GÉRARD FILOCHE

« Aujourd’hui, [le PS] n’a plus rien : il a perdu sept élections de suite, n’a plus qu’une dizaine de milliers d’adhérents effectifs »

Dans une interview publiée dimanche 14 janvier 2018 dans le Journal du dimanche, Gérard Filoche a annoncé qu’il quittait le Parti socialiste. L’ancien syndicaliste porte un regard négatif sur l’évolution du mouvement qui, selon lui, est marquée par les échecs électoraux et les défections de ses adhérents. Ce qui est partiellement vrai.

LE CONTEXTE

La discorde entre le Parti socialiste et l’un de ses anciens membres, Gérard Filoche, a débuté le 21 novembre 2017. Ce dernier avait alors publié un tweet qualifié d’antisémite par le bureau national du parti, qui a ensuite pris la décision d’exclure Gérard Filoche. Dans une interview qui lui est consacrée dans le JDD dimanche 14 janvier 2018, l’ancien militant conteste cette éviction, tout en annonçant qu’il quitte de lui-même le parti. Il justifie son départ en affirmant : «  En 2012, le PS avait tout, même le Sénat. Aujourd’hui, il n’a plus rien : il a perdu sept élections de suite, n’a plus qu’une dizaine de milliers d’adhérents effectifs, il est endetté et se divise entre des dirigeants subalternes. Bref, il n’arrive ni à faire un bilan ni à se trouver un avenir ».

L’EXPLICATION

Gérard Filoche ne se trompe pas en soutenant que le Parti socialiste est actuellement en difficulté, de par les nombreuses défaites électorales, les soucis financiers et le nombre d’adhérents qui ne cesse de diminuer. Dans un premier temps, il est vrai de dire que le Parti socialiste était majoritaire dans les institutions politiques en 2012. En effet, lors des élections sénatoriales de 2011, le Sénat a basculé à gauche pour la première fois depuis l’instauration de la Cinquième République, en 1958. 

De même, Gérard Filoche dit vrai lorsqu’il avance que le parti « a perdu sept élections de suite ». En effet, sur les sept derniers scrutins répertoriés depuis 2014, le PS n’en a remporté aucun. Sur le site du ministère de l’Intérieur, les chiffres en apportent la preuve. Pour les sénatoriales 2017, c’est le groupe Les Républicains qui est arrivé en tête avec 128 sièges contre 77 pour le groupe socialiste qui se place dans la minorité. Aux législatives 2017, le parti socialiste est submergé par le raz de marée du groupe La République en marche (LREM) et n’obtient que 30 sièges à l’assemblée. De même pour les élections présidentielles de 2017 où Benoît Hamon, candidat du Parti socialiste, est arrivé en 5e position avec 6,36% des suffrages. Aux régionales 2015, la liste Union de la gauche se place derrière le FN et l’Union de la droite, comme pour les départementales de la même année où le parti ne fait que 16,06% des suffrages. Enfin en 2014, lors des élections européennes et municipales, le parti socialiste ne fait guère mieux et se positionne toujours derrière la droite voire l’extrême droite.

Par ailleurs, la question des difficultés financières soulevée par l’ancien syndicaliste n’est pas nouvelle. En effet, on peut aisément lire sur le site du parti que « le Parti socialiste a décidé, lors de sa réunion du Bureau national du 19 septembre dernier, de vendre son actuel siège national. Cette décision a été prise pour des raisons financières après la baisse des dotations publiques suite aux résultats des élections présidentielle et législatives (…) ».

Néanmoins, Gérard Filoche a quelque peu exagéré les faits en affirmant ceci : « Le PS n’a plus qu’une dizaine de milliers d’adhérents effectifs.  » Si l’on en croit les derniers chiffres officiels communiqués par le bureau national des adhésions au Parti socialiste, le mouvement comptait, en 2016, 111 450 adhérents dans ses rangs. Bien loin de la « dizaine de milliers d’adhérents effectifs » annoncée par Gérard Filoche. Les chiffres les plus récents devront être révélés lors du vote du Congrès qui aura lieu les 7 et 8 avril 2018. A cette occasion, les adhérents devront se mettre à jour des cotisations pour pouvoir voter.

Ainsi, bien que Gérard Filoche ait noirci le tableau de la situation actuelle au Parti socialiste, certaines de ses affirmations, notamment celle qui concerne les résultats électoraux, reste exactes.

Clotilde Costil

Les sources à consulter

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