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Chronologie de la révolte syrienne

Manifestation de soutien à la révolution syrienne, en juin 2011 (Sue Kellerman/Flickr/CC)

Fiche actualisée le 17 juillet 2012 - Voir le dernier événement

 

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Chronologie de la révolte syrienne

 

Février 2011 : face aux révoltes arabes qui se développent parallèlement, des appels à la manifestation se multiplient en Syrie. Le gouvernement entend tout d’abord éviter une crise en annonçant des mesures sociales.

15 mars : début des manifestations massives, notamment à Deraa. Le lendemain, 4 personnes sont tuées et des centaines d’autres blessées par les forces de l’ordre. C’est le début d’une répression féroce, où l’arme tire à balles réelles.

23 mars : une centaine de manifestants sont tués à Deraa. Le lendemain, 20 000 personnes assistent aux funérailles dans les rues de la ville. Le vendredi 25 mars, des manifestations essaiment dans tout le pays. En réponse, le gouvernement de Bachar Al-Assad promet des réformes.

29 mars : le gouvernement démissionne mais le premier ministre, Naji Otri, est reconduit par Bachar Al-Assad, qui dénonce le lendemain une “conspiration” contre son régime.

31 mars : le régime annonce l’ouverture d’une enquête sur les morts constatées à Deraa et Lattaquié les deux semaines précédentes.

7 avril : Bachar Al-Assad pense lâcher du lest face à la contestation en naturalisant 300 000 Kurdes, qui avaient été privés de la nationalité syrienne par un décret en 1962.

10 avril : des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre à Baniyas (nord-ouest) entraînent la mort de 14 personnes, dont 9 militaires. L’armée déploie des blindés.

14 avril : un nouveau gouvernement est formé. Adel Safar succède à Naji Otri au poste de Premier ministre. Bachar Al-Assad décide la libération de toutes les personnes arrêtées depuis le début du mouvement.

15 avril : selon l’ONG Amnesty International, au moins 200 personnes ont été tuées depuis le début de la contestation, un mois auparavant.

19 avril : Bachar Al-Assad lève l’état d’urgence qui était en vigueur depuis 1963. Cette mesure s’accompagne toutefois d'une nouvelle législation destinée à "réglementer le droit à manifester pacifiquement".

25 avril : l’armée envoie des chars à Deraa pour mater la contestation, tuant au moins 18 personnes ce jour-là.

27 avril : plus de 230 membres du parti Baas, au pouvoir, démissionnent pour dénoncer la violence conter les civils. A l’ONU, une résolution du Conseil de sécurité condamnant la répression est bloquée par la Russie, qui estime que la situation en Syrie “ne constitue pas une menace pour la paix et la sécurité internationales”.

21 mai : la famille de Hamza Al-Khatib, un adolescent de 13 ans, récupère son corps mutilé par les forces armées, qu’une vidéo postée sur Youtube montre (attention, images choquantes). Les autorités nient avoir torturé Hamza, qui serait, selon elles, mort lors d’un échange de tirs avec des “bandes armées”. Qu’importe, Hamza devient le symbole de la révolte syrienne.

Manifestation de soutien à la révolte syrienne, au Caire en juin 2011 (Maggie Osama/Flickr/CC)

23 mai : l’Union européenne sanctionne Bachar Al-Assad et neuf personnes de son entourage, en gelant leurs avoirs et en les interdisant de visa pour l’UE.

31 mai : Bachar Al-Assad décrète une amnistie générale. Cela ne calme pas les manifestants, qui sont plusieurs dizaines de milliers à descendre dans la rue le lendemain dans le pays malgré la répression.

1er juin : dans un rapport intitulé “Nous n’avons jamais vu une telle horreur”, l’ONG Human Rights Watch dénonce des “crimes contre l’humanité” et "des tueries systématiques et des actes de torture par les forces de sécurité syriennes à Deraa”.

6 juin : au moins 120 membres des forces de sécurité syriennes périssent à Jisr al-Choughour (nord-ouest). Le régime accuse des “groupes armés” tandis que les opposants nient et affirment qu’il s’agit d’une mutinerie au sein des forces de l’ordre.

7 juin : l’ambassadrice de Syrie en France, Lamia Chakkour, annonce en direct sur France 24, par téléphone, qu’elle démissionne de ses fonctions... mais il s’avère rapidement que la chaîne de télévision a été victime d’une usurpatrice. France 24 porte plainte.

 

12 juin : l’armée syrienne annonce avoir pris le contrôle de Jisr al-Choughour après un intense bombardement qui a provoqué la fuite de plusieurs milliers d’habitants, notamment en Turquie.

