François Fillon a dévoilé lundi 7 novembre le nouveau plan d’austérité, rendu nécessaire par la révision de l’hypothèse de croissance pour 2012 par le gouvernement (1% contre 1,75% auparavant). Le plan, qui s’ajoute à celui déjà annoncé en août, doit permettre de réaliser 100 milliards d’euros d’économies d’ici à 2016, dont 7 milliards en 2012. Voici les principales mesures annoncées :

  • le passage à l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans va être avancé d’un an, de 2018 à 2017. Les générations comprises entre 1952 et 1956 devront ainsi travailler plusieurs mois supplémentaires que prévu.

  • le taux réduit de TVA de 5,5% va être augmenté à 7% pour « tous les produits et services sauf ceux de première nécessité ». Cela concerne notamment l’hôtellerie et la restauration, le bâtiment ainsi que le livre.

  • la revalorisation annuelle des prestations sociales, normalement indexée sur l’inflation, va être exceptionnellement indexée sur le 1% de croissance en 2012. Cela signifie une hausse moins élevée que prévue, sauf pour les minima sociaux (Revenu de solidarité active, allocation adulte handicapé, minimum vieillesse) qui restent indexés sur l’inflation.

  • le gel en 2012 et 2013 des barèmes de l’impôt sur le revenu, de l’impôt sur la fortune, des donations et des successions. Normalement indexés sur l’inflation, cela aura pour conséquence une hausse de ces impôts pour tous les ménages, pour une économie estimée à 3,4 milliards d’euros par an.

  • la réduction des dépenses de santé (700 millions d’euros d’économies par an), des dépenses de l’Etat (500 millions d’euros) et de certaines niches fiscales (2,6 milliards d’euros).

Sans surprise, l’opposition a dénoncé un plan « injuste » et un « bricolage budgétaire » tandis que l’UMP a salué « le courage des décisions prises par le gouvernement ». La hausse du taux réduit de TVA a été critiquée aussi bien par les restaurateurs que par les professionnels du livre, qui dénoncent « une menace » pour leur filière.

Alors que l’un des objectifs de ce nouveau plan d’austérité est de conserver la note « AAA » de la France, l’agence de notation Standard & Poor’s a provoqué une frayeur en dégradant par erreur la note française, jeudi 10 novembre. L’agence a rapidement reconnu son erreur, pointant une défaillance « technique » et a promis de coopérer à l’enquête ouverte vendredi par l’Autorité des marchés financiers (AMF).

Cette erreur n’a pas dû arranger les nerfs de François Baroin. Le ministre de l’Economie et des Finances avait déjà provoqué la levée de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale -un fait rare- mardi 8 novembre après un esclandre avec les députés socialistes. Défendant le plan de rigueur présenté lundi, François Baroin a affirmé que le Parti socialiste était arrivé au pouvoir « par effraction » en 1997, quand le PS avait gagné les élections législatives après la dissolution de l’Assemblée nationale par le président Jacques Chirac. (Voir la vidéo)


François Baroin provoque une suspension de séance par Nouvelobs

Les socialistes ont immédiatement protesté en quittant l’hémicycle et en exigeant « des excuses » de François Baroin, ce que dernier a refusé. La sortie du ministre de l’Economie et des Finances a divisé jusqu’au sein de l’UMP.

Le parti présidentiel avait peut-être la tête ailleurs. Les coordonnées personnelles de près de 1 000 personnalités de l’UMP (députés, sénateurs, membres de cabinets, etc.) ont été diffusées sur Internet samedi 5 novembre à la suite d’un piratage informatique, dédié par ses auteurs « à toutes les victimes de l’UMP ». Le fichier proviendrait du groupe de la majorité à l’Assemblée nationale, via une faille de sécurité dans des serveurs informatiques.

Le parti présidentiel a aussitôt porté plainte et une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Paris. Dans un communiqué publié mercredi, les auteurs du piratage, se surnommant « Dox-UMP », ont réfuté les accusations « d’irresponsables » proférées par les dirigeants de l’UMP, affirmant avoir expurgé les données les plus sensibles et s’être retenus de pirater des sites institutionnels alors qu’ils en avaient l’occasion. Par son action, « Dox-UMP » affirme avoir voulu « mettre l’UMP en face de ses contradictions » en matière de fichage de la population.

