(Des manifestants dans les rues de Bordeaux. Photo : Quentin Bral)

FRANCE

Mobilisation nationale contre la réforme des retraites. Jeudi 5 décembre, des grèves et des manifestations ont eu lieu dans toute la France pour protester contre la réforme du système des retraites. Ce projet de loi, porté par Jean-Paul Delevoye prévoit plusieurs mesures contestées, dont un système de retraite par capitalisation. La journée de mobilisation a réuni 806 000 manifestants selon l’Intérieur, 1,5 million selon la CGT. Outre la réforme des retraites, les manifestants dénonçaient la baisse du niveau de vie. Des grèves ont été menées dans tous les secteurs, en particulier dans l’éducation (51,15 % de grévistes dans le primaire) et les transports (55,6 % de grévistes chez les cheminots). Le trafic a donc été fortement perturbé sur tout le territoire. Il continuera de l’être puisque la SNCF reconduit sa grève jusqu’au 6 décembre et la RATP jusqu’au 9. Les professionnels du secteur privé se sont eux aussi joints à la grève. Malgré cette forte mobilisation, le gouvernement a assuré qu’il serait fidèle au calendrier fixé.

L’Assemblée nationale élargit la définition de l’antisémitisme. Mardi 3 décembre, les députés ont voté une résolution controversée. Elle étend l’antisémitisme à l’antisionisme en reprenant la définition proposée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA). Cette précision a été jugée dangereuse par un collectif de 127 intellectuels juifs qui s’étaient exprimés quelques jours plus tôt dans une tribune du Monde. Ils ont souligné le fait que beaucoup de juifs n’étaient pas sionistes et que cette nouvelle définition pourrait empêcher la critique des actions de l’État d’Israël. Le texte a fait l’objet de beaucoup de débats et a été adopté à 154 voix pour, 72 contre et 43 abstentions. Au sein même du groupe majoritaire LREM, 26 députés se sont positionnés contre, un record depuis le vote des accords sur le Ceta. Le gouvernement israélien a, de son côté, salué un « geste symbolique fort  ».

Le Conseil de déontologie journalistique et de médiation critiqué. Créé lundi 2 décembre, cet « organe professionnel d’autorégulation, indépendant de l’État » souhaite être un espace de réflexion et ré-instaurer une relation de confiance entre les journalistes et le public. Cette instance non-contraignante est constituée de dix journalistes, de dix éditeurs de médias et de dix représentants du public. Elle est chargée d’étudier « les pratiques et d’émettre un avis sur les dysfonctionnements de la presse ». Le Figaro, l’AFP, L’Obs, Le Point, Médiapart, France Inter, TF1, Europe 1 font partie des dix-neufs rédactions opposées à ce conseil.

La France épinglée une nouvelle fois en matière d’éducation. Le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (Pisa) a sorti son étude annuelle le 3 décembre dernier. Il compare 80 pays dans le monde dont les 36 membres de l’OCDE sur les performances des élèves de 15 ans. La France est à peine au-dessus de la moyenne lorsqu’elle est comparée aux autres pays de l’OCDE : 493 points alors que la moyenne se situe à 487 points. Éric Charbonnier, analyste éducation de l’OCDE explique que la France est « dans le groupe des quatre ou cinq pays plus inégalitaires ».  La première place du classement est occupée par les provinces chinoises Pékin, Shanghaï, Jiangsu et Zhejiang avec 555 points.

Sylvie Goulard mise en examen. L’ancienne ministre des Armées (du 17 mai au 21 juin 2017) a été mise en examen pour détournement de fonds publics. Des assistants parlementaires d’eurodéputés MoDem auraient en fait travaillé pour le parti. Ce que celui-ci dément. En octobre, Emmanuel Macron avait proposé la candidature de l’actuelle sous-gouverneure de la Banque de France en tant que commissaire européenne au Marché intérieur. Du fait de l’investigation en cours, son nom avait été massivement rejeté par les députés européens. François Bayrou, le président de cette formation politique, et ancien garde des Sceaux est entendu ce 6 décembre devant le tribunal de Paris, dans cette affaire de soupçons d’emplois fictifs.  Marielle de Sarnez, vice-présidente du MoDem, Alexandre Nardella, directeur financier du parti ou encore Michel Mercier, ancien ministre de la Justice et ex-trésorier du parti, entre autres, ont déjà été mis en examen. 