13 juin : alors que les sources d’information en Syrie se font rare, une blogueuse syrienne dont les propos étaient régulièrement repris dans les médias s’avère être un Américain de 40 ans vivant en Ecosse. Démasqué, il explique avoir voulu “illustrer les événements pour un public occidental” et ferme son blog.

21 juin : Bachar Al-Assad décrète une nouvelle amnistie pour tous les crimes commis avant le 20 juin. Le même jour, des dizaines de milliers de partisans du régime manifestent dans plusieurs villes du pays, dont Damas, Alep et Deraa.

8 juillet : plus de 450 000 personnes (selon la Ligue syrienne des droits de l’homme) manifestent à Hama, en présence des ambassadeurs américain et français. Dans les jours suivants, les ambassades des Etats-Unis et de la France sont prises pour cible à Damas.

22 juillet : l’opposition revendique 1,2 million de manifestants à Deir ez-Zor et Hama.

31 juillet : à la veille du Ramadan, l’armée lance une vaste offensive à Hama et pilonne des quartiers résidentiels. Quelque 140 civils sont tués.

1er août : Riyad Al-Asaad, un colonel déserteur, fonde l’Armée syrienne libre (ASL), pour lutter contre les forces du régime.

3 août : après plusieurs jours d'opposition de la Russie et de la Chine, le Conseil de sécurité de l’ONU adopte une déclaration condamnant "les violations généralisées des droits de l'homme par les autorités syriennes" contre les civils.

6 août : le ministre syrien des Affaires étrangères annonce la tenue d’”élections libres et transparentes” avant la fin de l’année. Mais la répression et les morts continuent dans les jours suivants.

7 août : les pays arabes sortent enfin de leur silence par le biais de la Ligue arabe, qui exige de Bachar al-Assad qu'il "arrête la machine de mort et l'effusion de sang". L'Arabie saoudite rappelle son ambassadeur, suivie par Bahreïn et le Koweït.

13 août : l’armée commence à bombarder Lattaquié, principal port du pays, avec des blindés mais également des navires de guerre. Entre 5 000 et 10 000 personnes fuient la ville.

17 août : Bachar Al-Assad affirme à l’ONU que toutes les opérations militaires contre les civils ont pris fin. Deux jours plus tard, des dizaines de manifestants tombent sous les balles de l’armée, notamment à Homs.

22 août : la Commission des droits de l’homme de l’ONU décide l’ouverture d’une enquête internationale sur les violences en Syrie.

23 août : des opposants créent un “Conseil national” à Istanbul pour coordonner la lutte contre le régime.

2 octobre : après plusieurs jours de combats et des dizaines de tués, quelque 250 chars reprennent le contrôle de la ville d'Al-Rastan (sud).

4 octobre : la Russie et la Chine posent leur veto à une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU condamnant la répression et menaçant le régime syrien de “mesures ciblées”. Bachar Al-Assad menace de faire “pilonner Israël” si l’Otan attaque la Syrie. Selon l’ONU, plus de 2 900 personnes ont été tuées depuis la mi-mars dans le pays.

24 octobre : les Etats-Unis rappellent leur ambassadeur en Syrie “pour des raisons de sécurité”.

28 octobre : au moins 28 manifestants sont tués par les forces du régime. L’opposition demande une “zone d’exclusion aérienne” à la communauté internationale.

2 novembre : le régime de Bachar Al-Assad s’engage à respecter “sans réserves” le plan de la Ligue arabe, qui prévoit un retrait des troupes des quartiers résidentiels, un "arrêt immédiat de la violence", la venue d’observateurs arabes ainsi que des médias étrangers pour constater l'accalmie et le début d’un "dialogue national" avec l'opposition sous l'égide de l’organisation. Mais deux jours plus tard, au moins 23 manifestants sont tués dans des rassemblements contre le régime.

11 novembre : dans un nouveau rapport, l’ONG Human Rights Watch dénonce des “crimes contre l’humanité” et des “abus” systématiques contre les civils. Selon l’ONU, plus de 3 500 personnes ont été tuées depuis la mi-mars dans le pays.

12 novembre : constatant le non-respect des engagements du régime de Bachar Al-Assad, la Ligue arabe suspend la Syrie et appelle au retrait des ambassadeurs à Damas jusqu’à l’application du plan. La Turquie et la Jordanie, voisins de la Syrie, appellent au départ du président syrien. En représailles, des partisans du régime visent des ambassades à Damas.

15 novembre : alors que la Turquie envisage de réduire ses exportations d’électricité à la Syrie, le pouvoir libère plus de 1 180 détenus "impliqués" dans le mouvement de contestation du régime.

