France

« Marche de la colère », 27 000 policiers réunis à Paris, mercredi. Ils revendiquent de meilleures conditions de travail, plus de sécurité, une justice efficace, une réforme des retraites qui prend en compte leurs spécificités. Le malaise est évident dans la profession : le nombre de suicide est en forte hausse (52 depuis le début de l’année, c’est déjà 17 de plus que pour la totalité de 2018). Le sentiment d’insécurité exprimé lors de la manifestation a malheureusement été illustré dès le lendemain. Quatre fonctionnaires, dont trois policiers, ont été tués, une autre grièvement blessée, dans les locaux de la Préfecture de police de Paris. Le meurtrier ? Un agent administratif de la Préfecture de police, employé à la direction des renseignements. L’homme, qui a été abattu, avait vingt ans de maison et n’avait jamais présenté de difficultés comportementales d’après Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur. Le motif de cette tragédie reste pour le moment inconnu. Vendredi en fin d’après-midi, le parquet antiterroriste a été saisi. Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris pour homicides volontaires et tentative d’homicide volontaire.

Défiance après l’incendie de Lubrizol. Depuis l’incendie de l’usine chimique classée Seveso, les réponses fournies par les autorités ont entraîné la suspicion des Rouennais. Sans compter les nombreuses fake news qui ont circulé sur les réseaux sociaux. Par transparence, la préfecture de Seine-Maritime a publié la liste des substances chimiques présentes dans l’entrepôt, mardi 1er octobre. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a reconnu mercredi 2 octobre, sur France Inter : « Personne ne sait exactement ce que donnent ces produits mélangés lorsqu’ils brûlent. » Les analyses sur la toxicité des suies sont en cours.

Le suicide d’une directrice d’école révélateur du mal-être des enseignants. Jeudi 3 octobre 2019, plus de 2 000 enseignants et directeurs d’école ont manifesté dans toute la France pour dénoncer leurs conditions de travail et surtout rendre hommage à Christine Renon, le jour de ses obsèques. Cette directrice d’école maternelle à Pantin (Seine-Saint-Denis), s’est suicidée samedi 21 septembre. Dans une lettre adressée aux autres directeurs d’école de Pantin et à la direction d’académie de Seine-Saint-Denis, elle évoquait son épuisement, sa solitude et des conditions de travail dégradées. Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, a annoncé jeudi 3 octobre l’ouverture d’un « comité de suivi » dont l’objectif sera d’améliorer la situation des directeurs d’établissements. Un professeur de SVT s’est également donné la mort le même jour que Christine Renon.

Emmanuel Macron engage le grand débat sur la réforme des retraites. Jeudi 3 octobre, le président s’est rendu à Rodez, dans l’Aveyron, pour lancer le cycle des débats sur l’uniformisation des retraites. Il s’est voulu rassurant et a répondu aux interrogations pendant près de quatre heures. Cinq cents personnes se sont déplacées pour l’occasion. Dans le même temps, une consultation citoyenne a été lancée pour « permettre à chacun de s’exprimer sur la mise en place d’un système universel ».

Procès Médiator, nouvelles auditions. Les laboratoires Servier sont jugés pour « tromperie aggravée » et « escroquerie » à la suite du scandale du Médiator. Ce médicament, supposé antidiabétique mais souvent prescrit comme coupe-faim, a provoqué de nombreux graves problèmes cardiaques. Trois experts de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) ont rédigé un rapport accablant en 2011. Ils sont, depuis le 1er octobre, auditionnés par le tribunal correctionnel de Paris. L’objectif est de comprendre pourquoi ce médicament n’a pas été retiré dès les premières craintes, en 1999, mais seulement en 2009. Anne-Carole Bendason, l’une des experts, estime que « la vie du médicament a été prioritaire sur la vie des malades ». 

