JORDAN BARDELLA

« La France est l’un des pays où l’on paie le plus d’impôts »

Jordan Bardella est élu de la Seine-Saint-Denis au Conseil régional de l’Île-de-France et la tête de liste du Rassemblement national aux prochaines élections européennes. Il a déclaré : « La France est l’un des pays où l’on paie le plus d’impôts. » Et d’après le dernier rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), c’est bien vrai.

LE CONTEXTE

Depuis le 17 novembre et le lancement du mouvement des Gilets jaunes, la question des impôts et, plus généralement, des charges supportées par les Français fait réagir ces derniers. Contribution sociale généralisée (CSG), taxe sur la valeur ajoutée (TVA) ou encore taxe d’habitation… Chaque année, les Français doivent régler plusieurs milliers d’euros de cotisations et autres prélèvements fiscaux obligatoires. Une réalité que dénoncent vivement les Gilets jaunes depuis la mi-novembre.
Mardi 22 janvier 2019, c’était au tour de Jordan Bardella, élu de Seine-Saint-Denis et tête de liste du Rassemblement national (RN) aux élections européennes, de pointer du doigt l’importance de ces charges obligatoires. Au micro de Léa Salamé sur France Inter, il a déclaré : « La France est l’un des pays où l’on paie le plus d’impôts » Et c’est vrai. Entre les différents impôts sur le revenu, cotisations sociales et taxes en tout genre, la France semble être une économie très active.

L’EXPLICATION

En 2017 et selon un rapport publié par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) en décembre 2018, la France se hisse à la première place du classement, avec 46,2 % de recettes fiscales. Elle détrône ainsi le Danemark, à la tête de ce classement depuis 2000. Outre cette première place, la France figure également parmi la dizaine de pays au sein desquels le poids des prélèvements fiscaux par rapport au PIB (produit intérieur brut) a le plus augmenté au cours des dix dernières années, soit depuis la crise financière de 2007.

Un grand écart pour la France

L’organisation économique, qui compare les données fiscales de ses membres depuis 1965, constate également l’importance croissante que représentent aujourd’hui l’impôt sur les bénéfices des sociétés, la TVA et les cotisations de sécurité sociale.

Source : OCDE

Cette analyse de l’OCDE intitulée “Statistiques des recettes publiques 2018” comparant seulement les chiffres relatifs à ses 36 États membres, elle ne retranscrit pas la réalité des prélèvements obligatoires au niveau mondial. Mais elle permet tout de même de constater un déséquilibre entre les pays comparés. En cela, le rapport note une progression visible du rapport impôts-PIB dans ces pays membres, passant de 34,0 % en 2016 à 34,2 % en 2017. Cette moyenne, bien qu’ayant augmentée, fait transparaître le fait que la France se situe 12 points plus haut que la grande majorité des pays de la zone économique en question.

Si dans cette étude, il est démontré que les recettes de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) restent la première source de recettes tirées des impôts sur la consommation pour les pays de l’OCDE, elle ne montre pas comment sont redistribuées et utilisées ses richesses au sein de chaque État membre. La France est à ce titre également première, à l’échelle européenne, en ce qui concerne la redistribution de ses richesses. La dépense publique (ensemble des dépenses engagées par l’État et les administrations centrales comme la sécurité sociale, les collectivités territoriales et tous les organismes leur sont attachés) notamment en matière d’éducation, de santé, ou encore de retraites, est plus élevée chez les Français que dans d’autres pays de l’Union. En 2017, les dépenses publiques françaises ont atteint 1 291 milliards d’euros, pour 1 038 milliards de recettes fiscales. Un ratio donc plus ou moins équilibré si l’on prend en compte les dépenses liées aux minima sociaux en France, par exemple.

Clara Gaillot

Les sources à consulter

  • Youtube.com : « Jordan Bardella au micro de Léa Salamé »
  • Oecd.org : « Les recettes fiscales continuent de croître avec une évolution de la structure de la fiscalité vers une part grandissante des impôts sur les sociétés et sur la consommation »

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