Cette fiche d’actu a été réalisée par les étudiants d’e-médias Institut, l’école de journalisme d’Aix en Provence.

 

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, reçoit mardi 28 mai un rapport du pneumologue Bertrand Dautzenberg sur les effets de la cigarette électronique. L’utilisation de ce produit récent suscite des critiques et il pourrait être interdit des lieux publics.

 

Qu’est-ce que la cigarette électronique ?

C’est un dispositif électronique visant à simuler l’acte de fumer grâce à la production d’une vapeur ressemblant visuellement à de la fumée. Cette vapeur peut être aromatisée et contenir, ou pas, de la nicotine à différentes doses. Contrairement à de la fumée produite par la combustion du tabac, cette vapeur, sensée contenir moins de substances cancérigènes, n’a pas d’odeur.

Les utilisateurs de cigarettes électroniques (appelée aussi e-cigarette), emploient souvent le terme de « vapoter », venant du mot vapeur, au lieu de « fumer ». Ils ne se considèrent plus comme des fumeurs, mais comme des « vapoteurs ».

 

Les « avantages » de l' »e-cigarette »

  • Elle reproduit les gestes du fumeur, mais sans les risques de la cigarette classique.
  • Elle protège du tabagisme passif, et donc votre entourage.
  • Elle permet de maîtriser le dosage en nicotine, et donc la dépendance.
  • Vêtements, doigts et haleines ne sentent plus le tabac froid.
  • Elle protège du risque de brûlure et d’incendie.
  • Moins de mégots qui trainent.
  • Dans un contexte de crise économique et alors que la loi interdit de fumer dans des lieux publics, la cigarette électronique est moins onéreuse, et aucune loi (pour le moment) n’interdit de vapoter.
  • Elle peut être une étape avant la sortie définitive du tabagisme.

 

D’où vient-elle ?

Le concept de cigarette électronique est apparu pour la première fois dans un brevet déposé par Herbert A.Gilbert en 1963, mais aucun prototype n’aboutit. Le véritable premier prototype fonctionnel de vaporisation alimentée par une batterie a été inventé en 2001 par Stéphane Vlachos, un étudiant en informatique.

C’est un pharmacien chinois, Hon Lik, qui, en 2003, a réalisé et rendu public le premier dispositif, avant de déposer en 2005, un brevet auprès de l’OMPI. Seulement, ce dispositif n’a pas pour but de produire de la fumée, mais seulement de délivrer une vapeur contenant de la nicotine. Hon Lik s’est ensuite associé à la société « Golden Dragon Holdings » pour commercialiser sa cigarette électronique en Chine en 2004. Le brevet se trouve être uniquement chinois.

Depuis, de nombreuses améliorations ont été apportées aux différents modèles. Les cigarettes électroniques sont fabriquées en Chine et jusqu’à preuve du contraire, il ne semble pas y avoir d’usines en Europe.

 

Principes de fonctionnement

Le principe de fonctionnement d’une « e-cigarette » est très simple : une résistance électrique fait chauffer un liquide qui s’évapore en produisant de la vapeur.
 Ce liquide, que l’on appelle « e-liquide », a la particularité de se transformer en vapeur à une température avoisinant les 60°, il n’y a donc pas de combustion.

Cette vapeur, contrairement à la fumée, ne contient pas de goudron, ni de monoxyde de carbone et autres substances cancérigènes liées à la combustion du tabac. 

Ce liquide utilisé pour produire de la vapeur peut être aromatisé, avec ou sans nicotine. Chaque bouffée va déclencher l’atomiseur qui va chauffer. À son contact, le liquide contenu dans la cartouche va se transformer en vapeur, simulant ainsi la fumée que vous expirerez.

 

Quels éléments composent la cigarette électronique ?

Une cigarette électronique est donc constituée des 3 éléments principaux  :

  • Un atomiseur (la résistance chauffante en simplifiant),
  • Une cartouche avec ou sans bourre (aussi appelée réservoir) qui contient du « e-liquide ».
  • Une source d’énergie électrique (souvent une batterie rechargeable).

 

Le « e-liquide » :

  • Le Propylène glycol est le liquide de base. Il a pour propriété de retenir de l’eau.
  • La concentration de nicotine se dose selon l’envi de l’utilisation. La nicotine peut être absente, à doses moyennes (6-8 mg/mL et 10-14 mg/mL), ou encore à doses élevées ou très élevées (16-18 mg/mL et 24-36 mg/mL).
  • Les e-liquides contiennent souvent des arômes. Certaines variétés imitent les saveurs des cigarettes : tabac régulier, menthol, Marlboro ou Camel (entre autres marques de commerce). Mais d’autres saveurs plus originales sont également disponibles, comme fruits, vanille, caramel, café, etc.

 

Commercialisation et chiffres

Les cigarettes électroniques étaient, jusqu’en 2011, vendues uniquement sur internet ou dans quelques pharmacies. Or dès 2012, de plus en plus de magasins spécialisés naissent en France et en Europe pour aujourd’hui s’être totalement répandus. Les marques, les modèles ou encore les prix sont différents.

  • Prés d’1 million de Français auraient testé la cigarette électronique
  • 500 000 Français vapoteurs
  • Un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros en 2012
  • 500 millions de chiffre d’affaires en Europe
  • 6% des utilisateurs ont cessé de fumer dans un délai de deux semaines
  • 45% des utilisateurs avaient cessé le tabagisme dans les huit semaines

 

Que dit la législation ?

La cigarette électronique est un produit récent qui suscite un débat entre ceux qui l’utilisent déjà et en sont satisfaits, ceux qui y voient un potentiel danger pour la santé et ceux qui anticipent un manque à gagner comme l’industrie pharmaceutique et l’industrie du tabac. La législation en vigueur en France va probablement évoluer suite aux débats actuels au niveau européen.

Actuellement la législation de l’e-cigarette en France repose sur le communiqué de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM) du 30 mais 2011.

 

Futur scandale de santé publique ?

Rien ne semble bouger depuis que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a pris position il y a cinq ans. En France, on déconseille l’usage tout en attendant la revue bibliographique demandée par Marisol Touraine au professeur Bertrand Dautzenberg. Une passivité importante quand on connaiî l’inquiétude des responsables politiques et des responsables sanitaires face à tout ce qui peut / pourra être présenté comme un scandale de santé publique.

Rien ne permet de dire que ce procédé de substitution au tabac est dangereux pour la santé. Rien ne permet d’affirmer le contraire. On ne dispose d’aucune donnée épidémiologique de pharmaco-surveillance et de risques / bénéfices.

Cependant, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (ANSM) dénonce le propylène glycol présente dans la cigarette électronique, « un solvant au pouvoir irritant, qui peut entrainer des effets neurologiques comparables à l’état d’ébriété ». L’OMS se refuse quant à elle à considérer les cigarettes électroniques comme des dispositifs inoffensifs permettant d’avancer vers un sevrage tabagique. Elle explique ne pas disposer de preuve scientifique de leur efficacité et de leur innocuité (caractère non nocif).

 

Pour aller plus loin :

 

Cette fiche d’actu a été réalisée par les étudiants d’e-médias Institut, l’école de journalisme d’Aix en Provence.

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