Lire : Procès Médiator : trois inspecteurs entendus  sur la-croix.com 

La Miviludes transférée au ministère de l’Intérieur. La mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) va fusionner avec le comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalité (CIPDR) au 1er janvier 2020. Cette fusion est perçue comme l’abandon de la lutte contre les sectes. Pour Georges Fenech, président de 2008 à 2012, la fin du caractère interministériel signifie que la Miviludes ne traitera plus que la radicalisation religieuse, alors que les sectes sont présentes dans tous les domaines (santé, sport, éducation…). Matignon se veut rassurant et explique : « Les champs d’intervention de ces deux organismes ne se recouvrent pas totalement mais ils ont pour point commun la lutte contre les nouvelles formes de radicalité et certains phénomènes d’emprise et d’enfermement. » A noter que le budget de la lutte antisecte est en forte baisse.

Lire : La miviludes va-t-elle disparaître  sur franceinter.fr

Éric Zemmour poursuivi après son discours polémique à la Convention de la droite. Mardi 1er octobre, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « injures publiques » et « provocation publique à la discrimination, la haine ou la violence » à l’encontre du journaliste. Cette procédure concorde avec les 650 saisines du CSA par les téléspectateurs, choqués de la retransmission en direct du discours sur LCI. Le polémiste avait prononcé une violente diatribe islamophobe et xénophobe dans l’événement organisé par Marion Maréchal, samedi 28 septembre. Ses propos ont provoqué une vague d’indignation. Jeudi 3 octobre, la direction de RTL a décidé de prendre ses distances avec Éric Zemmour.

MONDE

Brexit. Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a présenté mercredi 2 octobre une « dernière offre » d’accord entre l’Union européenne et le Royaume-Uni. Elle prévoit notamment que l’ensemble des normes européennes s’appliquerait en Irlande du Nord jusqu’à la fin 2020, soit la fin de la période de transition de sortie de l’UE. Boris Johnson a déclaré espérer que les Vingt-Sept acceptent ce « compromis ». De son côté, Jean-Claude Junker, président de la Commission européenne, a relevé certains points problématiques. Il a notamment pointé du doigt le manque de garanties de contrôle pour les marchandises entrant dans l’UE à travers la frontière irlandaise. Quoi qu’il en soit, il reste peu de temps pour trouver un accord et éviter le « no deal », la sortie du Royaume-Uni de l’UE étant prévue le 31 octobre.

La République populaire de Chine a fêté ses 70 ans mardi 1er octobre. A Pékin, le président Xi Jinping a assisté à un gigantesque défilé militaire présentant les dernières avancées technologiques de l’Armée populaire de libération. Une véritable démonstration de puissance destinée à impressionner le rival américain, mais aussi à mettre sous pression les protestations hongkongaises. Les manifestants de l’ancienne colonie britannique ont en effet défilé de leur côté pour réclamer plus de démocratie. Des heurts ont éclaté avec les forces de l’ordre. Un des manifestants a été blessé par balle, une première depuis le début de la révolte en juin 2019. Londres a condamné cette violence « disproportionnée » et a appelé à « la retenue » des deux camps.

Législatives en Autriche. Dimanche 29 septembre, le parti conservateur autrichien ÖVP, dirigé par l’ancien chancelier Sebastien Kurz, a remporté les élections législatives avec 38,2 % des suffrages. Les sociaux-démocrates sont arrivés en deuxième position devant l’ancien parti de la coalition gouvernementale FPÖ (extrême droite), très affaibli après le scandale de l’Ibizagate et des affaires de détournements de fonds publics. En recueillant 14 % des suffrages, les verts sortent de ces élections avec un score honorable. L’ÖVP devra former une coalition avec l’un de ces partis.

Tunisie. Le magnat des médias, Nabil Karoui, reste en prison. La chambre d’accusation de la cour d’appel de Tunis a rejeté sa demande de remise en liberté. Candidat à la présidentielle, il était arrivé en seconde position lors du premier tour des élections le 15 septembre alors qu’il avait mené toute sa campagne depuis sa cellule. Il est accusé de fraude fiscale et de blanchiment d’argent. Mais son emprisonnement dix jours avant le début de la campagne fait débat quant à l’instrumentalisation de la justice par le politique. Malgré son absence, il a obtenu le score de 15,58 %, juste derrière son rival, l’universitaire Kaïs Saïed (18,4 %). Le porte-parole de M. Karoui souhaite que le second tour soit reporté et se tienne une fois le détenu libéré. Refus des autorités judiciaires qui jugent cette possibilité contraire à la Constitution. Les tribunaux peuvent encore annuler le scrutin.

