NADINE MORANO

« Le président de la République se glorifie d’avoir augmenté de 200 millions, pour arriver à 1,6 milliard d’euros sur la ligne budgétaire immigration/intégration »

Nadine Morano, députée européenne a déclaré que le président de la République, Emmanuel Macron, avait augmenté la ligne budgétaire asile, immigration et intégration de 200 millions d’euros, pour le porter à 1,6 milliard d’euros. Si on fait un comparatif des budgets de l’État de 2018 et 2019, les chiffres avancés par la membre des Républicains sont vrais. Mais le président de la République n’est pas responsable de cette augmentation.

LE CONTEXTE

Invitée de l’émission politique « Et en même temps », diffusée sur BFM-TV, le 3 février 2019, Nadine Morano, députée européenne, a abordé les décisions qu’il fallait prendre pour résoudre la crise des gilets jaunes. Elle a alors indiqué que le gouvernement devait effectuer des économies budgétaires et a déclaré : « Le président de la République se glorifie d’avoir augmenté de 200 millions, pour être arrivé à 1,6 milliard d’euros sur la ligne budgétaire immigration/intégration. »

L’EXPLICATION

La loi de finances « prévoit et autorise l’ensemble des ressources et des dépenses du budget de l’État pour l’année civile ». Elle est proposée par le gouvernement puis votée par le Parlement avant le 31 décembre de chaque année. Le document reprend le budget alloué à chaque mission. Celle intitulée « Immigration, asile et intégration », à laquelle fait référence Nadine Morano, a bénéficié de 1, 688 milliard d’euros en 2019. Cette même somme s’élevait à 1, 381 milliard d’euros dans la loi finance 2018. Soit une augmentation de 307 millions d’euros.

Sur le principe de la hausse et sur le montant global, Nadine Morano a donc raison, même si, selon elle, l’augmentation de crédit n’est que de 200 millions d’euros. Il s’agit là d’une première imprécision.

Mais surtout, l’autre aspect de cette phrase, celui dans lequel Nadine Morano affirme : « Le président de la République se glorifie d’avoir… », est faux. En effet, cette tournure de phrase induit que le président de la République serait à l’origine de la loi de finances. Ce n’est pas le cas.

Elle est le fruit d’un long processus administratif puis démocratique. Le Premier ministre donne le cap en matière de politiques publiques. Bercy prend ensuite le relais et échange avec les autres ministères afin d’évaluer leurs besoins en crédits. Le projet est ensuite voté par le Parlement. Il peut alors être amendé par les députés ou les sénateurs.

Ewen Renou

Les sources à consulter

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