En Syrie, la répression du mouvement de contestation contre le président Bachar al-Assad a tourné au massacre, notamment dans la ville de Hama, dans le centre du pays. Le régime syrien a envoyé ses blindés, qui ont pilonnés plusieurs quartiers résidentiels. (Voir la vidéo) Depuis dimanche dernier, au moins 140 civils ont été tués en Syrie, dont une centaine à Hama.

La communauté internationale a fermement condamné l’extrême violence de la réaction de Bachar al-Assad. Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni en urgence dès lundi. Après plusieurs jours d’opposition de la Russie et de la Chine, il a finalement adopté une déclaration condamnant « les violations généralisées des droits de l’homme par les autorités syriennes » contre les civils (lire la déclaration). La Syrie est, elle, restée sourde aux protestations internationales. Lundi, Bachar al-Assad a même félicité son armée « patriotique » à l’occasion du 66e anniversaire de sa création.

Bachar al-Assad craint peut-être de subir le sort de Hosni Moubarak, dont le procès a débuté mercredi au Caire. L’ancien président égyptien, ses deux fils, l’ex-ministre de l’Intérieur et ses six adjoints sont accusés d’avoir donné l’ordre de tirer sur les manifestants, en janvier, entraînant la mort de 800 personnes. Hosni, Gamal et Alaa Moubarak sont également accusés de détournements de fonds publics. Tous risquent la peine de mort. Cette première comparution a donné lieu à une image choc, quand l’ancien Raïs est apparu sur une civière, derrière un grillage. (Voir la vidéo) Les Egyptiens sont partagés sur la portée de cette image, tandis que la santé physique de Hosni Moubarak durant son procès pose question. L’ancien président a nié formellement toutes les accusations ; la prochaine audience aura lieu le 15 août.

Tandis que les fils de Hosni Moubarak entouraient leur père, Mouammar Kadhafi pourrait en avoir perdu un dans les combats. Les rebelles libyens ont affirmé vendredi que Kamis Kadhafi, un des fils du dirigeant et âgé de 28 ans, a été tué dans un bombardement de l’Otan près de Tripoli. Le régime libyen a aussitôt démenti cette annonce.

Nombreux sont les migrants à partir des côtes libyennes pour rejoindre l’Europe. 25 d’entre eux, originaires d’Afrique sub-saharienne, ont été retrouvés morts lundi dans un bateau qui rejoignait l’île italienne de Lampedusa, au large des côtes tunisiennes et libyennes. Ils auraient péri par asphyxie alors que plus de 270 personnes s’étaient entassées dans la petite embarcation.

Jeudi, un autre bateau, parti de Libye avec quelque 300 migrants à son bord, est arrivé à Lampedusa. Plusieurs d’entre eux ont affirmé que des dizaines d’immigrants sont morts de faim et de soif pendant la traversée et que les corps ont dû être jetés à la mer. Les autorités italiennes auraient demandé à un navire de l’Otan, présent dans la zone, d’intervenir mais cette demande serait restée lettre morte. L’Italie a demandé une « enquête formelle » à l’Alliance atlantique.

Les migrants sont aussi nombreux à fuir la Somalie, où trois nouvelles régions ont été placées en état de famine par les Nations unies. Plus de 12 millions de personnes sont concernées (lire le reportage de Paris Match). Des dizaines de milliers, dont au moins 29 000 enfants de moins de cinq ans, sont morts ces trois derniers mois à cause de la faim. Malgré les avertissements des organisations présentes sur place, l’aide internationale peine à arriver et la guerre civile qui fait rage dans le pays complique la tâche.

La guerre civile, c’est aussi ce qui menace la région du Xinjiang, en Chine, qui connaît une nouvelle flambée de violences interethniques. Le week-end dernier, une vingtaine de personnes sont mortes dans la ville de Kashgar, tués à l’arme blanche. Les autorités ont affirmé avoir tué quatre « suspects » ouighours, la minorité musulmane du pays. Selon Pékin, ces « terroristes » seraient des islamistes entraînés au Pakistan.

Justement, le Pakistan connaît lui aussi des violences interethniques à Karachi, au sud du pays. Partis politiques, ethnies rivales et mafias criminelles s’affrontent depuis le début du mois de juillet, causant la mort de plus de 200 personnes, dont près de soixante cette semaine.

Les Etats-Unis aussi connaissent une explosion, financière celle-là. Démocrates et républicains ont finalement trouvé un accord, dans la nuit de dimanche à lundi, pour relever le plafond légal de la dette des Etats-Unis. Celle-ci, en pleine explosion, menaçait de dépasser son seuil mardi, entraînant un défaut de paiement du pays, aux conséquences graves pour l’économie mondiale. Le compromis entre les deux partis, validé dès mardi par le Congrès, prévoit notamment le relèvement du plafond de 2 100 milliards de dollars (qui permettra de tenir au moins jusqu’à 2013) et des coupes budgétaires importantes, exigées par les républicains.

La crise de la dette, aux Etats-Unis comme en Europe, a provoqué une brutale dégringolade des Bourses à partir de jeudi. Après la Grèce, c’est désormais l’Italie et l’Espagne qui sont sous la pression des marchés. Malgré ses tentatives, la Banque centrale européenne (BCE) a pour l’instant échoué à contenir cette contagion.