Crise politique au Pérou. Lundi 30 septembre, le président du Pérou Martin Vizcarra a dissout le parlement. En retour, celui-ci a voté la suspension pour un an du président. Il faut dire que la chambre est dominée par les fidèles de l’ancien chef d’État, Alberto Fujimori, condamné pour violations des droits de l’homme. En perte de vitesse dans les sondages, les fujimoristes redoutent la perspective d’élections anticipées. C’est désormais au Tribunal constitutionnel, plus haute instance judiciaire, qu’il revient de décider si le président a agi conformément à la Constitution ou s’il a abusé de son pouvoir. Plusieurs manifestations de soutien au président destitué ont eu lieu dans le pays. Les principaux chefs de l’armée et de la police ont réaffirmé « leur plein soutien à l’ordre constitutionnel et au président Martin Vizcarra comme chef suprême ».

Présidentielle en Afghanistan. Samedi 28 septembre, près de 10 millions d’électeurs étaient invités à voter pour le premier tour de l’élection présidentielle. Abdullah Abdullah, chef de l’exécutif sortant, a revendiqué la victoire. Son principal adversaire est l’actuel président Ashraf Ghani. Un des responsables de Commission électorale indépendante a rappelé « qu’aucun candidat n’a le droit de se proclamer vainqueur ». Seulement 2,1 millions de votants se sont déplacés et le taux de participation ne dépasserait pas 30 %. Les résultats préliminaires seront annoncés à partir du 19 octobre et les résultats définitifs le 7 novembre. Les talibans, qui s’opposent à l’élection, sont à l’origine d’explosions qui ont provoqué la mort de cinq personnes le jour du scrutin.

Égypte, manifestations anti-Sissi. Vendredi 25 septembre, des centaines de personnes sont descendues dans la rue pour demander le départ du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Il s’agit de la deuxième série de manifestations en deux semaines. Le mouvement contestataire a commencé les 20 et 21 septembre, suite à des vidéos postées par un entrepreneur égyptien en exil en Espagne. Ce dernier accuse notamment le gouvernement et l’armée de corruption. Les manifestations ont entraîné plus de 2 000 arrestations. La crise économique que connaît le pays est l’une des causes de ce movement de contestation. En 2016, l’Égypte a en effet passé des accords avec le Fonds monétaire international (FMI) afin de redresser le pays. Les indicateurs macro-économiques sont bons mais la population subit les conséquences des mesures drastiques prises par le gouvernement. Selon le dernier rapport de l’agence Capmas sur les « revenus et dépenses » pour l’année 2017-2018, un tiers des Égyptiens vivent actuellement sous le seuil de pauvreté. Une hausse de 4,7 % par rapport à 2015. Une nouvelle manifestation a lieu ce vendredi 4 octobre.

Loisirs

La France a enfin ouvert le compteur aux mondiaux d’athlétisme au Qatar. Quentin Bigot est le premier Français distingué dans une compétition mondiale de lancer de marteau. Il remporte la médaille d’argent avec un jet de 78,19 mètres. Pascal-Martinot Lagarde décroche, lui, la médaille de bronze au 110 mètres haie. Si les conditions dans le Khalifa Stadium sont « normales » grâce à la climatisation, les athlètes participant aux épreuves extérieures ont souffert. Et les abandons ont été nombreux. Ainsi Yohann Diniz, champion du monde 2017 du 50 kilomètres marche a dû abandonner au 16e kilomètre. En cause : la température (30 °C et 75 % d’humidité) alors que la course avait débuté à 23 h 30). Ces conditions climatiques interrogent sportifs, experts et journalistes quant à la Coupe du monde de football 2022, prévue elle aussi au Qatar.

