SIBETH NDIAYE

« Les journalistes sont des justiciables comme les autres. »

Invité jeudi 23 mai 2019 sur Europe 1, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a affirmé que « les journalistes sont des justiciables comme les autres ». Une déclaration qui intervient après la convocation de la journaliste du Monde Ariane Chemin à la DGSI dans le cadre de l’affaire Benalla.

Cette affirmation est erronée. Pour des faits de droit de commun, le journaliste est effectivement un justiciable comme les autres. En revanche, dans l’exercice de ses fonctions, il bénéficie de droits et de dérogations spécifiques.

C’est le cas du droit au secret des sources. Celui-ci protège le journaliste et interdit la justice de le contraindre à révéler l’origine de ses informations. Selon la loi, seul « un impératif prépondérant d’intérêt public » justifierait de porter atteinte au secret des sources. Le citoyen lambda ne bénéficie pas de cette protection. Il est tenu de livrer à la justice toute information susceptible de faire avancer une enquête. 

Il arrive aussi que la liberté d’informer, reconnue par les textes européens, prime sur la loi française. « Parfois la liberté d’expression va avoir une valeur supérieure à un texte pénal », explique à l’AFP l’avocat spécialiste du droit de la presse Christophe Bigot. Selon les cas, c’est au juge de trancher si l’information révélée justifie que l’on viole la loi.

Pour consulter l’article d’AFP Factuel entier, c’est ici.

Ce sujet a aussi été traité dans une vidéo des Idées claires, produite par France Info et France Culture. Pour la visionner, c’est ici.

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