Au moins une bonne nouvelle pour l’UMP : la cour d’appel de Paris a annoncé lundi 7 novembre qu’elle n’ouvrirait pas de nouvelle enquête judiciaire dans l’affaire des sondages de l’Elysée. L’exécutif est accusé par l’association anti-corruption Anticor de « favoritisme » après avoir signé en 2007 une convention avec la société Publifact, dirigée par Patrick Buisson, un… conseiller de Nicolas Sarkozy, sans appel d’offres préalable. La cour d’appel de Paris a estimé lundi que l’immunité judiciaire du président de la République s’étendait aussi à ses collaborateurs. Une décision qui a « choqué » le Parti socialiste.

Cette semaine, un fait divers a choqué plus largement. Une fillette de 8 ans, Océane, a été retrouvée morte poignardée et en partie dénudée, dimanche 6 novembre à Bellegarde, dans le Gard. Elle avait disparu depuis la veille au soir. Dès dimanche soir, un voisin de 73 ans a été placé en garde à vue avant d’être mis hors de cause mardi, les traces d’ADN ne correspondant pas à celui retrouvé sur le corps d’Océane, dont l’autopsie a révélé qu’elle a été asphyxiée et a subi des attouchements sexuels avant sa mort. Mais mardi soir, un homme de 25 ans s’est spontanément présenté aux enquêteurs. Son ADN s’est avéré celui qui était recherché, et l’homme a avoué le crime mercredi, confiant être ivre au moment des faits, avant de tenter de se suicider pendant sa détention. Il a ensuite affirmé avoir été violé pendant son enfance.

Lui aussi avait violé et tué, et vient d’être condamné à la prison à perpétuité. Manuel Da Cruz, jugé pour l’enlèvement, le viol et l’assassinat de Marie-Christine Hodeau, une joggeuse de 42 ans retrouvée morte dans la forêt de Fontainebleau en septembre 2009, a écopé de la peine maximale mardi 8 novembre. Déjà condamné en 2002 pour le viol d’une adolescente de 13 ans puis libéré sous condition, son arrestation avait relancé le débat sur les moyens de lutte contre la récidive.

La perpétuité, c’est aussi ce que risque le Vénézuelien Ilich Ramirez Sanchez, plus connu sous le nom de Carlos, dont le procès s’est ouvert lundi 7 novembre devant la cour d’assises spéciale de Paris, où il est jugé pour complicité pour quatre attentats commis en France en 1982 et 1983 et qui ont fait 11 morts et une centaine de blessés. Carlos est incarcéré depuis 1994 et son arrestation au Soudan par les services secrets français. Dès la première audience, il s’est présenté comme un « révolutionnaire de profession » avant de dénoncer plus tard ses conditions de détention. Ses avocats, eux, ont demandé la nullité de la procédure pour prescription des faits.

Une révolution, c’est ce qu’essaie d’éviter la classe politique en Grèce. Le Premier ministre Georges Papandreou s’est engagé dimanche 6 novembre à quitter le pouvoir lors d’un accord conclu entre son parti (socialiste) et l’opposition conservatrice. Cette décision a conclu une semaine catastrophique qui l’a vu perdre toute crédibilité en annonçant, à la surprise générale, un référendum sur le plan d’aide européen à son pays avant de renoncer quelques jours plus tard sous la pression autant internationale qu’interne à sa propre majorité.

Le Parti socialiste grec (PASOK) et les conservateurs de la Nouvelle Démocratie ont âprement négocié pour former un gouvernement d’union nationale. C’est finalement Lucas Papademos qui a été choisi. Agé de 64 ans, cet ancien vice-président de la Banque centrale européenne (BCE) est un partisan de la rigueur pour assainir les finances publiques grecques. Il a été investi comme Premier ministre dès vendredi.