Le Fonds monétaire international (FMI) a un rôle important à jouer dans la crise de la dette. Pourtant, sa directrice générale, Christine Lagarde, est menacée. La Cour de justice de la République (CJR) a annoncé jeudi l’ouverture d’une enquête à l’encontre de l’ancienne ministre de l’Economie et des Finances. Elle est suspectée de « détournement de fonds publics » et « complicité de faux », pour avoir influencé l’arbitrage de l’affaire Tapie, qui s’était soldé par un chèque de 210 millions de l’Etat à Bernard Tapie (voir l’infographie, très claire, du Figaro.fr). Vendredi, Le Monde a publié le témoignage de Bernard Scemama, ancien haut fonctionnaire de Bercy, qui affirme avoir reçu des consignes du cabinet de Christine Lagarde pour aller à l’arbitrage. En attendant les suites de l’enquête, le FMI a renouvelé sa confiance à sa directrice générale.

La confiance, c’est désormais ce qui manque au Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA), dont le rapport sur le crash du vol Rio-Paris le 1er juin 2009 (lire le rapport en PDF), rendu vendredi dernier, a entraîné un débat sur l’indépendance de l’organisme. Le BEA a en effet pointé la mauvaise gestion de la situation par l’équipage de l’avion, l’estimant responsable du crash à « 95% », les 5% restants étant dus au défaut technique des sondes Pilot, qui permettent d’estimer la vitesse de l’appareil.

Cette conclusion en provoqué la colère des pilotes et d’Air France, et les quotidiens Les Echos et La Tribune ont révélé qu’une version préliminaire du rapport pointait les défaillances techniques de l’avion d’Airbus. Il n’en fallait pas plus pour que le BEA soit suspecté de « protéger » l’avionneur européen. D’autant plus que le BEA, supposément indépendant, dépend en réalité du ministère des Transports. Air France a saisi l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA), les pilotes se sont retirés de l’enquête tandis que le BEA, s’il a bien admis avoir retiré une recommandation en attente de résultats plus détaillés, a nié avoir subi des pressions.

Les nageurs français ont réussi à se débarrasser de la pression lors des championnats du monde, qui se sont terminés dimanche dernier sur un bilan record pour l’équipe de France. Les Bleus ont ramené de Shanghai dix médailles, dont deux en or, et seize des vingt-et-un nageurs de la délégation ont participé à au moins une finale. Le dernier jour, Camille Lacourt -déjà champion du monde du 100 mètres dos, ex-aequo avec son compatriote Jérémy Stravius- a ramené l’argent sur 50 mètres dos. La veille, Alain Bernard avait terminé 3e du 50 mètres nage libre, tandis que Mélanie Hénique faisait de même sur 50 mètres papillon.

 


EN BREF

 

 

En France…

  • Jean-Marie Le Pen n’est plus le président du Front national mais il est encore présent. Le tribun s’est fendu d’une nouvelle sortie polémique, vendredi dernier, en affirmant que la « naïveté » de la Norvège, qui n’a « pas pris la mesure du danger mondial que représente l’immigration massive », était « plus grave » que le massacre commis à Oslo, qualifié « d’accident ». La gauche a immédiatement protesté contre ces propos « injustifiables » et a sommé Marine Le Pen, actuelle présidente du FN, de désavouer son père. Laquelle a répondu par un communiqué dénonçant… la « récupération politique » du massacre norvégien par la gauche.

  • La tempête tropicale Emily a frappé la Martinique mardi et a provoqué la mort d’un homme, électrocuté dans sa maison inondée. Elle a également causé d’importants dégâts avant de se diriger vers Haïti en perdant de la vigueur.

 


 

Dans le monde…

  • Plus de 100 000 personnes ont manifesté, samedi dernier, dans les rues de Tel Aviv, la deuxième ville d’Israël, lors de la plus grande manifestation dans le pays depuis plusieurs décennies. Depuis quinze jours déjà, des « Indignés » israéliens campent sur les boulevards de la ville pour dénoncer la vie chère et réclamer plus de justice sociale. Le mouvement s’est durci dans les jours suivants avec la grève de quelque 150 000 employés municipaux dans le pays. Face à la contestation, le Premier ministre, Benyamin Netanyahou, a promis des réformes et a constitué une équipe inter-ministérielle pour réduire la cherté de la vie pour la population.

  • Deux accidents miniers ont causé la mort d’au moins trente-deux personnes, vendredi dernier en Ukraine. Une explosion, survenue dans une mine de la région de Lougansk (est du pays), a tué au moins 24 mineurs. Dans la région voisine de Donetsk, c’est un éboulement qui a entraîné la mort d’au moins huit ouvriers. C’est l’accident minier le plus meurtrier depuis au moins quatre ans en Ukraine, régulièrement endeuillé par ce type d’accidents.

  • Le sud du Yémen est le théâtre de violents combats depuis plus d’une semaine. Vendredi 29 juillet, au moins 42 personnes ont été tuées dans des affrontements entre l’armée yéménite, des tribus et des membres d’Al-Qaida. Dans les jours qui ont suivi, l’armée a lancé des raids aériens, tuant plusieurs dizaines de membres de l’organisation terroriste dimanche, et au moins treize opposants dans un village.

 


 

Dans les sports…

  • Alors que la Ligue 1 de football reprend ce week-end, la période des transferts a été agitée par le Paris Saint-Germain, récemment acquis par de richissimes princes qataris. Le PSG a ainsi dépensé plus de 80 millions d’euros en nouveaux joueurs, dont environ 42 millions pour l’Argentin Javier Pastore (22 ans), faisant de ce transfert le plus cher de l’histoire de la Ligue 1. Et ce n’est pas terminé, car d’autres nouveaux joueurs sont attendus à Paris d’ici la fin du mercato, fin août.

  • Le rugbyman Yoann Huget a été exclu du XV de France jeudi pour manquement au règlement antidopage. Le joueur ne s’est pas présenté à trois contrôles et n’a pas pu justifier son absence. Le règlement international sanctionne cette attitude en tant que « défaut de localisation ».

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