JEAN-CHRISTOPHE LAGARDE

« [En] Seine-Saint-Denis […] nous avons moins de lits d’hôpitaux, moins de lits de réanimation qu’ailleurs »

Jean Christophe Lagarde, président du groupe UDI, Agir et indépendants à l’Assemblée nationale, s’est exprimé sur le respect du confinement en Seine-Saint-Denis. Il explique que si les hôpitaux ont été plus vite saturés que dans d’autres départements, ce n’est pas en raison du non respect du confinement mais parce que la Seine-Saint-Denis à l’offre de soins la moins favorable de l’Île-de-France. Selon les données du Ministère de la Santé, ses propos sont vrais.

LE CONTEXTE

Invité du “petit déjeuner politique”, le jeudi 2 avril, sur Sud Radio, Jean Christophe Lagarde, président du groupe UDI, Agir et indépendants à l’Assemblée nationale, a répondu aux questions du journaliste Patrick Roger. Il s’est notamment exprimé sur le non respect du confinement en banlieue. Il a affirmé : “si les hôpitaux de Seine-Saint-Denis ont été plus vite débordés que les autres, ce n’est pas par un non-respect du confinement mais parce que nous avons moins de lits d’hôpitaux, moins de lits de réanimation qu’ailleurs ».

L’EXPLICATION

La Seine Saint Denis, département d’1,6 million dhabitants, est durement touchée par l’épidémie de coronavirus. La densité de population, (6802 habitants au km2 selon l’INSEE en 2016), et la pauvreté (la médiane du revenu disponible est de 16609€ par an contre 19785€ pour la France métropolitaine), favorisent la diffusion du virus. En effet, on y dénombre plus de bidonvilles, de familles nombreuses et de logements suroccupés. Les caractéristiques socio- démographiques de ce département ont contribué à la saturation des services de réanimation qui a eu lieu dès le début de l’épidémie. Une note méthodologique de l’INSEE montre que la mortalité a bondi de 63% dans le 93 entre le 1er et le 20 mars 2020. En outre, ce territoire dispose, d’une offre de soins sous dimensionnée. En effet, les propos de Monsieur Jean Christophe Lagarde, contacté par FactoScope, s’appuient sur la dernière étude de la DREES (Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques) du Ministère de la santé. En 2019, concernant les lits d’hôpitaux, la Seine-Saint-Denis dispose de 42 lits pour 10 000 habitants et Paris 77 lits pour 10 000 habitants. 

Le Projet Régional de Santé de l’Agence Régionale de Santé 2018-2022 de l’Île-de-France indique le chiffre de 1200 lits de réanimation adulte dans la région au 1er janvier 2018. Paris en dispose de 407 (pour 2.2 millions d’habitants) et la Seine-Saint-Denis de 103 (pour 1.6 million d’habitants). Comme le montre le schéma ci- dessous, le département est sous doté en nombre de lits de réanimation adulte.

Concernant la réanimation pédiatrique, la situation est encore plus défavorable pour ce département. Le Projet Régional de Santé de l’ARS de l’Île-de-France fait état de sept réanimations pédiatrique autorisées dans la région : 3 réanimations pédiatriques (1 dans l’Essonne, 2 dans les Hauts-de-Seine) et 4 réanimations pédiatriques spécialisées (3 à Paris, 1 dans le Val-de-Marne). L’ARS Ile-De-France que nous avons interrogée confirme : il n’y a pas de réanimation pédiatrique en Seine-Saint-Denis. Pour les réanimations, dans le cadre de l’épidémie du Covid-19, les enfants sont transférés à Robert Debré (Paris) pour ceux qui n’ont pas le Covid ou à Necker (Paris) pour ceux qui sont malades du virus. 

Enfin, le Projet Régional de Santé de l’Agence Régionale de Santé (ARS) de l’Île-de-France mentionne que le département de Seine-Saint-Denis est le plus défavorisé de cette région (p.247) : “Il constitue pour l’ARS un des territoires prioritaires, où une recomposition hospitalière majeure entre offreurs publics devra être portée”. Les propos de Jean Christophe Lagarde son donc vrais. 

Emmanuelle Lescaudron

Les sources à consulter

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