SÉBASTIEN LECORNU

« Pendant le second tour, les Républicains ont été incapables de choisir entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron »

Le secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire a affirmé que Les Républicains, lors de l’élection présidentielle, n’ont pas été capables de se décider entre la leader du Front national et le candidat En marche. Si certains cadres du parti se sont bien opposés au front républicain, Sébastien Lecornu semble tomber dans la généralité.

LE CONTEXTE

Interrogé par Elizabeth Martichoux sur l’arrivée de Laurent Wauquiez à la tête des Républicains, Sébastien Lecornu est revenu sur sa propre exclusion du parti. Au micro de RTL matin, le 11 décembre 2017, le secrétaire d’État de 31 ans a expliqué qu’il a été mis « à la porte » des Républicains en octobre 2017 pour avoir rejoint le gouvernement. Selon lui, ce ne serait pas l’unique raison de son évincement. Ce départ serait aussi dû à son « désaccord profond, pendant le second tour, avec l’incapacité des Républicains à choisir entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron ». Plusieurs ténors du parti se sont pourtant très vite positionnés derrière le candidat En marche.

L’EXPLICATION

À l’issue du premier tour de l’élection présidentielle, le 23 avril 2017, Emmanuel Macron et Marine Le Pen arrivent en tête des suffrages. Les réactions politiques ne tardent pas. Du côté des Républicains, François Fillon, arrivé troisième avec 20 % des voix, est le plus légitime pour prendre la parole. Une heure après l’annonce des résultats, il appelle à voter pour le candidat En marche : « Il n’y a pas d’autres choix que de voter contre l’extrême droite. Je voterai donc en faveur d’Emmanuel Macron. J’estime de mon devoir de vous le dire avec franchise ».

Qu’en est-il des autres ténors du parti ? De sa mairie de Bordeaux, le soir de l’élection, Alain Juppé apporte « sans hésiter » son soutien à En marche. Même conclusion chez Nicolas Sarkozy qui utilise les réseaux sociaux pour faire passer son message. Il explique qu’il votera Emmanuel Macron, avant de préciser que « c’est un choix de responsabilité qui ne vaut en aucun cas un soutien à son projet ». Donner sa voix à l’ancien ministre de François Hollande s’impose aussi pour Jean-François Copé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Bruno Le Maire, François Baroin, Luc Chatel, Gérard Larcher, Valérie Pécresse, Christian Estrosi, ou encore Jean-Pierre Raffarin.

« Voter contre Marine Le Pen pour la faire battre »

La ligne la plus à droite du parti n’est pas du même avis puisqu’elle préfère la politique du « ni-ni ». C’est le cas de Laurent Wauquiez : « Je demande à ceux qui nous ont fait confiance de ne pas voter pour Marine Le Pen. » Celui qui n’est pas encore, à l’époque, président des Républicains reste volontairement flou et n’indique pas s’il faut glisser dans l’urne un bulletin En marche ou un vote blanc. Éric Ciotti et Nadine Morano jugent aussi la candidate FN « dangereuse » pour la France, mais n’appellent pas clairement à voter En marche. De son côté, Henri Guaino a expliqué qu’il ne donnerait sa voix ni à Marine Le Pen ni à Emmanuel Macron.

Face à ces divergences, le bureau politique des Républicains a décidé d’une ligne commune. Dans un communiqué de presse du 24 avril, il est précisé que « face au Front national, l’abstention ne peut être un choix » et le bureau politique appelle à « voter contre Marine Le Pen pour la faire battre au second tour de l’élection présidentielle ».

Ainsi, dans la majorité des cas, les membres du parti se sont rapidement exprimés et ont apporté leur soutien à En marche. Concernant les instructions de vote, le bureau politique des Républicains a appelé ses électeurs à voter contre le Front national. SébastienLecornu exagère donc quand il affirme que les Républicains ont été incapables de choisir entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron.

Laure Le Fur

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