Les Français poursuivent leur déconfinement, Donald Trump s’en prend à l’OMS : résumé de la semaine

Si beaucoup de plages ont réouvert sur les littoraux français, comme sur cette photo à la Grande Motte, dans l’Hérault, où des délimitations ont été mises en place pour respecter les distanciations physiques, les mairies restent très attentives aux comportements des personnes. En Bretagne, des maires ont demandé au Préfet d’interdire à nouveau l’accès à certaines plages en raison d’incivilités constatées. Photo : Clément MAHOUDEAU / AFP.

France

Les cas de réanimation en diminution​. Deux semaines après la levée du confinement, moins de 1 800 personnes étaient hospitalisées en réanimation dans les hôpitaux français, jeudi 21 mai. Ce nombre de patients, indicateur important de la pression sur le système hospitalier, poursuit sa décrue, avec 1 745 cas graves en réanimation. Depuis le début de l’épidémie, 17 635 personnes ont été hospitalisées en réanimation, pour un total de 99 822 personnes ayant dû être hospitalisées pour cause de Covid-19, a précisé le directeur général de la santé, Jérôme Salomon. Quatre régions, l’Île-de-France, le Grand-Est, l’Auvergne-Rhône-Alpes et les Hauts-de-France regroupaient, jeudi 21 mai, 72% de ces patients hospitalisés en réanimation. Le bilan de l’épidémie de coronavirus s’établissait à au moins 28 215 morts.

 

Emmanuel Macron reconnaît des erreurs dans sa politique de santé. En visite surprise dans l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, le 15 mai, le président de la République a été vivement interpellé par des soignants. Ces derniers ont notamment critiqué la non-revalorisation de leurs salaires et le manque de matériel de protection pour faire face à l’épidémie de Covid-19. Emmanuel Macron a alors promis de « mettre fin » à la « paupérisation » du personnel soignant. Il a annoncé qu’Olivier Veran, ministre de la Santé, travaillerait sur une nouvelle stratégie d’investissement dans les hôpitaux publics. Le 18 mai, le chef de l’État a cependant assuré sur BFMTV que la France n’avait connu aucune rupture de masques durant l’épidémie.

Le Conseil d’État ordonne la levée de l’interdiction de réunion dans les lieux de culte. Mise en place dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, l’interdiction « générale et absolue » de se réunir dans les lieux de culte a été jugée disproportionnée par le Conseil d’État, plus haute juridiction administrative, lundi 18 mai. Le juge des référés du Conseil d’État a considéré que la liberté de culte constitue un « droit fondamental » et que des « mesures d’encadrement moins strictes » peuvent être envisagées en raison de l’autorisation des rassemblements de moins de dix personnes. Cette interdiction a été décrite comme une « atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de culte ». Le juge a enjoint le Premier ministre de lever cette mesure sous un délai de huit jours. Le Conseil d’État avait été saisi par plusieurs associations et par Jean-Frédéric Poisson, au nom de son parti, le parti chrétien démocrate.

Le Conseil d’Etat interdit les drones de surveillance pendant le déconfinement. La plus haute juridiction administrative avait été saisie par la Ligue des droits de l’homme et la Quadrature du net. L’utilisation de ces drones par la police pendant le déconfinement étaient pour eux une atteinte au respect de la vie privée. Le 18 mai, le Conseil d’Etat s’est prononcé en faveur des associations. Il a notamment noté l’absence de cadre juridique concernant leur utilisation et la récolte de données qui en résulte. Il a aussi été question de la possibilité d’identifier des personnes grâce à ces drones. L’exécutif disait vouloir repérer la formation d’attroupements interdits en période de déconfinement afin de les disperser.

Des plages sont fermées quelques jours après leur réouverture à cause d’« incivilités ». Les maires de cinq communes du Morbihan ont demandé au préfet de fermer les plages de leurs villes. Des arrêtés ont été pris par la préfecture dans ce sens, mercredi 20 mai. Les plages de Billiers, de Damgan, d’Erdeven, La Trinité-sur-Mer et Saint-Philibert sont interdites au public depuis le 20 mai, à la veille du pont de l’Ascension. Ces décisions ont fait suite à un non-respect des règles de distanciations, du principe de la plage dynamique et à des dégradations des aménagements mis en place par les municipalités constatés le week-end précédent. Sur les littoraux français, beaucoup de plages avaient rouvert en mode « dynamique » le week-end du 16 mai, la position statique allongée y est interdite.