L’Italie va elle aussi connaître un changement de gouvernement anticipé : le président du Conseil, Silvio Berlusconi, a annoncé sa démission prochaine, prenant acte de la perte de sa majorité absolue lors d’un vote à la Chambre des députés, mardi 8 novembre. A 75 ans, le « Cavaliere », à la tête du gouvernement à trois reprises pendant presque dix ans entre 1994 et aujourd’hui, paye la mauvaise gestion de la dette, qui atteint 120% du produit intérieur brut (PIB) et son implication dans plusieurs affaires de corruption et de moeurs. Sa démission effective est attendue après l’adoption par le Parlement italien d’un nouveau plan d’austérité pour le pays.

L’ancien commissaire européen Mario Monti, 68 ans, est fortement pressenti pour lui succéder. Il a été nommé sénateur à vie mercredi par le président de la République, Giorgio Napolitano, prélude, pour la plupart des observateurs, à son accès au pouvoir.

Changement de tête également au Guatemala, où l’ancien général Otto Perez Molina a été élu président de la République dimanche 6 novembre en ralliant 54,8% des voix. Le fondateur du Parti patriote succède au social-démocrate Alvaro Colom. Décrit comme un homme à poigne, Otto Perez Molina, 61 ans, a fait l’objet de plusieurs plaintes pour des actes de torture en 1982 pendant la dictature du général Efrain Rios Montt mais a également été un des artisans des accords de paix de 1996 dans le pays.

Toujours en Amérique centrale, le président du Nicaragua, Daniel Ortega, ancien guérillero sandiniste, a été réélu pour un troisième mandat dimanche 6 novembre après avoir obtenu 62,6% des voix dès le premier tour de l’élection présidentielle. Son opposant de droite, Fabio Gadea, a contesté cette victoire, dénonçant des fraudes lors du scrutin.

Au Liberia, la présidente et récente prix Nobel de la paix, Ellen Johnson Sirleaf, a été réélue mardi 8 novembre avec 90,8% des suffrages. Une réélection marquée par une faible participation et loin de faire le consensus : Winston Stubman, son principal opposant, s’était retiré de la course à quatre jours du scrutin, dénonçant des fraudes et affirmant avoir été victime d’une tentative d’assassinat.

Les assassinats sont malheureusement toujours aussi courants en Syrie. La Ligue arabe a constaté cette semaine que le régime de Bachar al-Assad ne respectait pas ses engagements prévus dans le plan de sortie de crise, sous la médiation de l’organisation panarabe. La répression des civils manifestants a continué, notamment à Homs (centre du pays), où l’opposition a demandé une protection internationale. Les pays étrangers ont plusieurs fois affirmé leur volonté de ne pas intervenir militairement mais des sanctions économiques ont été prises et commenceraient à faire effet, selon les Etats-Unis.

L’ONG de défense des droits de l’homme Human Rights Watch a accusé le régime syrien de « crimes contre l’humanité » dans un rapport publié vendredi 11 novembre. Selon l’ONU, au moins 3 500 personnes auraient été tuées en Syrie depuis le début de la contestation, en mars.

Autre rapport qui a fait l’actualité cette semaine : celui publié mardi 8 novembre par l’Agence internationale à l’énergie atomique (AIEA), qui a exprimé, pour la première fois, de « sérieuses inquiétudes » sur une possible dimension militaire du programme nucléaire en Iran (lire le rapport de l’AIEA, en anglais). Ces conclusions pourraient être le prélude de nouvelles sanctions contre Téhéran dans les semaines à venir. De son côté, l’Iran a affirmé qu’il poursuivra son programme nucléaire et a mis en garde Israël, les Etats-Unis et leurs alliés contre toute attaque sur leur sol.

Du côté des sports, le pilote français Sébastien Loeb est assuré de conserver son titre de champion du monde de rallye après l’abandon de son seul rival, le Finlandais Mikko Hirvonen, lors de l’épreuve de Grande-Bretagne vendredi 11 novembre. Sébastien Loeb va ainsi remporter son huitième titre mondial consécutif, soit un de plus que Michael Schumacher en Formule 1.