Affaires du financement libyen. De nouveaux rebondissements sur les fonds de la campagne de 2008 de Nicolas Sarkozy ont été dévoilés par Mediapart. Un de ses anciens collaborateurs à la mairie de Neuilly-sur-Seine et à Bercy, Thierry Gaubert, aurait reçu 440 000 euros d’argent libyen. L’intéressé a été entendu, mercredi 4 décembre, par le tribunal correctionnel de Paris, pour cette même affaire. L’argent reçu aurait transité par une société offshore présidé par Ziad Takieddine, un nom souvent mentionné dans cette affaire. Thierry Gaubert est également un ami intime de Brice Hortefeux. L’ancien ministre de Sarkozy traîne déjà les casseroles de l’affaire Karachi sur le financement de la campagne de Balladur en 1995. Le parquet a requis quatre ans de prison, dont deux fermes, contre Brice Hortefeux fin octobre. 

MONDE

La rue fait tomber le Premier ministre irakien. Le chef du gouvernement, Adel Abdel Mahdi, a cédé sous la pression de la rue. Il a présenté sa démission au parlement le vendredi 29 novembre. Depuis le 1er octobre, des manifestations ont lieu à Bagdad et dans le sud du pays. À la suite des appels publiés sur les réseaux sociaux, les Irakiens sont massivement sortis dans la rue. Ils dénoncent la corruption, le chômage, la qualité des services publics et des infrastructures. Selon l’ONG Transparency International, l’Irak est le douzième pays le plus corrompu au monde. Un jeune sur deux est au chômage. La répression des manifestations est d’une violence extrême. Quatre cents personnes sont mortes et 15 000 ont été blessées. La ville de Nadjaf, située à 150 kilomètres de Bagdad, a été le théâtre de violents affrontements. Malgré l’annonce de la démission du Premier ministre, la contestation perdure. 

Anniversaire mouvementé pour l’Otan. Mercredi 4 décembre, 29 chefs d’État et de gouvernement se sont réunis à Londres à l’occasion des 70 ans de l’Otan. Le sommet a été marqué par des tensions. Après ses propos sur la « mort cérébrale » de l’Otan, Emmanuel Macron a précisé qu’il « assumait totalement » son diagnostic. Recep Tayyip Erdogan a insisté pour que ses homologues considèrent les combattants kurdes comme terroristes, ce qu’a refusé Emmanuel Macron. De son côté, Donald Trump a quitté prématurément le sommet. Le président américain a été vexé par la diffusion d’une conversation entre Trudeau, Macron et Johnson. Les trois hommes plaisantaient sur la longueur des discours de l’Américain. La réunion de Watford s’est soldée par l’adoption d’un texte qui évoque la lutte contre le terrorisme, la hausse des budgets de défense, une réflexion à venir sur l’alliance, l’influence de la Chine et la menace russe.

Escalade des tensions entre la Chine et les États-Unis. Mardi 3 décembre, le Congrès des États-Unis a adopté un texte condamnant la politique de répression menée par la Chine contre les Ouïgours, ces musulmans installés dans la province chinoise du Xinjiang. Les élus veulent obliger Donald Trump à imposer des sanctions contre la Chine en réponse aux détentions arbitraires de masse des membres de cette minorité. L’agence de presse Chine nouvelle a dénoncé une « mascarade malintentionnée et interventionniste » et prévient que les Américains seront « frappés en retour ». La semaine dernière, le Congrès avait poussé Donald Trump à faire pression sur la Chine, après la répression des manifestants pro-démocratie d’Hong Kong. La Chine a annoncé la fin des pourparlers pour la récupération de navires de guerre américains à Hong Kong. Les négociations pour la fin de la guerre commerciale entre les deux pays restent au point mort.

