Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se sont rencontrés à Paris, cette semaine, pour tenter de trouver des solutions à la crise de la dette qui secoue la zone euro. Le président de la République et la chancelière ont formulé plusieurs propositions :

  • un gouvernement économique de la zone euro, dont le président, élu pour deux ans et demi, pourrait être Herman van Rompuy, actuel président du Conseil européen. Ce gouvernement pourrait suspendre le versement des fonds structurels européens aux Etats dont les déficits seraient jugés excessifs.

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont, en revanche, exclu de créer des « eurobonds », obligations européennes qui permettraient de mutualiser les dettes publiques des Etats. Ces annonces ont été saluées par les dirigeants européens mais le Royaume-Uni a, lui, fait savoir que cette taxe ne pouvait se concevoir qu’au niveau mondial. En France, la gauche a critiqué un « nouveau sommet d’impuissance » et un « pacte d’austérité » déguisé.

Ces annonces franco-allemandes n’ont, en tout cas, pas semblé rassurer les Bourses dans le monde, qui ont clôturé en forte baisse en fin de semaine. La place financière de Paris a chuté de plus de 5% jeudi, et n’a fait que ralentir sa baisse le lendemain (1,92%). Les banques sont les plus touchées par cette spirale infernale, notamment BNP et Société générale. Empêtrées dans les dettes publiques grecques, italiennes et espagnoles, elles inspirent moins confiance aux investisseurs.

Le régime syrien n’inspire plus du tout la confiance de ses homologues internationaux. Il a lancé lundi une offensive d’envergure contre Lattaquié, ville côtière de l’ouest du pays. Des chars ont bombardé pendant plusieurs jours la ville, appuyés -pour la première fois- par des navires de guerre. Au moins 26 civils ont été tués, dont certains dans le camp de réfugiés palestiniens d’Al Raml, poussant 5 000 à 10 000 d’entre eux à fuir. Le président Bachar al-Assad a affirmé mercredi à l’ONU que les opérations militaires avaient pris fin… mais il a été aussitôt été démenti par les militants des droits de l’homme dans le pays. Plusieurs dizaines de manifestants ont été tués dans le pays, notamment à Homs (ouest), où quelque 20 000 personnes seraient descendues dans les rues vendredi. Devant le double discours de Bachar al-Assad, le Conseil de sécurité envisage de saisir la Cour pénale internationale contre lui.

Un mandat d’arrêt international a déjà été lancé, il y a quelques temps, contre Mouammar Kadhafi, dont la fin pourrait se rapprocher à grands pas en Libye. Les rebelles avancent peu à peu vers Tripoli et encerclent désormais la capitale. Vendredi soir, ils ont également pris le contrôle de la ville de Brega, dans l’est, avant de se retirer sous les bombardements de l’armée kadhafiste. On a appris en début de semaine que des pourparlers secrets entre représentants du régime de Mouammar Kadhafi et des insurgés se seraient tenus à Djerba, une île tunisienne proche de la Libye. Des sources gouvernementales auraient même évoqué un départ du dirigeant libyen, bien que Mouammar Kadhafi ait une nouvelle fois annoncé à la télévision libyenne que « la fin des rats est proche »… Son ex-numéro 2, Abdessalem Jalloud, est visiblement d’un autre avis puisqu’il a fui le régime et a rejoint l’Italie.

S’il tombe, Mouammar Kadhafi connaîtra peut-être le sort de Hosni Moubarak : l’ancien président égyptien a de nouveau comparu devant un tribunal, lundi au Caire, pour sa responsabilité dans la mort de plus de 800 manifestants pendant la révolution. Comme lors de la première audience début août, il est apparu affaibli, sur une civière.

Le juge a rapidement décidé de reporter le procès au 5 septembre pour permettre aux avocats d’examiner les documents et pièces à conviction. S’il a annoncé que Hosni Moubarak sera jugé en même temps que Habib el-Adli, son ancien ministre de l’Intérieur -à la grande joie des familles des victimes-, le président du tribunal a également décrété un huis clos pour les prochaines audiences : les caméras de télévision ne seront désormais plus admises.