Reprise des cours en zone verte. Lundi 18 mai, 185 000 élèves de sixième et cinquième sont retournés en classe dans les zones vertes. Ils ont suivi les 1,4 million d’écoliers de maternelle et primaire qui avaient repris l’école la semaine précédente. Ces collégiens ont suivi un protocole sanitaire strict avec l’obligation de porter un masque « dans toutes les situations où le respect des règles de distanciation n’est pas garanti ». Les collégiens en zone rouge, les 4e, 3e et les lycéens ont poursuivi l’enseignement à distance. Depuis le 11 mai, 40 000 écoles ont rouvert et 70 d’entre elles ont fermé pour des cas « déclarés à l’extérieur de l’école » a fait savoir le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, lundi 18 mai. 

Des nouveaux cas de Covid 19 recensés dans des abattoirs. Des nouveaux clusters ont été découverts en France dimanche 17 mai dans trois abattoirs. En tout, 69 personnes ont été testées positives dans l’abattoir de Kerméné, en Bretagne, une vingtaine de cas ont été détectés dans un établissement de Vendée et 34 autres ont été confirmés à Fleury-les-Aubrais, près d’Orléans. Ce dernier abattoir envisage sa réouverture lundi 25 mai « dans de bonnes conditions de sécurité sanitaire », a annoncé le préfet du Loiret, Pierre Pouëssel. Les abattoirs ont continué à fonctionner pendant le confinement, et certains employés anonymes affirment que les mesures barrières n’étaient pas respectées dans les usines.

 

 Monde

Donald Trump hausse le ton vis-à-vis de l’Organisation mondiale de la santé​. En pleine pandémie internationale – ​qui a fait plus de 333 000 morts dans le monde, d’après le bilan du 22 mai de l’université Johns Hopkins, aux États-unis – le Président américain a ouvertement lancé, le 18 mai, un ultimatum de 30 jours sur Twitter à l’Organisation mondiale de la santé (OMS)​. Dans une lettre envoyée au directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, Donald Trump a menacé de suspendre indéfiniment la contribution (de 506 millions d’euros) et l’adhésion des États-Unis à l’organisation onusienne si elle n’effectue pas une restructuration interne. Accusant l’organisation internationale de complaisance avec la Chine, et de mauvaise gestion de la crise du Covid-19, le Président américain avait déjà émis de telles menaces mi-avril. L’OMS perdrait ainsi son plus gros contributeur.

 

L’Amérique latine fait face à une montée en puissance des cas de contamination. Malgré plus de 20 000 morts et 310 000 cas, vendredi 22 mai, au Brésil, le Président Jair Bolsonaro a continué de minimiser l’importance du virus et contester l’idée du confinement. Le pays manque cruellement de moyens matériels et humains et doit réagir dans l’urgence en construisant des cimetières de fortune. Une forte hausse de décès et de contaminations est aussi recensée au Chili (57 780 cas, 589 morts), en Colombie (18 330 cas, 652 morts) et au Nicaragua (279 cas, 17 morts), accusé par l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) de mauvaise comptabilisation.

Des manifestations anti-confinement se multiplient partout dans le monde. Les rassemblements de lutte contre les mesures de confinement prévues pour enrayer la propagation du Covid-19 ont augmenté aux quatre coins du globe. En Allemagne, comme chaque week-end depuis le début du mois d’avril, ils étaient des milliers à manifester samedi 18 mai. Au Brésil, ces rassemblements sont fréquents et soutenus par le chef de l’Etat Jair Bolsonaro, qui s’est déplacé parmi les protestataires à plusieurs reprises. Aux États-unis, où ils existent depuis le début du verrouillage du pays, certains manifestants se déplacent armés. De la Suisse à l’Espagne, en passant par la Pologne, ces manifestations initialement spontanées ont pris de l’ampleur mais elles restent minoritaires.

