PASCAL POINTUD

« De 2016 à 2018, nous sommes passés de 15000 à 19000 fichés FSPRT (radicalisés) [… ] Ce chiffre augmente de manière conséquente sans que des mesures d’éloignement ni d’internement ne soient prises »

Le décompte des personnes radicalisées en France prête souvent à confusion. Après les fiches S, c’est désormais le FSPRT qui fait l’objet de raccourcis. Le FSPRT, c’est le Fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation terroriste, créé en mars 2015, dans lequel était recensé Radouane Lakdim, auteur de l’attentat de Trèbes. Des élus d’opposition se sont alarmés de l’augmentation depuis 2016 du nombre de personnes dans le fichier, de 15 000 à 19 000 selon eux. C’est le cas de Pascal Pointud, président de la section du Puy-de-Dôme du parti Chasse, pêche, nature et traditions (CPNT) et conseiller national Les Républicains, qui affirme cela sur Twitter le 25 mars 2018. Il ajoute même que « le chiffre augmente de façon conséquente sans que des mesures d’éloignement ni d’internement ne soient prises »
Une affirmation imprécise. Les derniers chiffres communiqués par les autorités font bien état de 19 745 noms dans le FSPRT. Mais cela n’a guère de sens de parler du nombre sans tenir compte des strates qui composent le fichier.
Dans le détail, 11 000 personnes sont considérées comme actives. Il s’agit d’individus qui représentent un danger potentiel de par leur radicalisation, et sont suivis. Un peu plus de 3500 autres sont en veille : ils ne suscitent plus d’inquiétudes et ne nécessitent donc plus une surveillance active des services. Enfin, 4 600 personnes ont vu leur dossier être clôturé. La CNIL permet que les fiches des inactifs soient conservés pendant cinq ans dans le FSPRT, mais eux non plus ne nécessitent plus de surveillance.
En conclusion, parler de 19 745 personnes suivies pour radicalisation est inexact. Depuis plus d’un an, le nombre d’actifs baisse, de 13 000 à 11 000, alors que les dossiers en veille et clôturés augmentent.

Pour regarder la vidéo « Désintox » diffusée dans l’émission « 28 Minutes » d’Arte, c’est ici :

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