16 novembre : une installation des services de renseignement est la cible d’une attaque revendiquée par l’Armée syrienne libre. Les Etats-Unis affirment que les attaques de ce type jouent en faveur du régime.

29 novembre : l’Armée syrienne libre reconnaît l’autorité du Conseil national syrien.

2 décembre : la Commission des droits de l’homme des l’ONU dénonce de nombreuses exactions contre les enfants, eux aussi victimes de tortures et de meurtres. Selon l’ONU, plus de 4 000 personnes ont été tuées depuis la mi-mars dans le pays.

12 décembre : l’ambassadeur de France à l’ONU, Gérard Araud, accuse la Russie et la Chine, qui s’opposent à toute sanction contre la Syrie, d’être “moralement responsables de ce qui se passe aujourd’hui” dans le pays.

15 décembre : contre toute attente, la Russie dépose au Conseil de sécurité de l’ONU une proposition de résolution condamnant les violences perpétrées en Syrie, de “l’usage disproportionné de la force par les autorités syriennes” à “l’utilisation d’armes illégales par des groupes armés”. Les membres du Conseil saluent ce geste et se disent prêts à travailler sur ce texte, qu’ils jugent toutefois déséquilibré.

Ce même jour, l’ONG Human Rights Watch publie un nouveau rapport dans lequel elle détaille l’appareil répressif syrien et désigne 74 responsables militaires qui ont ordonné sans ambiguïté de tirer sur la foule lors de manifestations pacifiques. Ces dernières continuent malgré la répression : plus de 200 000 personnes sont rassemblées le lendemain à Homs.

22 décembre : des observateurs de la Ligue arabe arrivent dans le pays, après deux journées très sanglantes où au moins 250 personnes ont été tuées.

23 décembre : deux attentats à la voiture piégée visent des bâtiments des services de sécurité à Damas, tuant, selon les autorités, au moins 40 personnes. L’opposition accuse le régime, qui accuse Al-Qaida.

 

2012

6 janvier : un attentat suicide tue au moins 26 personnes à Damas. Le régime et l’opposition s’accusent mutuellement d’être à l’origine de l’attaque, compliquant un peu plus la tâche de la mission d’observation de la Ligue arabe, qui fait déjà face à de nombreux obstacles.

10 janvier : Bachar Al-Assad annonce un référendum sur une nouvelle Constitution en mars.

11 janvier : le journaliste français Gilles Jacquier est tué à Homs. Une enquête pour “homicide volontaire” est aussitôt ouverte à Paris. Alors que d’autres journalistes présents sur place dénoncent “un piège” du régime, un responsable de la Ligue arabe affirment qu’il s’agit d’une bavure de l’Armée syrienne libre.

26 janvier : l’armée pilonne de nouveau Homs, causant un véritable massacre, avec plusieurs centaines de morts en quelques jours.

28 janvier : la Ligue arabe suspend sa mission d’observation en raison de “la recrudescence des violences” contre les civils. Deux jours plus tard, dans son rapport, la mission accuse “le gouvernement syrien [d’avoir] essayé, par le biais d'une stratégie bien ficelée, d'empêcher que la mission n'arrive au plus profond des régions [en soulèvement, NDLR]” et affirme avoir “été témoin dans les secteurs de Homs, Idleb et Hama, d'actes de violence contre les troupes gouvernementales et contre les citoyens, entraînant de nombreux décès et blessures”.

4 février : nouveau bombardement massif sur Homs, tuant plus de 200 personnes lors d’un des “plus grands massacres”, selon des témoins, depuis le début de la révolte. Le même jour, la Russie et la Chine posent leur veto à un projet de résolution condamnant la répression et demandant le départ de Bachar Al-Assad, conformément au plan de crise élaboré par la Ligue arabe.

11 février : le chef d'Al-Qaida, Ayman al-Zawahiri, annonce dans une vidéo son soutien à l'opposition syrienne.

12 février : dans un projet de résolution déposé à l'ONU, la Ligue arabe demande l'envoi de casques bleus en Syrie. Devant le rejet annoncé de cette solution, l'organisation ne cache pas son intention d'armer l'opposition syrienne.

15 février : alors que Homs est bombardée depuis plusieurs jours par l'armée, Bachar Al-Assad annonce un référendum sur une nouvelle Constitution en mars.

22 février : deux journalistes, dont le photographe français Rémi Ochlik, sont tués par des tirs d’obus sur leur immeuble. D’autres reporters sont blessés, comme l’envoyée spéciale du Figaro, Edith Bouvier, qui demande de l’aide dans une vidéo publiée sur Internet.