 

L’OMS se prononce pour un accès universel aux traitements du Covid-19. Mardi 19 mai, les 194 États membres de l’OMS ont approuvé un texte demandant aux États de rendre accessible au monde entier les traitements (dont un éventuel vaccin) contre le coronavirus. Washington s’est désolidarisé de cette résolution, mais ne s’est pas pas opposé au vote malgré les menaces de Donald Trump de retirer les États-Unis de l’OMS. Enfin, le texte demande aussi une évaluation indépendante de la gestion de la crise par l’organisation onusienne.

Berlin et Paris s’accordent sur un plan de relance économique. La Chancelière allemande Angela Merkel et le Président français Emmanuel Macron ont signé, lundi 18 mai, un plan d’action européen de 500 milliards d’euros pour redresser l’économie européenne. Pour faire face aux répercussions de la crise de Covid-19, l’accord a été annoncé par les deux représentants comme un « fonds de relance ambitieux, temporaire et ciblé ». Avec des emprunts « au nom de l’Union Européenne » aux marchés, le plan s’oriente en priorité vers les pays les plus touchés, avec des dépenses ciblées. « Ce ne seront pas des prêts mais des dotations » pour certaines économies, a assuré Emmanuel Macron. Une stratégie commune autour de la souveraineté sanitaire a également été proposée, avec notamment le renforcement de stocks communs de ressources pharmaceutiques pour l’ensemble des 27 membres de l’UE.


L’ONU alerte sur la pauvreté extrême qui menace l’Afrique.
Dans un communiqué publié mercredi 20 mai, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a déclaré que des millions de personnes « pourraient basculer dans la pauvreté extrême » et dans la malnutrition suite à la pandémie, qui « aggravera les inégalités existantes ». Le nombre de cas recensé sur le continent est de 2 500 morts, mais selon M. Guterres le virus n’en est « qu’à ses débuts ». Via ce communiqué, il a appellé à la « solidarité mondiale » avec l’Afrique, à investir « 200 milliards de dollars de soutien additionnel » et adopter un « gel généralisé de la dette des pays qui ne peuvent pas en assurer le service ».

 

TELEX

Monde. En Israël, la Knesset met fin à une longue crise politique. Les députés ont approuvé le gouvernement d’union entre Benyamin Netanyahu et Benny Gantz. En Afghanistan, le président Ashraf Ghani, et son rival Abdullah Abdullah ont signé un accord de partage du pouvoir. La présidente de Taïwan,Tsai Ing-wen a inauguré son second mandat de quatre ans. Le Mali est devenu le premier pays africain à obtenir la suspension du paiement de sa dette pour l’année en cours. Le Rwandais Félicien Kabuga, argentier du génocide des Tutsis a été arrêté à Paris. ◊◊◊ France. Le parti présidentiel est descendu sous la barre symbolique des 289 députés, La République en Marche (LRM) ne dispose plus à lui seul de la majorité absolue au Parlement. Le tribunal de commerce a placé le distributeur Presstalis en redressement judiciaire, ses filiales en régions sont liquidées. Le nombre de déclarations d’embauche de plus d’un mois a chuté de 65% en avril, a indiqué l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss). ◊◊◊ Loisirs. Il n’y aura pas de trophées UNFP (Union nationale des footballeurs professionnels) cette année, a annoncé le syndicat organisateur. La reprise de la Bundesliga (championnat de football professionnel allemand) s’est traduit par un record d’audience pour la Sky Allemagne. La footballeuse américaine, Megan Rapinoe, a une nouvelle fois taclé Donald Trump et n’exclut pas une carrière dans la politique. La « remontada » et 150 nouveaux mots font leur entrée dans l’édition 2021 du Petit Larousse. Michel Piccoli s’est éteint à l’âge de 94 ans. L’acteur français s’est essayé à tous les genres du cinéma avant de se faire connaître du grand public en jouant dans Le Mépris de Jean-Luc Godard.

Et n’oubliez pas de prêter une oreille au podcast de revue de presse de l’actualité détoxifiée, réalisé par quatre étudiants de l’EPJT. « À part le corona, il se passe quoi ? » est à écouter en direct sur les ondes de Prun 92 FM, à Nantes, et sur Radio Campus Tours. Pour écouter les derniers podcasts, cliquez ici.

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