Le chef du gouvernement maltais impliqué dans le meurtre d’une journaliste. Nouveau rebondissement dans l’enquête sur l’assassinat de la journaliste d’investigation Daphne Caruana Galizia. Le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, est soupçonné d’être mêlé à cet homicide. Il a précisé qu’il démissionnera le 12 janvier, lors de la désignation de son successeur. Joseph Muscat a subi une intense pression de la part de la famille de Daphne Caruana Galizia. Les soupçons de corruption ont longtemps pesé sur le Premier ministre, sujet sur lequel enquêtait la journaliste maltaise. Elle a été tuée le 16 octobre 2017 dans l’explosion de sa voiture piégée. Composé de journalistes d’investigation européens, le « Projet Daphné » a révélé des liens étroits entre la mafia locale et le Premier ministre. 

Lancement de la COP25 à Madrid.


Les enjeux de la COP par epjt37

Sanglante attaque au Burkina Faso. Le 1er décembre 2019, le temple protestant de Hantoukoura, situé à la frontière nigériane à l’est du pays, a été le théâtre d’un massacre. Alors que les fidèles assistaient au culte aux environs de midi, une « dizaine d’individus lourdement armés » (AFP) ont débarqué et exécuté froidement des membres de la communauté. Quatorze victimes sont à déplorer, exclusivement masculines, dont le pasteur et cinq jeunes de 12 à 16 ans. De nombreux blessés sont dénombrés. Les circonstances de cette attaque demeurent floues. Ce massacre s’ajoute à la liste des attentats commis par des groupes djihadistes contre des lieux de culte. Depuis avril 2019, c’est la cinquième attaque du genre.

Attaque terroriste à Londres. Vendredi 29 novembre en début d’après-midi, un homme tue deux étudiants de Cambridge et en blesse trois autres dans une attaque au couteau à l’entrée du London Bridge. Le groupe État islamique revendique l’attaque dès le lendemain. L’assaillant, Usman Khan, a été condamné pour des infractions terroristes en 2012. Remis en liberté conditionnelle, il porte un bracelet électronique depuis 2018. Suivant un programme de déradicalisation, il assiste à une conférence sur la réhabilitation des prisonniers à l’université de Cambridge. C’est à la sortie du bâtiment qu’il frappe. Des civils le plaquent au sol et le maîtrisent avant l’arrivée de la police. Parmi ces héros anonymes se trouvent des condamnés qui participaient à la même conférence. Cette attaque détourne la campagne des élections législatives du 12 décembre vers des questions sécuritaires.

LOISIRS

Mondial de hand, fin de l’aventure pour les Bleues. Le championnat du monde de handball féminin a débuté le 30 novembre 2019 au Japon, pays organisateur de cette édition. La France, tenante du titre, était directement qualifiée pour participer à la compétition. Après une première défaite contre la Corée du Sud (27-29), les championnes tricolores ont décroché le nul face au Brésil (19-19), avant de remporter très largement leur match contre l’Australie (46-7). Elles ont enchaîné avec une seconde victoire, contre l’Allemagne (25-27). Lors d’un match très serré, les Bleues se sont finalement inclinées (18-20) contre le Danemark vendredi 6 décembre. Elles sortent de la compétition dès la phase de poule.

