Le décret n° 2013-77 du 24 janvier 2013 relatif à l'organisation du temps scolaire dans les écoles maternelles et élémentaires a été adopté fin janvier. Retour sur la réforme des rythmes scolaires et les polémiques qu’elle a engendrées.

Fiche réalisée par Aliénor Carrière (@Alienor_Carr)

 

Modalités de la réforme : une semaine de 4,5 jours

Le but est que les enfants français aient des journées d’école moins chargées, et que leur semaine soit plus équilibrée (avec plus de détente l’après-midi). La semaine d’un écolier sera de quatre jours et demi au lieu de quatre jours, donc avec le mercredi matin ou le samedi matin travaillé.

Les journées de classe se termineront vers 15h30. De 15h30 à 16h30, une plage horaire sera réservée à des "activités éducatives complémentaires" (AEC), en petits groupes (max. 15 enfants) par des professeurs volontaires, par du personnel de service ou bien des professeurs de musique ou de sport (payés par les communes).

Pour justifier sa réforme, le ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon s’est penché sur les études comparant la France aux pays de l’OCDE : il remarque que les petits Français ont 144 jours de classe contre 187 à l’étranger mais que leurs journées sont plus longues et plus chargées (6 h/jour en France contre 4 ou 5h/jour en moyenne à l’étranger).

 

Les problèmes posés par cette réforme

1) La plage horaire consacrée aux AEC dure au plus une heure. Certaines activités nécessitent un déplacement (jusqu’au gymnase si activité sportive par exemple) et une heure ne suffira pas.

2) Mis à part dans les communes riches, les municipalités ne disposent pas souvent de personnel compétent pour proposer des activités aux enfants.

3) C’est souvent trop cher pour la plupart des communes, bien que le gouvernement ait annoncé une aide par enfant de 40 euros. L’association des maires de France estime à 200 euros le coût moyen par enfant de ces activités.

4) Ces activités seront peu originales dans les communes sans moyens financiers : la plupart du temps ce sera du « soutien scolaire » dispensé par du personnel communal.

5) Les retours à la maison en bus ne changeront pas. Les enfants se lèveront tôt plus souvent mais rentreront à la maison aussi tard que d’habitude. Certains experts estiment que les enfants seront finalement plus fatigués.

 

Application mitigée

La réforme entrera en application à la rentrée scolaire 2013, mais les communes peuvent demander le report de son application à la rentrée 2014.

Cette réforme commence sur la base du volontariat des communes. Malgré une petite incitation financière (90 euros la première année), seules 8% des communes françaises tentent le coup.

 

Changer les dates des vacances d’été ?

Vincent Peillon a aussi évoqué un raccourcissement des vacances d’été de huit à six semaines, séparées entre deux zones. Le sujet sera traité en 2015. En effet, les vacances d’été françaises (huit semaines) sont jusqu’ici les plus longues de toute la zone OCDE. Les chronobiologistes ont aussi estimé qu’un enfant était reposé au bout de 2 semaines de vacances, après 7 semaines d’école. Par contre, deux mois de vacances d’été seraient trop pour les enfants. Réduire le temps de vacances arrangerait aussi les parents qui ne peuvent souvent pas prendre 2 mois de vacances et doivent alors faire garder leurs enfants.

D’un autre côté, les syndicats d’enseignants refusent d’ors et déjà l’idée de perdre deux semaines de vacances. Ils ont déjà fait savoir que des compensations seraient exigées.

Si les deux zones de vacances d’été se concrétisent, un problème se posera pour les enseignants corrigeant le bac jusque mi- juillet. Cela impliquerait une réforme du bac, éventuellement pour qu’il se termine plus tôt, donc des complications supplémentaires qui n’encouragent pas Vincent Peillon à se presser sur ce sujet.

 

Fiche réalisée par Aliénor Carrière (@Alienor_Carr)

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