Marine Le Pen

« Ce qui compte c’est l’espérance de vie en bonne santé et celle-ci est assez basse »

Interrogée sur la question de l’abaissement de l’âge de la retraite, la candidate FN a déploré une espérance de vie plus longue, mais en moins bonne santé. Une affirmation fausse si l’on en croit les études qui placent la France parmi les pays européens dont les habitants vivent plus longtemps et en meilleure santé.

 

LE CONTEXTE

Invitée dans « Les petits déjeuners de la présidentielle » sur RTL mercredi 8 mars, Marine Le Pen a exposé son programme concernant les retraites. Souhaitant un abaissement de celle-ci à 60 ans, la candidate FN a souligné que l’important n’est pas seulement un allongement de la durée de vie, mais une « espérance de vie en bonne santé et celle-ci est assez basse ».

 

L’EXPLICATION

Selon les données provisoires de l’Insee pour 2016, l’espérance de vie serait repartie à la hausse par rapport à 2015, atteignant 85,4 ans pour les femmes et 79,3 pour les hommes. Une raison pour laquelle certains candidats souhaitent repousser l’âge du départ à la retraite. Un argument que Marine Le Pen considère comme injuste, car, pour elle, si l’espérance de vie augmente, le nombre d’année en bonne santé serait bas. L’équipe de la candidate n’a pas répondu aux sollicitations de Factoscope pour faire connaître ses sources.

Cependant, une étude de l’Inserm apporte des précisions. Si l’on en croit la dernière étude sur le temps de vie en bonne santé datant de 2014 (la prochaine est prévue pour mai 2017), la France fait partie des pays de l’Union européenne où l’on vit le plus longtemps et en meilleure santé. Ce qui est appelé “‘le nombre d’années de vie en bonne santé’’ (AVBS), également appelé ‘‘espérance de vie sans incapacité’’ (EVSI), équivaut au nombre d’années qu’une personne d’un âge donné peut espérer vivre en bonne santé. Cet indicateur statistique est calculé séparément pour les hommes et pour les femmes, à la naissance et à l’âge de 50 et de 65 ans. Il se fonde, pour chaque âge, sur la prévalence des individus en bonne et en mauvaise santé et sur les informations connues sur la mortalité à cet âge. Un individu est dit « en bonne santé » lorsqu’il ne souffre ni de limitation fonctionnelle, ni d’incapacité, c’est-à dire qu’il est capable d’effectuer certaines activités (se laver, travailler, cuisiner…).

En France, les années de vie en bonne santé dès la naissance sont estimées à 64,2 pour les femmes, contre à 63,4 pour les hommes. La France se place 10e du classement par rapport aux autres pays européens, derrière Malte, la Suède et le Royaume-Uni notamment. Au-delà de 65 ans, âge-seuil calculé à partir de statistiques relatives à la mortalité et aux limitations d’activité (handicap, invalidité…), les années de vie en bonne santé, sont allongées de 10,7 ans pour les femmes et 10,4 ans pour les hommes. Si cela peut paraître faible, l’Hexagone est au-dessus de la moyenne européenne qui est de 8,6 ans, et est 7e du classement devant le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Finlande.

L’affirmation de Marine Le Pen est fausse car l’espérance de vie en bonne santé est en hausse comme le montre l’étude de l’Inserm menée pour 2010 et celle menée pour 2014. Même si la candidate peut estimer que ce chiffre reste faible, les Français comptent parmi les populations européennes qui sont en bonne santé et pendant plus longtemps.

Pauline Laforgue

Les sources à consulter

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