Pendant que l’Egypte est focalisée sur les suites de sa révolution, Israël lui reproche de ne pas assez sécuriser sa frontière avec l’Etat hébreu dans le Sinaï. Car c’est aux environs de cette zone qu’une triple attaque a frappé Israël, jeudi, causant la mort de quatorze personnes (sept Israéliens et sept assaillants) et la blessure d’au moins trente autres. Un autobus a été mitraillé près de la frontière avec l’Egypte, au sud du pays, avant qu’un engin explosif n’explose alors que des militaires intervenaient sur le site. Puis c’est une voiture qui a été criblée de balles dans les environs.

En riposte, l’Etat hébreu a lancé des raids aériens contre Gaza et des dirigeants d’une organisation clandestine, les « Comités de résistance populaire », soupçonnée d’être à l’origine de l’attaque. Au moins six activistes palestiniens ont été tués. La spirale était enclenchée : dans une nouvelle riposte, des Palestiniens ont envoyé des roquettes sur Israël.

En Afghanistan, la spirale meurtrière est malheureusement à un stade plus avancé. Un attentat suicide contre le siège du gouverneur de la province de Parwan, au nord de Kaboul, a entraîné la mort d’au moins 22 personnes dimanche dernier. Deux jours avant, un 74e soldat français avait trouvé la mort dans le pays, tué par un engin explosif alors qu’il effectuait une patrouille à pied. Ce nouveau décès a conduit la gauche à réclamer le départ des troupes tricolores d’Afghanistan. Mais le gouvernement a écarté l’idée d’une accélération du retrait, qui se terminera en 2014.

Nouvel attentat jeudi, avec l’explosion d’une mine artisanale au passage d’un minibus. Bilan : au moins 22 morts et onze blessés, dont des femmes et des enfants. Puis, vendredi, c’est le British Culturel, le bras culturel de la diplomatie britannique, qui a été la cible d’un groupe de kamikazes talibans. Les combats, qui ont duré neuf heures, ont causé la mort d’au moins douze personnes, principalement des policiers afghans. La date n’était pas anodine : le 19 août était le 92e anniversaire de l’indépendance de l’Afghanistan, auparavant sous tutelle britannique.

La violence n’épargne pas non plus le Pakistan en ce moment : tout d’abord avec un attentat suicide dans une mosquée de Jamrud, au nord-ouest du pays. Le kamikaze, un adolescent, a fait exploser sa bombe alors que les fidèles quittaient le bâtiment en cette période de ramadan. Au moins 47 personnes sont mortes et 70 autres blessées.

Une violence extrême également à Karachi, au sud du Pakistan. La capitale économique du pays est déchirée depuis plusieurs semaines par des combats « politico-mafieux » (dixit la police). Au moins 39 personnes ont été tuées mercredi et jeudi dans la ville.

Et que dire de l’Irak, où le lundi 15 août a été la journée la plus meurtrière depuis plus d’un an… Dix villes du pays, dont Bagdad, Nadjaf, Tikrit et Kirkouk, ont été attaquées simultanément par des voitures piégées ou des kamikazes. Au moins 74 personnes ont été tuées et 300 autres blessées. Les attentats n’ont pas été revendiqués.

La police espagnole était largement mobilisée pour éviter un attentat lors de cet énorme rassemblement qu’ont été les 26e Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) à Madrid, où plus d’un millions de catholiques se sont rendus cette semaine. L’événement a suscité la polémique sur son coût pour les finances publiques espagnoles. Si le budget de l’organisation est estimé entre 55 et 60 millions d’euros, des associations laïques ont affirmé que plusd de 100 millions d’euros seraient dépensés par les autorités avec les travaux publics et le dispositif de sécurité (10 000 policiers ont été dépêchés à Madrid). Un dispositif nécessaire pour protéger les catholiques, mais aussi les laïques : un catholique mexicain de 24 ans a été arrêté mardi, soupçonné de préparer un attentat contre les manifestants anti-JMJ. Les prochaines Journées mondiales de la jeunesse auront lieu à Rio de Janeiro (Brésil) en 2013.

