Créés en 1929, les Oscars, aussi appelés Academy Awards, célèbrent l’excellence du cinéma américain et international. Chaque année, la cérémonie a lieu à Los Angeles. Elle est organisée par l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences (AMPAS). Depuis plusieurs années, les actrices utilisent la plateforme donnée par cet événement pour dénoncer l’inégalité entre les hommes et les femmes dans la profession.

Au delà des différences de salaires, un autre problème se pose : les femmes sont sous-représentées lors des cérémonies. Depuis la création des Oscars, seulement 5 femmes ont été nommées dans la catégorie « meilleur réalisateur ». 5 femmes sur 451 nommés, soit seulement 1,10 %. Kathryn Bigelow est la seule à avoir décroché la fameuse statuette en 2010 pour son film Démineurs.

En 2017, selon le Women’s Media Center, 80% des nommés dans les catégories « non-acting » étaient des hommes. Entre 2005 et 2016, les femmes ne représentaient que 19% des nommées dans ces mêmes catégories.
Dès qu’il s’agit de la technique, le sexe féminin reste peu représenté. Exemple à l’appui, il faut attendre 2018 pour voir une femme nommée pour « meilleure photographie ». L’heureuse élue, Rachel Morrison pour Mudbound, repartira néanmoins bredouille.

L’édition 2019 des Oscars a-t-elle été différente ? Cela reste à débattre. Pour la catégorie « meilleur réalisateur », aucune femme n’a été nommée. Pourtant de nombreuses réalisatrices se sont fait remarquer cette année : Josie Rourke avec Mary Stuart Reine d’Écosse, Chloe Zhao avec The Rider ou encore Marielle Heller et Can You Ever Forgive Me ?.
La libanaise Nadine Labaki était, quant à elle, la seule présence féminine en lice pour l’Oscar du « meilleur film étranger » avec Capharnaüm. Alfonso Cuàron et son long-métrage Roma lui ont néanmoins été préférés.

Mais les réalisatrices étaient quand même présentes et gagnantes dans des catégories moins médiatisées : « meilleur documentaire », « meilleur court métrage documentaire », « meilleur court métrage d’animation ». Ruth E. Carter s’est aussi démarquée en gagnant l’Oscar des « meilleurs costumes » pour le film de super-héros Black Panther.

Ces victoires représentent-elles une envie de changement de la part de l’Académie ? Une chose est sûre, le manque de parité ne laisse plus indifférent.

En janvier 2018, 3 mois après le début du mouvement #MeToo, plus de 300 personnalités du cinéma lancent le mouvement Time’s Up. Ce dernier a pour but de lutter contre le harcèlement sexuel dans le milieu du cinéma mais aussi dans d’autres corps de métiers. Une plus grande présence des femmes dans les positions de pouvoirs ou des salaires et opportunités égales aux hommes se trouvent également parmi les revendications du projet.

À la 90e cérémonie des Oscars, deux mois plus tard, Time’s Up était partout. De nombreuses célébrités, comme l’actrice Jane Fonda ou le réalisateur Guillermo Del Toro, arboraient un pins au nom de l’association sur leurs élégants habits de soirée. Les leaders du mouvement Annabella Sciorra, Salma Hayek et Ashley Judd étaient même présentes.

Un des moments qui a le plus marqué les esprits reste le discours de l’actrice Frances McDormand. Après avoir reçu la statuette pour « meilleure actrice », elle demande à toutes les femmes nommées de se lever. « Nous avons toutes des histoires à raconter et des projets qui ont besoin de financements.» Elle termine en prônant plus d’inclusion et de diversité dans le milieu du cinéma.

Mais les actrices n’ont pas attendu le scandale Weinstein et l’ère #MeToo pour donner de la voix. En 2015, Patricia Arquette remporte l’Oscar du « meilleur seconde rôle féminin » pour son rôle dans Boyhood. Elle déclare sous les applaudissement de Meryl Streep : « C’est à nous tour d’avoir des salaires égaux une fois pour toute et des droits égaux pour toutes les femmes des États-Unis.»

Malgré les progrès, en 2019, les femmes restent sous-représentées dans les catégories techniques. Comme l’a déclaré, en 2017, la présidente du Women’s Media Center, Julie Burton, « Les femmes ne peuvent pas passer la porte et si elles ne peuvent pas passer la porte, elles ne peuvent pas être reconnue – et récompensées – pour leur excellence et leur impact ». De l’autre côté de l’Atlantique, en France, la situation n’est guère différente.

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