Ballons d’or 2019 sans surprise. La soixante-quatrième cérémonie de remise du Ballon d’or s’est déroulée le 2 décembre au théâtre du Châtelet, à Paris. L’Argentin Lionel Messi, qui évolue au FC Barcelone, a remporté son sixième titre de meilleur joueur du monde, devant Virgil Van Dijk (Liverpool FC, 2e) et Cristiano Ronaldo (Juventus de Turin, 3e). Il obtient ainsi le record absolu et dépasse son rival portugais. L’Américaine Megan Rapinoe (Reign FC) a, elle, logiquement soulevé le trophée de la deuxième édition du Ballon d’or féminin. Elle devance Lucy Bronze (Olympique lyonnais, 2e) et Alex Morgan (Orlando Pride, 3e). Si la victoire de Rapinoe a été vivement saluée, celle de Messi a soulevé des interrogations. Un des joueurs de Liverpool était en effet attendu à la première place après leur victoire en Ligue des champions. Leur gardien Alisson Becker remporte cependant le trophée Yachine qui récompense, depuis cette année, le meilleur gardien du monde.

La France dans le groupe de la mort à l’Euro 2020.

(Les sélectionneurs des équipes du groupe F posent à côté du trophée de l’Euro 2020. Photo : Daniel Mihailescu/AFP)

Bernard Pivot quitte l’académie Goncourt. Le 3 décembre 2019, l’ancien journaliste et critique littéraire de 84 ans, Bernard Pivot, a annoncé se retirer de l’académie Goncourt. Il la présidait depuis 2014 et en était membre depuis quatorze ans. Ses fonctions prendront fin le 31 décembre. Juste après avoir décerné le prestigieux prix littéraire à Jean-Paul Dubois, il a déclaré vouloir « retrouver un libre et plein usage de son temps ». Bernard Pivot avait impulsé une logique de transparence à l’égard du public, en obligeant les jurés à être présents lors des votes, sous peine d’exclusion. Il reste membre d’honneur de l’académie, après avoir laissé sa marque sur l’institution.

Vente d’un tableau de Paul Gauguin. Plus d’un siècle après la mort du peintre, un tableau de Paul Gauguin a été adjugé à 9,5 millions d’euros par la maison Artcurial, à Paris. Peinte en 1897, la toile nommée Te Bourao II représente l’une des œuvres majeures de la période tahitienne de l’artiste. Il s’agit de la seule peinture de cette époque encore détenue par un collectionneur privé. L’acheteur, dont l’identité n’a pas été révélée, a remporté l’enchère à « près de deux fois son estimation », selon Artcurial. Il a cependant promis de conserver le tableau en France. Le maître du post-impressionnisme l’avait envoyé en métropole en 1899 dans le cadre d’une exposition au succès limité.

Indétrônable Hamilton. Pour le dernier Grand Prix de Formule 1 de la saison à Abu Dhabi (Émirats arabes unis) dimanche 1er décembre 2019, Lewis Hamilton (Mercedes) s’est imposé sans surprise en devançant Max Verstappen (Red Bull) et Charles Leclerc (Ferrari). Il remporte ainsi son 11e Grand Prix de l’année – sur 21 courses disputées cette saison – et signe la 84e victoire de sa carrière. Le sextuple champion du monde de F1 a récemment fait l’objet de spéculations concernant un potentiel départ de l’écurie allemande pour Ferrari, en 2021. Une rumeur qu’il ne dément pas : « Je ne vois rien de mal à penser à mon futur », même s’il n’est pas question de quitter Mercedes pour l’instant.

The Irishman de Scorsese sur Netflix. Le dernier film de Martin Scorsese est sorti mercredi 27 novembre 2019. En France, il n’est cependant pas visible en salles. Pour le voir, il faut être abonné à la plateforme Netflix. Le film de trois heures et demi, avec notamment Robert De Niro, Al Pacino et Joe Pesci, raconte l’histoire de Frank Sheeran (De Niro). Vétéran de la Seconde Guerre mondiale, il rejoint le crime organisé dans l’Amérique de l’après-guerre. Le film revient également sur la disparition du dirigeant syndicaliste Jimmy Hoffa. Il a reçu de nombreuses critiques favorables de la part de la presse.

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