FRÉDÉRIQUE VIDAL

« En Staps, nous avons déjà ouvert plus de 3 000 nouvelles places »

Frédérique Vidal a affirmé que 3 000 places supplémentaires ont été ouvertes dans les filières de Staps pour la prochaine rentrée universitaire. La ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a raison puisqu’un ajustement a été récemment effectué.

LE CONTEXTE

Alors que la phase d’inscription et la saisie des voeux sur la plateforme Parcoursup – qui remplace Admission post-bac depuis cette année – se sont achevées le mardi 13 mars 2018, Frédérique Vidal s’est exprimée sur le sujet dans les colonnes de Libération cinq jours plus tard. La ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation est revenue sur les résultats du nouveau logiciel d’affectation, dont ceux concernant les Staps, un des cursus les plus prisés à l’université. « J’ai déjà ouvert 19 000 nouvelles places dans les filières où j’ai la quasi-certitude qu’elles seront très demandées. Par exemple, en Staps, nous avons déjà ouvert plus de 3 000 nouvelles places, a-t-elle notamment déclaré au quotidien. Je me réserve la possibilité d’en ouvrir d’autres, en fonction des situations de tension qui vont se présenter et des possibilités restantes dans les universités qui ont déjà fait des efforts importants. »

L’EXPLICATION

L’accès en Staps (Sciences et techniques des activités physiques et sportives) anime depuis longtemps les débats. En 2017, quelque 10 000 bacheliers n’avaient pas été acceptés en raison d’un manque de places. Cette année, au vu de l’augmentation de 5,2 % du nombre d’inscrits sur Parcoursup (soit 888 000 candidats environ), le gouvernement a essayé de se préparer au mieux à l’afflux de candidatures.

À son lancement, en janvier 2018, la plateforme faisait état d’une capacité d’accueil de 19 368 élèves en première année de licence de Staps en 2018, contre 17 713 un an auparavant. Dans le même temps, le nombre de places disponibles en Deust (Diplôme d’études universitaires scientifiques et techniques) est passé de 472 à 806. Soit, au total, 1 989 nouvelles places dans ces cursus d’études sportives proposées à l’ouverture de Parcoursup.

En outre, en mars 2018, plus d’un millier de places supplémentaires ont été financées en Staps, pour faire face à l’afflux des candidatures « dans les formations d’enseignement supérieur » dites « en tension ». Ce qui porte le total de nouvelles places à 3 000 dans les cursus d’études sportives, sur 19 000 toutes filières confondues, pour la prochaine rentrée universitaire. D’ailleurs, Frédérique Vidal et son ministère ont récemment décidé de débloquer une enveloppe de dix millions d’euros supplémentaires afin de « faciliter et accélérer le déploiement du Plan Étudiants dès la rentrée 2018 », pour reprendre les termes du communiqué de presse. Huit millions serviront à « renforcer les équipes pédagogiques », tandis que deux millions seront destinés à « l’indemnisation des enseignants-chercheurs et des personnels qui œuvrent […] à la mise en œuvre de la réforme ».

En ce qui concerne les Staps, ces annonces vont se concrétiser par un agrandissement de certains sites, comme ceux de Besançon, de Lille et de Nantes, et par la création d’antennes, à Bourges, à Nîmes et à Vichy par exemple. La ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation peut alors affirmer que 3 000 nouvelles places ont d’ores et déjà été créées en Staps en prévision de la rentrée 2018.

Date : 27 avril 2018.

Lieu : Paris (Île-de-France).

Interlocuteurs :

  • Frédéric Dardel, président de l’université Paris-Descartes.

L’université Paris-Descartes, dont le siège est situé dans le 6e arrondissement de la capitale, fait partie de ces lieux de formation qui vont ouvrir des places supplémentaires – 105 exactement – en Staps à la rentrée prochaine. Sa capacité d’accueil va passer à 340 élèves.

« Nous serons au taquet, explique Frédéric Dardel, le président de l’université. Nous avons calculé ce dont nous étions en mesure de faire au maximum. À Paris, le mètre carré vaut cher. »

L’Unité de formation et de recherche en Staps de Paris-Descartes se trouve dans le 15e arrondissement, à proximité de la porte de Versailles. Le campus comprend des amphithéâtres et diverses installations sportives (salles polyvalentes, de musculation, de boxe ; mur d’escalade ; stade ; dojo…). Un nouveau gymnase est notamment sorti de terre il y a cinq ans. Pour autant, sa localisation limite le développement des infrastructures. Il n’y a, entre autres, pas de piscine. Comment peut-on donc parvenir à une augmentation des effectifs sans agrandir le site ?

D’abord, certains cours vont être hybridés, comme cela se fait depuis septembre 2017. « Les étudiants ont déjà la possibilité de les suivre en présentiel ou depuis une formule numérique. » Les emplois du temps vont ainsi être optimisés. Puis la direction a procédé au recrutement d’un poste d’attaché temporaire d’enseignement et de recherche afin de mieux encadrer les effectifs additionnels.

Frédéric Dardel dirige l’université Paris-Descartes depuis 2011. Photo : Simon Bolle

Concernant les candidatures reçues via la plateforme Parcoursup, Frédéric Dardel et ses équipes ont opté pour la transparence. Au total 5 425 jeunes ont émis un voeu en Staps à Paris-Descartes en 2018, contre 11 139 candidatures en 2017. Une différence étonnante pour une filière dite « en tension ». « C’est un effet conjoncturel, analyse le président. Il n’y a, par exemple, plus de choix groupés en Île-de-France. Chacun peut désormais cocher l’université qu’il préfère. » Par ailleurs, par rapport à APB, le système d’affectation n’est plus le même. Les postulants sont maintenant départagés selon plusieurs critères (pratique sportive, notes, engagement associatif…). Autant d’éléments qui, selon Frédéric Dardel, devraient aboutir à « moins de loterie ».

Avec l’ancienne méthode, les lycéens de Malakoff ou de Vanves, deux villes juste à côté du campus Staps de Paris-Descartes, étaient dirigés vers les sites d’Évry ou de Nanterre en raison de la sectorisation. Leur commune n’appartient pas, en effet, à Paris intra-muros. Aujourd’hui, le fait de pouvoir regarder les dossiers devrait changer la donne. « C’est de la sélection positive, juge Frédéric Dardel. L’objectif reste qu’ils réussissent. Avec les résultats au baccalauréat, le temps de trajet est le principal facteur de réussite. »

Simon Bolle

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