The Bouquet of Tulips de l’artiste Jeff Koons est inauguré le vendredi 3 octobre 2019 dans les jardins des Champs-Élysées, à Paris. Sur proposition de l’ambassade américaine, Koons a offert son œuvre à la ville suite aux attentats de 2015 et 2016. Le lieu de son installation (initialement devant le musée d’Art moderne, place de Tokyo) ainsi que son coût (plus de 3,5 millions d’euros) ont fait polémique. Une tribune signée dans Libération, le 21 janvier 2018 par un collectif de personnalités de la culture, a même appelé à renoncer au projet. 

Au mondial de rugby, le XV de France confirme. Mercredi 2 octobre, les joueurs de Fabien Galthié se sont logiquement imposés 33 à 9 face aux États-Unis. C’est dans le dernier quart d’heure que les Bleus se sont révélés. La France est actuellement deuxième de la Poule C avec neuf points, derrière l’Angleterre. L’Argentine et le Tonga complètent ce groupe. Le Japon, pays hôte du mondial, a créé la surprise samedi 28 septembre en remportant son match face à l’Irlande (19-12).

Céline Dion assurera cinq concerts en France en 2020 pour la sortie de son nouvel album Courage, le 15 novembre 2019. Quatre dates sont prévues à Paris la Défense Arena et la dernière au festival des Vieilles Charrues. Cette nouvelle a créé l’événement lors de son annonce le 26 septembre 2019 : Céline Dion n’avait pas fait de concert en France depuis 2017. Ce sera le premier festival français auquel elle participe. Selon Jérôme Tréhorel, directeur du festival, le montant de sa prestation aux Vieilles Charrues est « le plus gros cachet de l’histoire » du festival. 

L’affaire Emiliano Sala se poursuit. La Fédération internationale de football (Fifa) a contraint Cardiff (le club qui devait accueillir le joueur) à payer la première tranche du transfert de l’Argentin, soit 6 millions d’euros sur les 17 prévus initialement. Le club gallois a annoncé saisir le tribunal arbitral du sport (TAS). Il n’entend pas régler ce montant, estimant l’accord « nul et non avenu » du fait du décès du joueur. Emiliano Sala évoluait depuis quatre ans au FC Nantes. Il est décédé le 21 janvier dernier dans un vol qui l’emmenait vers Cardiff. Son avion s’est abîmé dans la Manche. L’enquête a révélé en août qu’une intoxication au monoxyde de carbone avait entraîné la mort de son pilote, David Ibbotson, ce qui expliquerait l’accident.

La cantatrice américaine Jessye Norman est décédée à New York, à l’âge de 74 ans, lundi 30 septembre. La chanteuse était notamment spécialiste des répertoires classiques allemands et français des XIXe et XXe siècles. Née en Géorgie, en 1945, dans une Amérique encore ségrégationniste, elle avait dû faire une partie des ses études en Europe. Elle s’est très vite engagée en faveur des Noirs Américains, qu’elle a défendus toute sa vie. Elle a été présente à de nombreuses cérémonies officielles, comme les investitures des présidents Ronald Reagan et Bill Clinton. Elle a été acclamée en France pour son interprétation de La Marseillaise lors du Bicentenaire de la Révolution, en 1989. Elle a été décorée de la médaille nationale des Arts en 2009 par Barack Obama.

Le film qui a obtenu le Grand prix de Cannes, Atlantique, est sorti en salles le mercredi 2 octobre 2019. Ce film franco-sénégalais est le premier long métrage de Mati Diop. Il retrace le parcours de migrants sénégalais à travers les yeux de leurs femmes restées à Dakar. L’intrigue est centrée sur Ada, qui doit épouser un homme, tandis que celui qu’elle aime est parti traverser l’Atlantique. Les personnages principaux sont incarnés par les jeunes acteurs sénégalais Mama Sané et Amadou Mbow.

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