GÉRALD DARMANIN

« 70 % des marchandises dans les supermarchés britanniques viennent de l’Europe »

Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics avance que 70 % des marchandises dans les supermarchés britanniques viennent de l’Europe. Cette affirmation est vraie, selon les chiffres de l’organisation des Nations Unies.

LE CONTEXTE

Le projet d’accord de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne a été massivement rejeté par les députés britanniques le 15 janvier 2019. La possibilité qu’un Brexit « dur », sans accord, ait lieu, est alors à envisager. Cela pourrait bouleverser non seulement l’économie du Royaume-Uni, mais aussi celle de l’Union européenne, puisque nombre d’échanges commerciaux s’effectuent entre eux. C’est ce qu’a voulu pointer du doigt Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des comptes publics, dans l’émission « Dimanche en politique », le 20 janvier 2019. Il assurait : « 70 % des marchandises dans les supermarchés britanniques viennent de l’Europe ».

L’EXPLICATION

Les 70 % avancés par Gérald Darmanin proviennent d’un rapport de l’Institute for fiscal studies. Cet institut britannique indépendant affirme que : « La principale source d’importation de nourriture au Royaume-Uni est l’Union européenne, qui compte pour 70 % des importations brutes de nourriture », précise-t-il. L’Institute for fiscal studies est lui-même arrivé à ce chiffre grâce à la base de données des Nations unies. Il a additionné les statistiques de différentes familles d’aliments pour arriver au total de 70 %. Un tel chiffre s’explique par le fait que l’agriculture au Royaume-Uni n’occupe pas une place importante dans l’économie du pays. En 2016, elle n’a contribué qu’à 0.7 % du PIB britannique contre 1.7 % en France, selon Eurostat.

Des conséquences dramatiques pour le Royaume-Uni

Les économies du Royaume-Uni et de l’Union européenne sont étroitement liées. Selon le site internet officiel de l’UE, le Royaume-Uni importe 51 % de ses biens et services depuis l’UE tandis que 47 % de ses exportations ont pour destination l’Union européenne. Or, si un Brexit sans accord s’applique, leurs relations commerciales seront régies par l’Organisation Mondiale du Commerce impliquant l’instauration de droits de douane important pour les importations en provenance du Royaume-Uni. Cela aurait aussi pour conséquence la fin de la reconnaissance mutuelle des normes et standards. Les exportateurs britanniques, pour vendre aux consommateurs européens, devront prouver à l’UE qu’ils respectent ses règles, ce qui représentera des dépenses en plus. Pour les britanniques, l’enjeu est de taille, un « no-deal » pourrait avoir des conséquences dramatiques sur l’économie de l’île.

Elise Pontoizeau

Les sources à consulter

  • Institute for fiscal studies : Rapport « The exposure of households’ food spending to tariff changes and exchange rate movements »
  • Nations unies : UN Comtrade Database
  • Eurostat : Ministère de l’agriculture et de l’alimentation, contexte agricole et relations internationales du Royaume-Uni.
  • Europa.eu : Commerce et économie du Royaume-Uni
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