26 février : la nouvelle Constitution proposée par le pouvoir est approuvée par référendum avec 89,4% de “oui” et 57,4% de participation, selon le gouvernement.

12 mars : les corps d'une cinquantaine de femmes et d'enfants sont retrouvés à Homs. Les autorités accusent des "gangs terroristes".

13 mars : Bachar Al-Assad annonce la tenue d'élections législatives le 7 mai.

17 mars : deux explosions de voitures piégées tuent au moins 27 personnes et blessent 140 autres à Damas, devant la direction de la police criminelle et un centre des renseignements.

21 mars : dans une déclaration, le Conseil de sécurité appelle la Syrie à "collaborer" avec son envoyé spécial, Kofi Annan, à "cesser les combats" et à favoriser "l’acheminement de l’aide humanitaire en temps voulu" ainsi qu’une "pause humanitaire quotidienne de deux heures". Même la Chine et la Russie, alliés de Damas, ont approuvé cette déclaration – qui n’a aucune valeur restrictive. 

28 mars : Bachar Al-Assad annonce qu’il accepte le plan de paix de Kofi Annan. Ce plan, en six points, prévoit notamment la fin des combats, "le droit de manifester pacifiquement" et la mise en place d’un "processus politique ouvert, dirigé par les Syriens". La Ligue arabe appuie la demande de l’ONU. Malgré cette annonce, les violences contre les civils reprennent dès le lendemain dans plusieurs villes du pays.

12 avril : un fragile cessez-le-feu entre en application après l’acceptation par Damas du plan de paix. Il est "relativement" respecté, selon les Nations unies. La répression féroce des opposants au régime de Bachar Al-Assad se poursuit malgré tout, avec la mort d’une centaine de personnes les jours suivants.

14 avril : une résolution autorisant l’envoi d’observateurs dans le pays est adoptée pour surveiller ce fragile cessez-le-feu. Les premiers observateurs arrivent en Syrie dès le lendemain... et constatent que les violences perdurent encore. Les villes de Homs, Idlib et Deraa sont notamment toujours sous les bombes du régime syrien.

23 avril : de nouvelles violences frappent Hama (centre du pays), selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme. Ce même jour, l’Union européenne adopte de nouvelles sanctions contre le régime syrien, à l’efficacité toutefois relative.

27 avril : un attentat-suicide en plein centre de Damas tue au moins 11 personnes et blesse des dizaines d’autres, selon les autorités, qui l’imputent aux "groupes terroristes armés".

29 avril : Le chef de la mission pour faire appliquer le plan de paix, le général norvégien Robert Mood, arrive dans le pays et appelle rapidement l’armée syrienne à faire le premier pas vers l’accalmie. Le régime syrien, peu conciliant, refuse des visas à trois observateurs internationaux.

2 mai : Au total, plus de 11 100 personnes ont été tuées depuis le début du soulèvement, en mars 2011, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Les opposants répliquent eux aussi : au moins 21 soldats sont tués dans des combats.

20 mai : deux personnes sont tuées à Beyrouth lors d’affrontements, prouvant que le conflit syrien menace désormais de déstabiliser le Liban, notamment à Tripoli, la deuxième ville du pays, où des pro et anti régime de Bachar Al-Assad s'affrontent entre le 12 et le 17 mai, causant la mort de 10 personnes.

24 mai : l’ONU accuse l’armée d’être à l’origine de "la plupart des violations graves" constatées dans le pays. Au cours des jours précédents, le régime a de nouveau pilonné deux villes "rebelles", Rastane (centre) et Idleb (nord-ouest).

25 mai : nouvelle escalade de violences avec le massacre de plus de 100 personnes, dont 49 enfants, à Houla, dans le centre du pays. Selon l’ONU, la majorité des victimes a été exécutée sommairement. La communauté internationale, y compris la Russie et la Chine (sans mettre en cause explicitement le régime de Bachar Al-Assad), condamne unanimement ce bain de sang. Damas nie toute responsabilité et met en cause les islamistes. Dans un mouvement commun, de nombreux Etats (parmi lesquels la France, les Etats-Unis, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, le Canada ou encore le Japon) expulsent les ambassadeurs syriens.

 

29 mai : lors de sa première interview télévisée depuis son élection, François Hollande affirme qu’une intervention militaire en Syrie sous l’égide des Nations unies n’est "pas exclue", bien que les Etats-Unis y soient pour le moment opposés. Mais Susan Rice, l’ambassadrice américaine à l’ONU, évoque des actions "hors du cadre du plan Annan et de l'autorité" des Nations unies.