Plus que des attentats, c’est la chaleur que les pèlerins avaient surtout à craindre. Il en était de même en France, où douze départements ont été placés en alerte orange de canicule par Météo France (voir la carte des départements en alerte). Après un mois et demi d’épisodes pluvieux réguliers, une vague de chaleur venue d’Afrique a recouvert l’Hexagone, avec des températures entre 35° et 40° sur les départements en alerte.

Qui dit épisode de forte chaleur dit risque d’orages, qui peuvent être violents. La preuve avec celui, bref mais d’une intensité extrême, qui a dévasté le festival belge Pukkelpop, jeudi, entraînant la mort d’au moins cinq participants et la blessure de 140 autres. Des grêlons de grande taille et des vents violents se sont abattus sur le site, où se rassemblaient 60 000 personnes et où 36 litres par mètre carré sont tombés… en 20 minutes.


 

EN BREF

 

 

En France…

  • Huit mois après le meurtre de Laëtitia Perrais, retrouvée démembrée en janvier près de Pornic (Loire-Atlantique), le père d’accueil de l’adolescente, Gilles Patron, a été mis en examen mercredi pour viols et agressions sexuelles. Il est soupçonné d’avoir abusé de Jessica, la soeur jumelle de Laëtitia âgée de 19 ans, et de deux de ses amies.

  • Décédée il y a quarante ans, la célèbre couturière française Coco Chanel fait encore parler d’elle. La cinquantième biographie de Coco Chanel, écrite par Hal Vaughan, un journaliste américain, est parue mardi 16 août. Intitulée « Au lit avec l’ennemi, la guerre de Coco Chanel », cette œuvre accuse Gabrielle Bonheur Chanel d’avoir été une espionne pour les Nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Démentis par la maison de haute couture Chanel, certains passages de ce livre l’accuseraient même d’antisémitisme.

  • Le dessinateur franco-suédois Jean Tabary est décédé mercredi 18 août à l’âge de 81 ans. Il est ainsi parti rejoindre le célèbre René Goscinny, avec qui il a créé, au début des années 60, la bande dessinée « Iznogoud ». Un véritable succès : le vizir voulant « devenir calife à la place du calife » s’est vendu à plus de 10 millions d’exemplaires dans le monde. D’une nature discrète, Jean Tabary a vécu ses dernières années à Pont-l’Abbé-d’Arnoult, une commune de la Charente-Maritime.

 


 

Dans le monde…

  • Un huitième suspect a été arrêté, dimanche dernier en Argentine, dans le cadre de l’enquête sur le meurtre de deux Françaises, fin juillet. Les résultats des analyses de l’ADN retrouvé sur le corps des victimes ont permis de confondre un des suspects : Gustavo Lasi, 24 ans, guide dans la réserve naturelle de la Quebrada de San Lorenzo.

  • Six personnes (deux hommes, deux femmes et deux enfants) ont été tués à coups de couteaux, dimanche sur l’île anglo-normande de Jersey. L’auteur présumé de ce sextuple meurtre, un Polonais de 30 ans, a été hospitalisé. Un différend familial pourrait être à l’origine du drame. Cet événement a particulièrement marqué les habitants de l’île de Jersey, habituée à un taux de criminalité très faible, l’un des plus bas au monde. Le dernier homicide remontait à 2004.

  • Une scène de concert s’est effondrée à cause d’un vent violent, samedi dernier dans l’Etat de l’Indiana, aux Etats-Unis. Au moins cinq personnes ont été tuées et 46 autres blessées.


Une scène s’effondre lors d’une fête dans… par Nouvelobs

 


 

Dans les sports…

  • L’équipe de France de rugby a difficilement battu l’Irlande, samedi dernier à Bordeaux (19-12). Les Bleus ont récidivé de meilleur manière, samedi, en allant battre les Irlandais chez eux (26-22). Il s’agissait des deux premiers matchs amicaux préparatifs à la Coupe du monde qui débutera le 9 septembre en Nouvelle-Zélande. Marc Lièvremont, le sélectionneur du XV de France, a dévoilé dimanche la liste des 30 joueurs qui y participeront ; les piliers Sylvain Marconnet, actuel Bleu le plus capé (84 sélections), et Thomas Domingo n’en seront pas.

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