet préventif et curatif » selon l’Institut malgache de recherches appliquées, ce dont doutent d’autres scientifiques. Ce remède a été vanté par le président malgache Andry Rajoelina ainsi que dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale. Avec moins de 2 000 morts, le continent africain reste un des continents les moins touchés par la pandémie de Covid-19, qui a déjà coûté la vie à près de 250 000 personnes dans le monde.

Un anticorps clé du coronavirus isolé par des chercheurs israéliens. Des chercheurs de l’Institut israélien de recherche biologique (IIBR) ont affirmé avoir isolé un anticorps clé du Covid-19, , selon un communiqué publié lundi 5 mai par le ministère israélien de la Défense. Son nom : anticorps monoclonal neutralisant. Développé par le laboratoire, il serait capable de « neutraliser » le virus chez les personnes touchées. Le ministre de la Défense, Naftali Bennett, qui s’est rendu sur place, s’est dit « fier des membres de l’Institut qui sont à l’origine de cette avancée extraordinaire ». L’IIBR essaie désormais de faire breveter cette découverte, dernière étape avant d’approcher « des firmes nationales pour produire l’anticorps à l’échelle commerciale ». Aucune précision n’a été donnée concernant de possibles essais en cours sur des êtres humains.

D’ici juin, les États-Unis vont emprunter 2 999 milliards de dollars pour relancer l’économie. Cet emprunt d’argent est permis grâce à des émissions d’obligations, principal marché de la dette mondiale, échelonné sur quelques mois, d’avril à juin 2020. Il s’agit d’un record d’endettement pour les États-Unis. À titre de comparaison, la première puissance mondiale n’a emprunté que 1 300 milliards de dollars sur l’ensemble de l’année 2019. La Réserve fédérale, équivalent de la Banque centrale européenne, s’est dit prête à acheter « autant de dettes que possible pour aider le pays à faire face aux conséquences économiques de la pandémie ».

Airbnb va licencier un quart de ses employés. Durement touchée par la crise sanitaire liée au Covid-19, la société de location de logements en ligne Airbnb a décidé de se séparer de 1 900 salariés, afin de réaliser 800 millions de dollars d’économies et pour mieux préparer son entrée en bourse (prévue en septembre 2020, ndlr). Mardi 5 mai, dans un courrier adressé à ses employés, Brian Chesky, le directeur général de l’entreprise a précisé : « Nous vivons collectivement la crise la plus pénible de notre vie […]. Les activités d’Airbnb ont été durement frappées, avec un chiffre d’affaires qui devrait être divisé par plus de deux cette année, par rapport à 2019. » Les salariés touchés par cette vague de licenciements bénéficieront d’indemnités équivalentes à quatre mois de salaire, et pourront conserver leur mutuelle de santé pendant un an, selon une source proche répondant à l’agence Reuters. D’autres multinationales ont annoncé des plans de départs importants. C’est le cas d’Uber, qui a confirmé mercredi 6 mai la suppression de 3 700 emplois, soit près de 14 % de ses employés.

 

TELEX

Monde. Kévin Clément, légionnaire français de 21 ans, a perdu la vie lors d’une opération militaire au Mali. Au Niger, des affrontements ont opposé forces armées nigériennes et jihadistes à Diffa, au sud-ouest du pays. Plusieurs échanges de coups de feu ont eu lieu à la frontière entre les deux Corée, des « tirs accidentels » selon les États-Unis. Au Venezuela, quinze personnes, dont deux Américains, ont été arrêtées pour tentative « d’invasion » selon le président Nicolàs Maduro. ◊◊◊ En France, une enquête pour « torture » vient d’être ouverte dans le cadre de l’interpellation des lycéens de Mantes-la-Jolie. ◊◊◊ Loisirs. Le chanteur Idir, légende de la musique kabyle dans le monde, est décédé à l’âge de 70 ans.

Et parce que l’info sans corona existe toutes les semaines, voici le podcast de revue de presse de l’actualité détoxifiée, réalisé par quatre étudiants de l’EPJT. « À part le corona, il se passe quoi ? » est à écouter en direct sur les ondes de Prun 92 FM, à Nantes, et sur Radio Campus Tours. Pour écouter le dernier podcast, cliquez ici.

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