6 juin : le président Bachar Al-Assad nomme un nouveau premier ministre, Riad Hijab, qui était jusque-là ministre de l’agriculture.

16 juin : les observateurs de l’ONU "suspendent" leur mission, en raison de “l’intensification des violences”, mais restent toutefois dans le pays. L’armée bombarde massivement la ville de Homs, bastion de la contestation contre Bachar Al-Assad et où quelque 1 000 familles se retrouvent encerclées. En outre, elle est accusée par l’ONU d'utiliser parfois des enfants comme boucliers humains.

22 juin : un avion de chasse turc est abattu au-dessus de la frontière avec la Syrie, tendant les relations entre les deux pays. L’armée syrienne aurait également tiré sur un autre avion turc qui participait aux recherches de l’épave, trois jours plus tard. Ankara garantit qu’elle n’entrera pas en guerre contre son voisin. Et pour cause : l'avion pourrait avoir été abattu alors qu'il effectuait sciemment une mission en territoire syrien.

30 juin : les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, réunis à Genève, parviennent à un accord sur les principes d’une transition avec la formation d’un gouvernement d’union nationale et, sous-entendu, le départ de Bachar Al-Assad.

5 juillet : le site Wikileaks publie plus de 2 millions de mails de responsables privés, dont certains du couple Al-Assad (les "Syria Files"). On peut y découvrir des courriels embarrassants pour des sociétés occidentales ainsi que d'autres, plus légers, sur l'humour graveleux de Bachar Al-Assad.

6 juillet : ouverture de la troisième réunion des Amis du peuple syrien à Paris, avec une centaine d’Etats et d’organisations représentés. Peu après l’ouverture est annoncée la défection d’un haut gradé de l’armée syrienne et ami d’enfance de Bachar Al-Assad, le général Manaf Tlass. Ce dernier est accueilli en France.

12 juillet : un nouveau massacre a lieu dans le pays, à Treimsa. Les forces gouvernementales attaque les insurgés à l’aide de chars et d’hélicoptères de guerre, causant la mort de 150 à 200 personnes, selon les bilans. Selon l’agence de presse officielle Sana, l’armée a poursuivi un "groupe terroriste" dans la localité.

15 juillet : une nouvelle étape est franchie avec des combats entre rebelles et troupes gouvernementales jusque dans le centre de Damas. L’armée bombarde pour la première fois un quartier de la capitale.

17 juillet : le ministre syrien de la Défense, le beau-frère de Bachar Al-Assad ainsi qu’un général de haut rang, chef de la cellule de crise, sont tués dans un attentat en plein coeur de Damas. L’attaque, revendiquée par l’Armée syrienne libre (ASL), provoque la fureur de l’armée, qui accentue la répression. Quelque 200 personnes auraient été tuées dans la seule journée du 18 juillet, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

20 juillet : Le chef de la Sécurité nationale syrienne Hicham Ikhtiar décède suite à des blessures causées par un attentat à la bombe au quartier général de Damas deux jours auparavant.

23 juillet : La Syrie reconnaît sa possession d’armes chimiques et menace de les utiliser en cas d’une intervention militaire occidentale, mais pas contre son peuple.

4 août : L’armée syrienne libre (ASL) enlève 48 Iraniens soupçonnés d’apartenir aux Gardiens de la révolution et étant en mission de reconnaissance à Damas. 

6 août : Le Premier ministre syrien quitte ses fonctions parmi le «régime meurtrier » d’Assad et rejoint les rangs de l’opposition deux mois après sa nomination. Il dénonce ce qu’il qualifie de « pires crimes de guerre, de génocide contre un peuple sans armes ».

17 août : Les observateurs de l’ONU se retirent de la Syrie suite à une décison du Conseil de Sécurité de l’ONU. Cette dernière survient après que le cessez-le-feu prononcé en avril 2012 n’ait jamais abouti.

20 août : Washington met en garde la Syrie contre le risque d’une intervention militaire américaine si le régime de Damas fait usage de ses armes chimiques. 

27 Août : Le président de la République français François Hollande évoque la possiblité d’une intervention extérieure directe en Syrie si Damas utilise des armes chimiques. Son discours lors de la Conférence des Ambassadeurs laisse entendre pour la première fois la possiblité pour le gouvernement français de reconnaître un gouvernement provisoire lorsqu’il aura été formé.

 

11 septembre : L’armée syrienne libre (ASL) prend le contrôle de la caserne Hananou, lieu stratégique dominant Alep, ville au nord de la Syrie. 

 

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