EN BREF

En France…

  • Le fondateur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), Jean-Pierre Chevènement, a annoncé samedi 5 novembre sa candidature à l’élection présidentielle. Agé de 72 ans, l’ancien ministre de l’intérieur de Lionel Jospin avait déjà été candidat en 2002, obtenant 5,03% des voix -il avait été accusé d’avoir contribué à l’élimination du candidat du PS au premier tour au profit de Jean-Marie Le Pen. Les socialistes ont accueilli cette annonce sans joie ni colère, espérant encore le rallier à François Hollande alors que ses axes de campagne sont plus proches de ceux du Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon. En 2007, Jean-Pierre Chevènement avait déclaré sa candidature en novembre… avant de se rallier à Ségolène Royal en décembre.

  • La France a commémoré vendredi 11 novembre l’armistice de la Première Guerre mondiale (1914-1918). A cette occasion, Nicolas Sarkozy a annoncé un projet de loi afin que le 11 novembre soit dédié à « tous les morts pour la France » et non plus seulement à la Grande Guerre. Une proposition qui n’a pas convaincu l’opposition.

  • Le groupe EDF a été condamné jeudi 10 novembre à 1,5 million d’euros d’amende pour des faits d’espionnage de Greenpeace en 2006. Des documents confidentiels avaient été volés sur l’ordinateur de Yannick Jadot, alors dirigeant de l’association écologiste et aujourd’hui porte-parole d’Eva Joly, candidate d’Europe Ecologie-Les Verts à l’élection présidentielle.

  • Le prix Femina a été décerné lundi 7 novembre à l’écrivain Simon Liberati pour son oeuvre « Jayne Mansfield 1967 », qui raconte les dernières heures de la vie de l’actrice américaine, décédée dans un accident de voiture en juin 1967.


Dans le monde…

  • Le docteur Conrad Murray, ancien médecin du chanteur américain Michael Jackson, mort brutalement en juin 2009, a été condamné pour homicide involontaire par le jury de la cour supérieure de Los Angeles, lundi 7 novembre. Il a été reconnu coupable de « négligence criminelle » au moment de la mort du « roi de la pop ». La décision a été accueillie par des cris de joie des fans de Michael Jackson. Le Dr Murray, âgé de 58 ans, connaîtra sa peine le 29 novembre.

  • Au moins 7 personnes ont été tuées et 51 autres blessées, samedi 5 novembre, dans un impressionnant carambolage au Royaume-Uni. Cet accident routier, impliquant 34 véhicules sur une autoroute près de Taunton, dans le sud-ouest de l’Angleterre, est le plus meurtrier depuis 1991. Les causes précises sont pour le moment inconnues, mais le mauvais temps, par le brouillard et la chaussée détrempée, pourrait avoir joué un rôle. (Voir la vidéo)

  • Un nouveau tremblement de terre a secoué l’est de la Turquie, mercredi 9 novembre. Au moins 19 personnes ont été tuées dans la secousse d’une magnitude de 5,6. Un puissant séisme avait déjà frappé cette région du pays le 23 octobre, tuant plus de 580 personnes.

  • Au moins vingt mineurs ont été tués jeudi 10 novembre dans une explosion de leur mine dans la province du Yunnan, dans le sud-ouest de la Chine. Samedi 5 novembre, un accident similaire dans la province du Henan avait provoqué la mort de huit mineurs.


Dans les sports…

  • L’équipe de France de football s’est contentée du minimum, vendredi 11 novembre, en match amical contre les Etats-Unis. Les Bleus ont battu les Américains 1-0 (voir le but en vidéo) et restent sur une série de 16 matches consécutifs sans défaite.

  • Le surfeur hawaïen Garrett McNamara a établi mardi un nouveau record mondial en dominant une vague de 27 mètres de haut à Praia do Norte, sur la côte portugaise. Le record précédent était officiellement détenu depuis 2001 par l’Américain Mike Parson et une vague haute de 23 mètres. (Voir la vidéo)

  • L’ancien boxeur américain Joe Frazier est décédé lundi 7 novembre à Philadelphie (Etats-Unis), à l’âge de 67 ans. Ancien champion du monde des poids lourds au début des années 1970, « Smoking Joe » était resté célèbre pour avoir été le premier à battre Mohammed Ali, en 1971, avant de perdre les deux combats suivants en 1974 et 1975. (Voir la vidéo)

 

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